Les partisans des Alouettes reconnaîtront la plupart des joueurs offensifs de leur équipe préférée lorsqu’elle disputera son premier match, le 14 août, à Edmonton. À l’inverse, ils auront besoin d’un peu de temps pour se familiariser avec la défense.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Khari Jones et ses hommes ont pris part à leur dernier entraînement du camp, jeudi matin, eux qui profiteront d’une semaine de relâche dès le début de la saison. Dans les dernières minutes de l’entraînement de jeudi, la défense a réalisé quelques beaux jeux et a eu le dessus sur l’attaque. Surtout, on a senti que le groupe commençait à trouver une certaine zone de confort, même s’il comptera sur quantité de nouveaux venus cette saison.

Le changement le plus important a été apporté au sommet lorsque l’ancien joueur étoile des Alouettes Barron Miles a remplacé Bob Slowik comme coordonnateur défensif. En plus de sa carrière de joueur, Miles a occupé plusieurs postes d’entraîneur dans la LCF au cours de la dernière décennie.

« Il n’y a pas beaucoup de différences [en comparaison de Slowik], mais ça paraît que coach Miles fait partie de cette ligue depuis longtemps. Il comprend le jeu [canadien] un peu plus », a noté le demi défensif Greg Reid.

Reid, Tyquwan Glass et Monshadrik Hunter sont tous de jeunes vétérans qui devraient faire partie du noyau de la tertiaire en 2021. Actuellement blessé à un pouce, Patrick Levels devrait, quant à lui, être le secondeur du côté large, une position qui fait essentiellement partie de la tertiaire.

La troisième ligne de la défense commence à prendre forme, mais il y a encore de l’incertitude au poste de maraudeur, à savoir qui occupera celui de partant. À sa troisième saison avec le club, Ty Cranston semble détenir une longueur d’avance sur la recrue Marc-Antoine Dequoy, mais ce dernier a fait bonne impression au camp.

« Ça se déroule très bien dans son cas. Il possède beaucoup de vitesse, et la clé pour lui sera d’apprendre à lire le jeu tout aussi rapidement. Il est très doué physiquement, et s’il est en mesure de prendre les bonnes décisions en situation de jeu, il jouera avec encore plus de vitesse », a décrit Miles en parlant de Dequoy, qui avait participé au camp des Packers de Green Bay, en 2020.

C’est une nouvelle position pour moi, car j’étais demi défensif au football universitaire. Entre le premier jour du camp et aujourd’hui, je trouve que c’est le jour et la nuit. Je me sens plus à l’aise et j’ai commencé à trouver des repères.

Marc-Antoine Dequoy

« C’est différent sur le plan du système de jeu majoritairement. Lorsque je suis arrivé chez les Packers, je n’avais jamais joué au football américain. C’était donc nouveau de A à Z pour moi. Je connais le système ici, alors c’est une approche un peu différente. »

Faire ses classes

Grâce à ce passage avec les Packers, Dequoy savait à quoi s’attendre en arrivant au camp des Alouettes. Qu’on le veuille ou non, l’écart entre le calibre de jeu du football universitaire canadien et la LCF est substantiel.

« Oui, il y a un écart, et ça m’a effectivement aidé, de même que pour mon approche. Certains vétérans jouaient depuis longtemps [à Green Bay] et j’ai pu voir leur approche professionnelle tous les jours. Peu importe qu’il s’agisse de notre première ou de notre dixième saison, il faut travailler pour gagner. »

Sélection initiale des Alouettes au repêchage de 2020 (14e au total), Dequoy est l’un des joueurs les plus rapides de l’équipe sur le terrain. De son propre avis, cette vitesse et sa capacité à réussir des interceptions sont ses deux plus grandes forces comme joueur. Deux atouts qui lui seront également fort utiles à la position de maraudeur.

Cela dit, si la saison s’amorçait vendredi, Cranston serait probablement le partant.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Marc-Antoine Dequoy

Il y a encore deux semaines avant le début de la saison, donc les choses peuvent changer.

Marc-Antoine Dequoy

« De mon côté, peu importe ce que les entraîneurs voient, je sais que je suis prêt à jouer le premier match. Si c’est sur les unités spéciales, je serai très à l’aise. J’ai joué sur les unités spéciales durant toute ma carrière universitaire. J’ai toujours dit que les Alouettes me tenaient à cœur et que je me voyais jouer pour eux. Alors peu importe la façon dont je pourrai aider l’équipe, je serai content. »

Afin de faciliter l’acclimatation de Dequoy, qui n’aura même pas eu la chance de jouer un match préparatoire, les Alouettes pourraient choisir de l’utiliser avec parcimonie en défense au cours des premières semaines de la saison. Disons pour quelques séries par match. Miles n’a pas voulu dire si c’était un scénario probable, mais sa réponse laisse croire que Dequoy devrait être utilisé en défense.

« Si un joueur possède les habiletés pour jouer, je vais toujours essayer de lui donner du temps de jeu. »

Pour le moment, Dequoy continuera de faire ses classes en attendant son occasion.

« Je sais que je suis capable d’être un partant. À partir de là, ce n’est plus entre mes mains. Tous les joueurs se voient comme des partants, sinon on ne serait pas ici. Personne ne se voit comme un réserviste. »