(Montréal) Il faut parler de Vernon Adams fils.

Frédéric Daigle La Presse Canadienne

Pour une deuxième semaine consécutive, le quart des Alouettes a offert du jeu chancelant et le club de football de Montréal a perdu un deuxième match d’affilée.

Doit-on s’en inquiéter ?

« Je suis toujours un peu inquiet, car je sais qu’il a ça en lui, qu’il peut mieux jouer, a admis l’entraîneur-chef des Alouettes, Khari Jones. Je veux l’aider. Je crois qu’il n’a besoin que d’un match, voire même de quelques bonnes séries offensives, pour retrouver ses aises. »

Vendredi, dans une défaite de 27-10 face aux Tiger-Cats de Hamilton, Adams a manqué de précision en de nombreuses occasions. Ses longues passes sont tombées régulièrement à court. Sa lecture du jeu a aussi semblé erronée. Verdict : 16 passes complétées en 31 tentatives pour 171 verges, un touché et une interception et un faible coefficient d’efficacité de 65,4.

Va pour la technique : l’équipe compte sur un entraîneur-chef qui connaît le tabac, ayant lui-même joué à cette position avec beaucoup de succès. Mais l’aspect mental semble encore plus préoccupant.

Adams s’est présenté au point de presse d’après-match avec son casque sur la tête. Il est permis de penser qu’il aurait préféré le garder pour toute la durée de la visioconférence.

Il a souvent pris de longues pauses avant de répondre aux questions. Adams est un homme émotif qui s’assure de trouver les bons mots afin de ne pas commettre de faux pas en entrevue. Cette fois, ça semblait différent.

Son regard trahissait l’incompréhension. Il y a fort à parier qu’il a rarement dû faire face à une telle adversité au cours de sa carrière.

« Je ne sais pas ce que c’est, mais je dois redevenir meilleur, efficace. […] Je dois mieux passer le ballon, mieux lire les jeux et faire bouger les chaîneurs. C’est simple. Si je joue mieux, nous allons gagner. C’est aussi simple que cela.

« Je dois jouer avec plus de confiance, mais je ne sais pas ce qui fait en sorte que je me sente de la sorte. Je dois jouer de façon plus détendue, comme je le fais habituellement. C’est difficile présentement. […] Je ne dirais pas que je doute de mes moyens, mais je me pose beaucoup de questions. Je dois jouer à la hauteur du salaire qu’on me verse, redevenir moi-même. »

Jones l’admet : l’aspect mental sera à travailler au cours des prochaines semaines.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

Vernon Adams Jr. (8) Alouettes de Montréal contre les Tiger Cats de Hamilton au stade Percival-Molson.

« Une grande part du travail avec Vernon sera de lui redonner sa confiance. Il faut qu’il retrouve le bon état d’esprit, qu’il soit en mesure de se relever et se battre après un mauvais jeu, a expliqué l’entraîneur. Je peux voir qu’il force le jeu en certaines occasions.

« On l’a vu à l’entraînement : il est capable de bonnes performances. Ça ne s’est juste pas transporté sur le terrain (vendredi) soir. Il faut continuer de travailler à faire sortir ce bon côté de Vernon. Nous assurer qu’il joue librement, sans aucune pression supplémentaire.

« Nous devons lui redonner son rythme, a poursuivi Jones. Il rate des passes qu’il devrait compléter actuellement. […] Les receveurs doivent l’aider aussi. Il y a plusieurs choses sur lesquelles nous devons travailler. »

Et il ne faudrait pas que le jeu au sol des Alouettes tombe en panne. Vendredi, alors qu’il aurait eu besoin d’un petit coup de pouce de ce côté, Adams n’a pas pu compter sur William Stanback, qui n’a récolté que 40 verges en 12 courses.

« C’est très malheureux, car habituellement, on peut se fier sur notre jeu au sol. Sur des deuxièmes essais et trois ou quatre verges à franchir, c’est plutôt assuré. Nous n’avons pas trouvé les espaces pour obtenir des premiers jeux clés [vendredi]. »

Les Alouettes ont jusqu’à vendredi pour trouver toutes les solutions à leurs problèmes : c’est à ce moment qu’ils rendront visite au Rouge et Noir, à Ottawa.