En 2019, les Alouettes se sont donné des allures de phénix en renaissant des cendres laissées par toutes ces années précédentes de misère noire. L’espoir et l’enthousiasme étaient enfin de retour dans le nid, et tous entrevoyaient de grandes choses pour l’équipe en 2020.

Jean-Philippe Arcand
Jean-Philippe Arcand La Presse

Mais une certaine pandémie en a décidé autrement et a obligé la Ligue canadienne de football (LCF) à annuler sa saison, une triste première dans l’histoire du circuit. Les Alouettes, comme tout le monde, ont ainsi vu leurs hautes ambitions brusquement freinées.

Nous voilà un an plus tard, au moment où la LCF s’apprête à reprendre ses activités. Et on se demande maintenant de quoi auront l’air ces Moineaux si prometteurs au retour de cette pause forcée. L’année 2019 était-elle vraiment annonciatrice de ce que l’avenir leur réserve, ou n’était-ce qu’un cruel mirage ?

« J’essaie de ne pas trop avoir d’attentes », a déclaré l’entraîneur-chef Khari Jones au cours d’une vidéoconférence, mardi.

« Nous nous sommes retrouvés en terrain inconnu en étant à l’écart du jeu pendant un an. Nous entreprendrons la saison en ayant un plan, mais nous serons prêts à nous ajuster au besoin. »

Malgré ces longs mois d’inactivité, l’optimisme semble être de mise au sein de l’organisation. Tous sont convaincus de pouvoir continuer de bâtir sur le chantier entrepris il y a deux ans.

Nos joueurs sont diligents et ont fait le nécessaire pour être prêts. Mais rien ne vaut le fait d’être sur le terrain.

Khari Jones, entraîneur-chef des Alouettes

« Nous avons plusieurs joueurs [de l’édition 2019] qui seront de retour. Nous savons ce qu’on a sous la main, et nous serons encore plus motivés. Plusieurs gars ont dû se trouver un emploi [durant la pandémie] pour mettre de la nourriture sur leur table. Et nous voilà maintenant sur le terrain, prêts à foncer », a renchéri le porteur de ballon William Stanback.

Il s’agit pour ce dernier d’un retour à Montréal après un bref séjour chez les Raiders de Las Vegas, dans la NFL. Une expérience dont il garde un souvenir pour le moins amer.

Non seulement la COVID-19 l’a-t-elle empêché de se faire valoir auprès du club comme il l’aurait souhaité, mais aussi Stanback a dû s’absenter deux semaines après que ses parents se sont éteints à 10 jours d’intervalle, en juillet. À son retour, il sentait que l’attitude des dirigeants des Raiders à son égard avait changé. L’équipe l’a finalement libéré quelques semaines plus tard.

« J’ai eu l’impression qu’ils m’avaient libéré parce que mes parents sont morts », a-t-il laissé tomber.

Chaudes luttes à prévoir

Le camp d’entraînement des Alouettes s’ouvre le week-end prochain, et déjà, plusieurs luttes pour un poste dans la formation s’annoncent intéressantes. Notamment à la position de secondeur intérieur, afin de remplacer l’excellent Hénoc Muamba, parti rejoindre les Argonauts de Toronto.

« J’y vois simplement une occasion pour les gars de montrer ce qu’ils peuvent faire. Il y aura sans doute des nouveaux [dans l’équipe]. Je devrai faire en sorte qu’ils soient prêts, mais j’aime le défi », a affirmé Khari Jones.

De son côté, le directeur général Danny Maciocia a indiqué que la bataille à la ligne défensive serait aussi à surveiller. Déjà qu’elle éprouvait toutes sortes de difficultés à presser le quart adverse en 2019, elle a été encore plus affaiblie par le départ à la retraite du vétéran John Bowman.

Suspensions et retraite

Peu avant la vidéoconférence, les Alouettes ont annoncé que sept joueurs avaient été suspendus. Le receveur Quan Bray, le secondeur D.J. Lalama et le joueur de ligne offensive Jason Séguin-Lauzon sont du nombre. Tous ces joueurs pourraient malgré tout se présenter au camp un peu plus tard, a toutefois précisé Maciocia.

Dans le cas de Bray, celui-ci est aux prises avec des problèmes de visa, et Maciocia a dit « croiser les doigts » afin de le voir au camp. Bray, rappelons-le, patauge dans des déboires judiciaires depuis qu’il a été arrêté avec deux autres personnes en février dernier, alors qu’il prenait place dans un véhicule contenant 157 livres de cannabis.

Le receveur Félix Faubert-Lussier a quant à lui opté pour la retraite. Une décision qui a surpris le directeur général.

« La pandémie lui a donné l’occasion de vivre autre chose, de penser à son après-carrière. Il possède une entreprise qui connaît du succès, et il ne voulait pas lâcher ce qu’il fait », a-t-il fait savoir.