Depuis le début des années 1970, quelles ont été les plus grandes dynasties des quatre grandes ligues (NFL, MLB, LNH et NBA) du sport professionnel en Amérique du Nord ? Le nombre de championnats de l’équipe, de même que le nombre de joueurs ayant connu une grande carrière au sein de celle-ci ont été deux des principaux critères dans l’élaboration de cette liste.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

10. Spurs de San Antonio

PHOTO JEFF HAYNES, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

David Robinson, des Spurs de San Antonio, se sauve avec le ballon sous le regard de Marcus Camby, des Knicks de New York, durant les finales de la NBA le 16 juin 1999.

Les deux dernières équipes candidates pour notre top 10 étaient les Spurs et les Red Wings de Detroit. Les Spurs ont remporté cinq championnats (1999, 2003, 2005, 2007 et 2014), un de plus que les Wings (1997, 1998, 2002 et 2008). Curieusement, les deux organisations se ressemblaient beaucoup durant leur belle époque, misant beaucoup sur la continuité et la patience. Les Spurs ont eu de grands joueurs au cours de cette période alors que David Robinson, Tim Duncan, Manu Ginobili et Tony Parker ont tous été brillants et constants. Mais outre Duncan, le membre le plus important de cette équipe a été Greg Popovich, l’un des meilleurs entraîneurs de l’histoire, tous sports confondus.

9. Yankees de New York

PHOTO MATT CAMPBELL, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Les Yankees de New York se dirigent vers une victoire contre les Red Sox de Boston le 13 octobre 1999, durant les séries de la Ligue américaine.

La seule grande dynastie des 50 dernières années au baseball majeur. Les Yankees de Joe Torre ont célébré des championnats de la Série mondiale en 1996, 1998, 1999 et 2000. Ils se sont ensuite inclinés en finale en 2001 et 2003. De nombreux joueurs de talent ont fait carrière dans le Bronx à cette époque, mais deux noms ressortent en particulier : Derek Jeter et Mariano Rivera. Ces deux joueurs étaient sans contredit le cœur et l’âme des Yankees, mais des joueurs comme Paul O’Neill, Jorge Posada et Scott Brosius, pour n’en nommer que quelques-uns, ont tous apporté une contribution à leur façon. Les Yankees ont toujours l’argent nécessaire pour se « paqueter » une équipe, mais un esprit d’équipe comme ils avaient à la fin des années 1990, ça ne s’achète pas.

8. Patriots de la Nouvelle-Angleterre

PHOTO BARTON SILVERMAN, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Tom Brady, des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, durant la première demie du Super Bowl XLVI contre les Giants de New York, à Indianapolis, le 5 février 2012

J’entends les partisans des Patriots se plaindre jusqu’ici… Quelques facteurs à considérer : contrairement à la plupart des autres grandes dynasties sur cette liste, les Patriots ont perdu trois fois en finale. Au football, les 49ers de San Francisco et les Steelers de Pittsburgh n’ont jamais perdu. Au chapitre de la longévité, les Patriots ont réussi ce que très peu d’équipes, pour ne pas dire aucune, ont fait, étant une puissance durant presque 20 ans. Mais en réalité, les Patriots ont eu deux mini-dynasties. Ils ont gagné trois Super Bowl en quatre ans (2001-2004), puis n’ont gagné leur suivant que 10 ans plus tard. Une décennie sans gagner, c’est long… Qui plus est, lorsqu’ils ont gagné leurs titres en 2014, 2016 et 2018, Tom Brady était le seul joueur qui était avec le club lors de sa conquête précédente, en 2004. Puis il y a l’épineux dossier de la triche. Aux yeux de bien des gens, il y aura toujours un bémol lorsqu’il sera question des trois premiers Super Bowl des Patriots.

7. Steelers de Pittsburgh

PHOTO ARCHIVES UNITED PRESS INTERNATIONAL

Terry Bradshaw, des Steelers de Pittsburgh, fait une passe à Rocky Bleier pour un touché contre les Cowboys de Dallas, durant le Super Bowl du 22 janvier 1979 à Miami.

Sur une période de sept ou huit ans, il n’y a jamais eu une meilleure équipe de football que les Steelers des années 1970. D’abord, ils sont les seuls à avoir gagné quatre Super Bowl en six ans. Les 49ers en ont gagné quatre en neuf ans, la deuxième meilleure séquence du genre. Deuxio, pas moins de 10 des 22 joueurs partants (attaque et défense) ont été intronisés au Temple de la renommée. Dix ! Le quart-arrière Terry Bradshaw, les receveurs Lynn Swann et John Stallworth, le porteur de ballon Franco Harris, le centre Mike Webster, le plaqueur « Mean » Joe Greene, les secondeurs Jack Lambert et Jack Ham, le demi de coin Mel Blount et le demi de sûreté Donnie Shell sont tous immortalisés à Canton, en Ohio, comme l’est également l’architecte de cette dynastie, l’entraîneur-chef Chuck Noll. Durant quelques années, les Steelers possédaient à la fois la meilleure attaque et la meilleure défense de la NFL.

6. Islanders de New York

PHOTO RICHARD DREW, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Bryan Trottier, des Islanders de New York, est poursuivi par Milan Nova et Bob Carpenter, des Capitals de Washington, durant un match le 7 avril 1983.

Comme le Canadien, les Islanders ont gagné la Coupe Stanley quatre années de suite (1979-1980 à 1982-1983) et étaient pratiquement invincibles. Ils ont même balayé Gretzky et les Oilers d’Edmonton en finale au printemps 1983. Il y avait de tout dans cette équipe : un bon gardien qui était à son meilleur dans les grands moments (Billy Smith), un défenseur de premier plan qui représentait la force tranquille de l’équipe (Denis Potvin), un premier centre polyvalent (Bryan Trottier), l’un des buteurs les plus redoutables de l’histoire (Mike Bossy), peut-être le meilleur groupe d’attaquants de soutien de l’histoire de la LNH (John Tonelli, Butch Goring, Bob Nystrom, Clark Gillies) et un excellent entraîneur (Al Arbour).

5. 49ers de San Francisco

PHOTO PAUL SAKUMA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Joe Montana (16), quart-arrière des 49ers de San Francisco, lance le ballon devant Lawrence Taylor (56), des Giants de New York, le 1er décembre 1986.

Il y a eu les Bears de Chicago de 1985, les Giants de New York, qui ont gagné le Super Bowl en 1986 et 1990, et la mini-dynastie des Cowboys de Dallas (trois titres en quatre ans). Mais du début des années 1980 jusqu’au milieu des années 1990, les 49ers étaient la crème de la crème dans la NFL. Joe Montana a gagné quatre Super Bowls (1981, 1984, 1988 et 1989), puis Steve Young en a ajouté un cinquième en 1994. Les Niners ne faisaient pas seulement se rendre au Super Bowl, ils écrasaient l’autre équipe finaliste. Ils ont battu Dan Marino et les Dolphins de Miami, 38-16, en 1984 ; John Elway et les Broncos de Denver, 55-10, en 1989 ; puis les Chargers de San Diego, 49-26, en 1994. Montana, Young, Jerry Rice, Ronnie Lott, Deion Sanders et l’entraîneur-chef Bill Walsh ont tous été intronisés au Temple de la renommée.

4. Lakers de Los Angeles

PHOTO TIZIANA SORGE, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Magic Johnson, des Lakers de Los Angeles, saute devant Horace Grant, du Magic d'Orlando.

Lorsqu’une équipe de basketball possède deux des meilleurs joueurs de l’histoire comme c’était le cas des Lakers dans les années 1980, les probabilités sont bonnes qu’elle sera dominante. Avec Magic Johnson et Kareem Abdul Jabbar, les Lakers ont effectivement presque toujours formé l’équipe à vaincre dans la NBA au cours des années 1980. Dans les 12 saisons de 1979-1980 à 1990-1991, les Lakers ont participé à la finale neuf fois et l’ont gagné à cinq occasions. Comme toutes les dynasties, ils étaient menés par un grand entraîneur en Pat Riley.

3. Canadien de Montréal

PHOTO ROBERT NADON, ARCHIVES LA PRESSE

Le Canadien remporte la Coupe Stanley, le 13 mai 1977.

Pour être parfaitement honnête, l’auteur de ces lignes n’a que de très vagues souvenirs de la dernière dynastie du Canadien. Ce dont je me souviens, c’est que le Tricolore gagnait tout le temps, et en regardant les noms de cette formation, c’est assez clair pourquoi. Ken Dryden et son sang-froid devant le filet. Le « Big Three » composé de Larry Robinson, Serge Savard et Guy Lapointe, le meilleur trio de défenseurs de l’histoire de la LNH. De la profondeur à l’avant qui rendait pratiquement tous les trios d’attaque dangereux : Steve Shutt, Jacques Lemaire, Yvan Cournoyer, Pete Mahovlich, Bob Gainey, Réjean Houle, Pierre Mondou, Mario Tremblay, Doug Risebrough, Yvon Lambert… Et bien sûr le catalyseur et l’âme de cette grande équipe : Guy Lafleur.

2. Oilers d’Edmonton

PHOTO ARCHIVES REUTERS

Wayne Gretzky, capitaine des Oilers d'Edmonton, lève la Coupe Stanley avec son coéquipier Mike Krushelnyski, le 30 mai 1985.

Du milieu des années 1970 jusqu’à la fin des années 1980, trois dynasties se sont suivies dans la LNH et il n’est si simple de les départager. Mais les Oilers sont la seule des trois équipes à avoir gagné la Coupe Stanley cinq fois. Wayne Gretzky était bien sûr la pierre angulaire de la dynastie des Oilers, mais leur dernière conquête en 1989-1990 a prouvé que cette équipe était bien plus que la Merveille. Gretzky avait déjà été échangé aux Kings de Los Angeles à cette époque. En plus d’avoir pu compter sur l’un des deux ou trois meilleurs joueurs de l’histoire en Gretzky, qui était à Edmonton pour les quatre premières coupes (1983-1984, 1984-1985, 1986-1987 et 1987-1988), les Oilers possédaient entre autres l’un des plus grands leaders de l’histoire du sport (Mark Messier), l’un des meilleurs défenseurs offensifs (Paul Coffey), un buteur prolifique (Jari Kurri) et un entraîneur qui n’a jamais reçu le mérite qui lui revenait en Glen Sather, qui était également le directeur général de l’équipe.

1. Bulls de Chicago

PHOTO GETTY IMAGES, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Dennis Rodman, Michael Jordan, Scottie Pippen, Ron Harper et l’entraîneur-chef Phil Jackson, des Bulls de Chicago, tiennent le trophée du championnat de la NBA le 16 juin 1997.

Notons qu’il est beaucoup plus facile de construire une dynastie au basketball que dans les autres sports. Il n’y a que sept ou huit joueurs qui jouent des minutes significatives et les meilleurs d’une équipe passent presque tout le match sur le terrain de jeu. Et les Bulls avaient le meilleur de tous les temps, Michael Jordan. Si Jordan n’avait pas décidé de tenter sa chance au baseball, c’est peut-être huit championnats consécutifs que les Bulls auraient remportés de 1991 à 1998. Ils ont réussi un triplé de 1990-1991 à 1992-1993, puis un autre de 1995-1996 à 1997-1998. Jordan n’a pas joué en 1993-1994 et n’a disputé que 17 matchs en 1994-1995. Jordan était bien entouré avec des joueurs comme Scottie Pippen, John Paxson, Tony Kukoc, Horace Grant et Dennis Rodman, qui comprenaient tous leur rôle. Et Phil Jackson savait comment diriger tous ses joueurs avec doigté, à commencer par Jordan.

Mentions honorables

Baseball majeur : Athletics d’Oakland (trois championnats consécutifs de 1970 à 1972)
LNH : Red Wings de Detroit (quatre Coupes Stanley en 12 ans entre 1997 et 2008)
NFL : Cowboys de Dallas (trois Super Bowls en quatre ans entre 1992 à 1995)
NBA : Celtics de Boston (trois championnats en six ans entre 1981 et 1986)