Les Buccaneers de Tampa Bay sont-ils en train de s’acheter un championnat ? Après Tom Brady, Rob Gronkowski et Leonard Fournette, les Bucs ont joué le tout pour le tout en ajoutant Antonio Brown à leurs effectifs. Pourquoi pas Julio Jones tant qu’à y être ?

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Brown a joué un seul match depuis décembre 2018. C’était avec Brady et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre en septembre 2019. Brown avait capté quatre passes pour 56 verges et marqué un touché. Mais dans les jours qui avaient suivi ce match, le propriétaire des Patriots, Robert Kraft, avait décidé de libérer Brown. Les multiples écarts de conduite de Brown au fil des ans avaient fini par le rattraper.

La NFL a finalement suspendu Brown pour les huit premiers matchs de la présente saison. Il ne pourra pas jouer lundi soir au New Jersey où les Buccaneers affronteront les Giants de New York, mais pourra le faire lors de la visite de Drew Brees et des Saints de La Nouvelle-Orléans à Tampa, dimanche prochain.

Bien qu’il n’ait pas pu s’entraîner avec ses nouveaux coéquipiers, Brown a rejoint l’équipe, mercredi. Et selon l’entraîneur-chef Bruce Arians, qui s’était opposé à la venue de Brown chez les Bucs l’hiver dernier, rappelons-le, le receveur est prêt à jouer. « Il semble en très bonne condition physique. Il sera prêt pour la semaine prochaine », a dit Arians à ESPN.

« Je pense qu’on a eu de très bonnes conversations, lui et moi. Il a participé à nos réunions d’équipe et tout le reste », a indiqué Arians.

Lorsque les Patriots ont cédé à la pression extérieure en se débarrassant de Brown, même s’il s’était bien comporté du moment où il s’était joint à eux, on raconte que Brady était en furie. Les deux joueurs sont demeurés en communication depuis ce temps et la rumeur voulant que Brady ait insisté pour que Brown soit embauché par les Bucs a été tenace.

Il est facile de comprendre pourquoi Brady voudrait jouer avec Brown. Les deux joueurs ont plusieurs choses en commun. Ils ont notamment tous deux été des choix de sixième tour avant de devenir les meilleurs joueurs de la NFL à leur position respective. Ils sont également des fanatiques de l’entraînement et de la nutrition.

Chacun connaît les exploits de Brady. Sur le plan individuel, Brown a été exceptionnel, lui aussi, de 2013 à 2018. Aucun autre receveur de l’histoire de la NFL n’a été plus productif sur une période de six ans que l’a été Brown durant ces six saisons, totalisant 686 attrapés, 9145 verges et 67 touchés. C’est une moyenne de 114 attrapés, 1529 verges et 11 touchés par saison. Réussir six saisons comme celles-là de suite, ce n’est pas rien !

Puisqu’il a toujours pris un soin jaloux de sa condition physique et que sa passion pour le football n’a jamais été mise en doute, Brown aurait pu éventuellement menacer les records de Jerry Rice. En gaspillant une saison et demie en raison de ses nombreux problèmes à l’extérieur du terrain, il a essentiellement mis une croix sur cette possibilité. Brown avait d’ailleurs avoué que c’était l’un de ses objectifs.

Mais pour l’heure, les marques du grand Rice ne seront certainement pas la priorité de Brown. Après son divorce acrimonieux avec les Steelers de Pittsburgh et le fiasco qu’aura été son bref passage chez les Raiders, Brown en est fort probablement à sa dernière chance. Si les choses tournent au vinaigre à Tampa Bay, alors que Brady est dans son coin, on doute fortement qu’il puisse obtenir un autre contrat dans la NFL.

Les Buccaneers ont réduit leur risque au minimum en ne lui offrant aucun argent garanti dans un contrat d’une saison qui pourrait lui rapporter 2,5 millions au maximum. Brown touchait un salaire de 17 millions par saison il y a deux ans…

Les Bucs ont-ils fait le bon choix en lui accordant une opportunité ? S’il ne cause pas de problème, l’ailier espacé de 32 ans possède le talent pour faire des Bucs les grands favoris pour gagner le Super Bowl. S’il n’adhère pas au concept d’équipe et fait la diva, Brown pourrait plutôt tout foutre en l’air. Un gros pari.

Brady aux anges

Même sans Brown, Brady a déjà prouvé qu’il est encore l’un des bons quarts de la NFL. D’autres athlètes, comme Jaromir Jagr et Randy Johnson par exemple, ont connu du succès dans la quarantaine. À l’exception possible de quelques golfeurs, aucun n’a toutefois été aussi productif que l’est Brady à l’âge de 43 ans.

Sans surprise, Brady a été nommé joueur offensif par excellence du mois d’octobre dans la Nationale. En quatre matchs, il a lancé 12 passes de touchés contre une seule interception et a récolté une moyenne de 289 verges par rencontre. Qu’accomplira-t-il avec un talent comme Brown qui s’ajoutera à un groupe de receveurs qui faisait déjà l’envie de la plupart des équipes ?

PHOTO MARK J. REBILAS, USA TODAY SPORTS

Tom Brady a été nommé joueur offensif par excellence du mois d’octobre dans la Nationale. En quatre matchs, il a lancé 12 passes de touchés contre une seule interception et a récolté une moyenne de 289 verges par rencontre.

Arians a déjà fait savoir que les Buccaneers utiliseraient plus de formations à quatre ailiers espacés avec l’arrivée de celui que l’on surnomme AB. Mike Evans, Chris Godwin, Scotty Miller, Brown, le gros Gronk… vous plaisantez ? C’est presque injuste pour les 31 autres équipes.

Et ça ne s’arrête pas avec le jeu aérien. Les Bucs possèdent de bons porteurs de ballon, l’une des meilleures lignes défensives, d’excellents secondeurs et une jeune tertiaire qui s’améliore. S’il est vrai que les Dolphins de Miami ont reçu une offre pour leur demi de coin Xavien Howard, qui mène la NFL avec quatre interceptions, on ne serait vraiment pas surpris d’apprendre qu’elle serait venue des Bucs.

Les Buccaneers ont poussé tous leurs jetons au centre de la table, ils sont « all in », comme on dit. Ce sera maintenant aux autres aspirants de la conférence de réagir.

Les Seahawks de Seattle, qui n’avaient pas caché leur intérêt pour Brown, ont greffé l’ailier défensif Carlos Dunlap à leur formation cette semaine. Ce serait sûrement une bonne idée d’ajouter un ou deux autres éléments avant la date limite des transactions, mardi.

On peut essentiellement dire la même chose des Packers de Green Bay, des Saints et de toutes les autres équipes qui visent le championnat de la Nationale. Car sur papier, les Buccaneers forment clairement l’équipe la plus talentueuse et la mieux nantie de la conférence. Et les équipes de Brady n’ont pas trop l’habitude de performer sous les attentes.

Les prédictions de Miguel Bujold

Nouvelle-Angleterre c. Buffalo : Buffalo

Tennessee c. Cincinnati : Tennessee

Las Vegas c. Cleveland : Las Vegas

Indianapolis c. Detroit : Indianapolis

Minnesota c. Green Bay : Green Bay

Jets de New York c. Kansas City : Kansas City

Rams de Los Angeles c. Miami : Miami

Pittsburgh c. Baltimore : Baltimore

Chargers de Los Angeles c. Denver : Denver

La Nouvelle-Orléans c. Chicago : Chicago

San Francisco c. Seattle : Seattle

Dallas c. Philadelphie : Philadelphie

Tampa Bay c. Giants de New York : Tampa Bay

La semaine dernière : 8-5

Total de la saison : 66-32-1

TROIS MATCHS À NE PAS RATER

PITTSBURGH c. BALTIMORE, DIMANCHE, 13 h

PHOTO DON WRIGHT, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

John Harbaugh, entraîneur-chef des Ravens de Baltimore, et Mike Tomlin, entraîneur-chef des Steelers de Pittsburgh, s’affronteront pour la 25e fois, dimanche.

Mike Tomlin et John Harbaugh s’affronteront en saison régulière pour la 25e fois, dimanche. Il s’agira d’un record dans l’ère moderne selon l’Elias Sports Bureau, une statistique rapportée par ESPN cette semaine. Harbaugh a une fiche de 13-11 contre Tomlin, mais ce dernier a gagné deux de leurs trois affrontements en séries éliminatoires. Si les Ravens perdent ce match, leurs chances de terminer devant les Steelers au premier rang de leur division seront considérablement plus faibles. Les Steelers auraient alors deux victoires de plus qu’eux et détiendraient le bris d’égalité entre les deux équipes en vertu de leur victoire. Harbaugh et son équipe ont eu deux semaines pour peaufiner leur préparation, tandis que les Steelers ont dû disputer un match particulièrement physique contre les Titans. Au final, la défense qui réussira le plus de jeux importants devrait permettre à son équipe de gagner un match qui sera aussi intense que tous ceux que se disputent ces deux grands rivaux.

LA NOUVELLE-ORLÉANS c. CHICAGO, DIMANCHE, 16 h 25

PHOTO KELVIN KUO, ASSOCIATED PRESS

Nick Foles, quart-arrière des Bears de Chicago

Il y aura deux matchs intéressants à 16 h 25, celui-ci et la rencontre entre les 49ers et les Seahawks, à Seattle. Puisqu’ils partagent respectivement la même division que les Buccaneers et les Packers, les Saints et les Bears devront probablement obtenir une place de meilleurs deuxièmes afin d’accéder aux séries. Pour la première fois de l’histoire, il y aura trois places disponibles pour les équipes qui ne remportent pas leur division cette année. Plusieurs équipes lutteront toutefois pour celles-ci, dont les trois équipes de l’Ouest qui ne termineront pas au premier rang. En ce sens, le match entre les Saints et les Bears pourrait être déterminant en janvier et pourrait même servir de bris d’égalité entre les deux équipes. Contre une défense qui est supérieure de match en match, la mission des Saints ne sera pas de tout repos sans les ailiers espacés Michael Thomas et Emmanuel Sanders. De l’autre côté du ballon, ce n’est jamais facile pour Nick Foles et l’attaque des Bears.

DALLAS c. PHILADELPHIE, DIMANCHE, 20 h 20

PHOTO MICHAEL AINSWORTH, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le quart-arrière Ben DiNucci, des Cowboys de Dallas, obtiendra son premier départ en carrière dans la NFL, dimanche.

On ne vous promet pas que ce sera du grand football, mais les matchs entre les Cowboys et les Eagles sont presque toujours divertissants. Faute de mieux, les Eagles sont actuellement les favoris pour gagner l’Est de la Nationale et, malgré tous leurs problèmes et blessés, les Cowboys sont probablement les seuls qui pourraient les coiffer au fil d’arrivée. La recrue Ben DiNucci obtiendra son premier départ alors qu’Andy Dalton tente de se remettre de la commotion cérébrale qu’il a subie dimanche dernier. Il y a 14 ans, un autre jeune quart des Cowboys avait obtenu son premier départ lors d’un match du dimanche soir. Le 29 octobre 2006, un certain Tony Romo avait mené les Cowboys à une victoire de 35-14 aux dépens des Panthers de la Caroline.