Il fallait aimer le football, samedi au stade de l’Université Concordia, pour suivre le match entre les Stingers et les Carabins de l’Université de Montréal, mais ceux qui l’ont fait ont eu droit à un bon duel entre deux des meilleures formations au pays.

Michel Marois
Michel Marois La Presse

Disputé sous une pluie constante, le match a pourtant offert du jeu très ouvert, bien qu’un peu erratique, les deux équipes n’hésitant pas à tenter de longs jeux malgré les conditions difficiles.

Premiers du classement U Sports, les Carabins ont dû se battre jusqu’au bout pour s’imposer 31-19 et venger la défaite que leur avaient infligée les Stingers plus tôt cette saison après une remontée spectaculaire en fin de match.

« Pour nous, ç’a été un match en deux temps, a expliqué l’entraîneur-chef des Carabins, Marco Iadeluca. En première demie, nous avons commis plusieurs fautes d’inattention et d’indiscipline que nous n’avons pas manqué de rappeler à nos joueurs à la mi-temps. Les gars ont compris le message et nous avons beaucoup mieux joué en deuxième demie. »

Le secondeur Michael Brodrique, de nouveau l’un des meilleurs sur l’unité défensive, a insisté : « Les Stingers ont eu bonne équipe et, avec les conditions, nous nous étions préparés pour stopper leur jeu au sol. Quand ils ont vu que ça ne passait pas, ils ont ouvert le jeu et nous avons pu nous ajuster.

Avec les blessures, c’est certain que nous voulons en faire davantage, nous les vétérans, mais les plus jeunes ont vite pris leur place et nous jouons de mieux en mieux à mesure que la saison progresse.

Michael Brodrique, secondeur

Après un début de saison exceptionnel, les Stingers viennent de perdre deux matchs contre Laval et Montréal. Les progrès de l’équipe sont toutefois réels et personne n’a baissé les bras jusqu’à la fin du match.

« C’est ça, la réalité, quand on joue dans la même conférence que deux des meilleures équipes au Canada, a rappelé l’entraîneur-chef Brad Collinson. Nous les avions battus [les Carabins] la dernière fois, et aujourd’hui, nous sommes longtemps restés dans le match.

« Nous n’avons sans doute pas encore la reconnaissance que nous méritons, mais les gars ont vraiment adhéré à la culture gagnante que nous tentons de mettre en place à Concordia. Et cette saison, avec les deux années de recrutement, nous avons enfin pu faire une percée au Québec et attirer des joueurs qui croient en ce qu’on fait ici. »

Le demi défensif recrue Louis-Philippe Leclerc, un ancien du cégep du Vieux Montréal, est l’un de ces joueurs. Auteur de 8,5 plaqués samedi, avec un sac du quart, il était avant tout déçu du résultat. « Je pense qu’on avait nos chances aujourd’hui et c’est dommage qu’on n’en ait pas profité. On s’approche des meilleurs et on veut arriver à leur niveau, rivaliser avec eux pour les titres et les trophées. »

Frapper vite

Les Carabins ont pris l’avantage dès leur deuxième série offensive. De retour au jeu après une blessure, le quart Jonathan Sénécal a rejoint sa cible de prédilection, Hassanne Dosso, pour deux passes de 16 et 59 verges, la deuxième bonne pour un touché.

Les Stingers n’ont pas tardé à répliquer. Après une passe de 72 verges à Jaylan Greaves, Olivier Roy a repéré Jacob Salvail dans la zone de buts pour une passe de 7 verges.

Après avoir accordé un touché de sûreté, les Carabins ont repris l’avantage grâce a un placement de 38 verges de Michael Arpin, puis un touché de Bertrand Beaulieu sur une course d’une verge.

Les visiteurs auraient pu creuser l’écart, mais ils n’ont pu éviter les bévues sous une pluie plus intense. Les Stingers ont ainsi profité d’un échappé à la porte des buts pour inscrire une deuxième touché, sur une course d’une verge du quart réserviste Adrien Guay, et revenir à la portée de leurs rivaux, 16-20, après 30 minutes de jeu.

Profitant d’une accalmie, les Carabins ont orchestré une poussée décisive au début du troisième quart, avec des passes consécutives à Dosso et Carl Chabot, puis une course de 5 verges de Beaulieu jusque dans les buts. Michael Arpin, qui avait réussi sept placements lors du dernier match des Carabins, en a ajouté un deuxième au quatrième quart pour placer le match hors de portée.

PHOTO JAMES HAJJAR, FOURNIE PAR LES CARABINS DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL

Jonathan Sénécal, quart-arrière des Carabins de l’Université de Montréal

En plus de ses deux touchés, Beaulieu a amassé 156 verges de gain en 21 courses, la plupart en deuxième demie alors que les Carabins tentaient de conserver le ballon. « Nous avons une ligne offensive incroyable et les gars devant moi ont très bien bloqué, a-t-il souligné. C’est grâce à eux si j’ai réussi à accumuler autant de verges. Il fallait bien protéger le ballon dans ces conditions et je n’ai pu éviter un échappé, mais heureusement, ça n’a pas été trop grave. »

Avec une fiche de 5-1, les Carabins vont maintenant se préparer à recevoir samedi prochain au CEPSUM leurs grands rivaux, le Rouge et Or de Laval (4-2), pour un match décisif pour le premier rang de la saison régulière.

Marco Iadeluca ne tient rien pour acquis. « On est sur une belle lancée, mais nous allons devoir nous retrousser les manches et retourner au travail lundi. Nous répétons souvent aux gars qu’être numéro un au Canada, ça ne veut rien dire. Ce qui nous intéresse, ce sont les titres qu’on gagne sur le terrain, et pour ça, on doit encore s’améliorer. »