Au milieu des années 80, il y avait trois grandes vedettes à Miami : James « Sonny » Crockett, Ricardo « Rico » Tubbs et Dan Marino. Les deux premiers étaient bien sûr les principaux personnages de la série Miami Vice, incarnés par Don Johnson et Philip Michael Thomas. L’autre est le meilleur quart-arrière de l’histoire à ne pas avoir remporté une seule fois le Super Bowl.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Beaucoup de gens sont devenus fans des Dolphins en regardant Marino dépecer des défenses impuissantes. En 1984, à l’âge de 22 ans et seulement à sa deuxième saison dans la NFL, Marino a établi de nouvelles marques avec 5084 verges et 48 touchés – 16 de plus que n’importe qui d’autre cette saison-là…

Après une saison de 14-2 et deux victoires en séries, Marino et les Dolphins ont atteint le Super Bowl, mais ont été battus, 38-16, par les 49ers de San Francisco, une équipe plus complète et qui possédait elle-même l’un des grands quarts de l’histoire : Joe Montana. Ce fut sûrement d’ailleurs la plus attendue des confrontations de quarts-arrière au Super Bowl.

Marino a déjà dit qu’il n’était pas trop abattu après sa défaite au Super Bowl, puisqu’il était convaincu qu’il y retournerait plusieurs fois. Mais il n’a plus jamais joué lors de la grande finale, ni les Dolphins d’ailleurs. Une disette de plus de 35 ans maintenant pour une organisation qui a longtemps été l’une des meilleures de la NFL.

Les Dolphins sont les seuls à avoir obtenu une saison parfaite, en 1972, et ont défendu leur titre avec succès l’année suivante. Ils ont participé à la grand-messe du football américain à quatre occasions de 1971 à 1984. Marino, Don Shula, la fameuse « No Name Defense », Larry Csonka, Paul Warfield, Mark « Super » Duper… les Dolphins ont marqué les années 70 et 80.

Même les années 90 n’ont pas été si mal grâce à Marino, puis grâce à l’arrivée de Jason Taylor et de Zach Thomas. Ces deux joueurs étaient les piliers d’une défense qui a permis aux Dolphins d’avoir une équipe respectable au début des années 2000.

Depuis 2004, les Dolphins ont toutefois une fiche de 111-151. Ils n’ont participé aux séries que deux fois durant cette période et n’ont pas gagné un seul match éliminatoire. Mais la traversée du désert achève.

Le ballon à Tagovailoa

On le sait tous, la très grande majorité des adjoints de Bill Belichick qui sont devenus des entraîneurs-chefs ailleurs dans la NFL ont connu l’un de deux sorts suivants : ils ont dirigé des équipes médiocres ou ils se sont cassé les dents.

Il est cependant de plus en plus clair que ce sera différent pour Brian Flores, qui en est à sa deuxième saison avec les Dolphins. Flores semble avoir un bon plan en place depuis le début et a annoncé la prochaine étape de celui-ci, mercredi matin : Tua Tagovailoa obtiendra son premier départ en carrière lors du prochain match de l’équipe. En congé cette semaine, les Dolphins accueilleront les Rams de Los Angeles, le 1er novembre.

Les Dolphins ont gagné trois de leurs quatre derniers matchs, dont deux écrasantes victoires aux dépens des 49ers et des Jets de New York. Puisqu’ils jouaient si bien avec le vétéran Ryan Fitzpatrick aux commandes, la décision de Flores en a étonné plusieurs, dont Fitzpatrick lui-même. Le vétéran a avoué que sa déception était vive et qu’il en avait le cœur brisé.

PHOTO SCOT TUCKER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Malgré la déception, le vétéran Ryan Fitzpatrick sera un excellent mentor pour le jeune Tua Tagovailoa.

Flores a expliqué que plusieurs facteurs l’avaient convaincu de donner le ballon à Tagovailoa, qui a été le cinquième espoir choisi au printemps lors du repêchage de la NFL. Le jeu de l’ancien quart du Crimson Tide de l’Alabama est de plus en plus convaincant lors des entraînements et il a pu se mouiller les pieds lors de la dernière série offensive des Dolphins contre les Jets, alors que la victoire était dans le sac.

Après le match contre les Jets, Tagovailoa est retourné sur le terrain afin de bien savourer le moment et de le vivre avec ses parents par l’intermédiaire d’une visioconférence. Rappelons-nous que le jeune quart hawaïen avait subi une sérieuse blessure à une hanche en novembre dernier. On a même cru pendant un certain temps que sa carrière était compromise.

Lorsqu’il s’est amené sur le terrain contre les Jets, Tagovailoa a été applaudi par la foule parsemée du Hard Rock Stadium. Il l’a également été par Fitzpatrick, qui est le quart réserviste idéal. Même s’il ne méritait pas de perdre son poste, Fitzpatrick continuera assurément d’être un bon mentor pour Tagovailoa, malgré sa déception. Dans l’univers alpha des quarts-arrière, c’est une attitude qu’on ne voit pas souvent.

Mais le moment était bien choisi pour donner les clés de l’attaque à Tagovailoa. Surtout que Joe Burrow et Justin Herbert, qui ont également été repêchés tôt, se débrouillent plutôt bien avec leur équipe respective. D’ailleurs, si les plans ne changent pas d’ici là, Tagovailoa affrontera Herbert et les Chargers de Los Angeles, le 15 novembre, puis Burrow et les Bengals de Cincinnati, le 6 décembre. Intéressant.

Les séries dès cette année ?

Grâce notamment à des joueurs qui ne reçoivent pas la publicité qu’ils mériteraient de recevoir comme DeVante Parker, Mike Gesicki, Xavien Howard et Jerome Baker, les Dolphins ont actuellement une fiche de 3-3. Ils devancent les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et n’ont qu’une victoire de retard sur les Bills de Buffalo, qui occupent le premier rang de l’Est de l’Américaine.

Les Dolphins peuvent-ils brouiller les cartes dans leur division et lutter pour une place en séries dès cette année ? Quoique peu probable, c’est loin d’être impossible. Les pièces se mettent en place en attaque et leur défense devrait normalement continuer de s’améliorer après un départ difficile, qui était prévisible étant donné qu’elle compte plusieurs nouveaux venus et qu’il n’y a eu aucun match préparatoire.

Pour la première fois depuis une quinzaine d’années, les partisans des Dolphins peuvent se réjouir et être optimistes. Cette équipe est sur la bonne voie, et c’est une voie rapide.

LES PRÉDICTIONS DE MIGUEL BUJOLD

Detroit c. Atlanta : Atlanta
Cleveland c. Cincinnati : Cincinnati
Pittsburgh c. Tennessee: Tennessee
Caroline c. La Nouvelle-Orléans : La Nouvelle-Orléans
Buffalo c. Jets de NY : Buffalo
Dallas c. Washington : Washington
Green Bay c. Houston : Houston
Seattle c. Arizona : Seattle
Kansas City c. Denver : Kansas City
San Francisco c. Nouvelle-Angleterre : San Francisco
Jacksonville c. Chargers de L.A. : Chargers de L.A.
Tampa Bay c. Las Vegas : Tampa Bay
Chicago c. Rams de L.A. : Rams de L.A.
La semaine dernière : 10-4
Total de la saison : 58-27-1

Trois matchs à ne pas rater

PITTSBURGH c. TENNESSEE (dimanche, 13 h)

PHOTO STEVE ROBERTS, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Le secondeur des Titans du Tennessee Derrick Henry est l'un des joueurs les plus dominants de la NFL jusqu'à présent.

Sans contredit le match de la semaine, qui opposera deux des trois équipes toujours invaincues. Les Steelers ont neutralisé ce qui était statistiquement le meilleur jeu au sol de la ligue la semaine dernière en limitant les Browns à 75 verges de gains en 22 courses. Mais la commande sera bien plus difficile cette fois. Mike Tomlin a bien résumé la difficulté que représentait le défi de freiner Derrick Henry : « C’est comme si Bud Dupree portait le ballon », a dit le pilote des Steelers, faisant référence à son secondeur extérieur, qui mesure 6 pi 4 po et pèse 270 lbs. Henry (6 pi 3 po et 247 lbs) est le joueur le plus dominant de la NFL. La mission de l’arrêter reviendra en partie à Robert Spillane, qui remplacera Devin Bush, et qui obtiendra son premier départ en carrière contre l’équipe qui lui avait donné sa première chance. Les Titans avaient embauché le secondeur intérieur comme joueur autonome en 2018 après qu’il eut été ignoré au repêchage.

TAMPA BAY c. RAIDERS DE LAS VEGAS (dimanche 16 h)

PHOTO CHARLIE RIEDEL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Derek Carr, quart-arrière des Raiders de Las Vegas

Victorieux à leur dernier match il y a deux semaines contre les Chiefs de Kansas City, les Raiders auront l’occasion de prouver qu’ils doivent être pris au sérieux dans la course aux séries en vainquant un deuxième adversaire de qualité de suite. La bataille sur la ligne de mêlée lorsque les Raiders auront le ballon sera un facteur déterminant. Toujours à la recherche de son premier match de 100 verges au sol de la saison, Josh Jacobs n’a gagné que 125 verges en 38 courses à ses deux dernières parties (moyenne de 3,3) et on peut présumer que l’absence du garde Richie Incognito y est pour quelque chose. Si Ndamukong Suh et le front défensif des Bucs s’imposent, toute la pression sera sur Derek Carr, qui connaît une excellente saison avec 73,1 % de passes réussies, 11 touchés et une seule interception.

SEATTLE c. ARIZONA (dimanche, 20 h 20)

PHOTO TIM HEITMAN, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Kyler Murray, quart-arrière des Cardinals de l'Arizona

Beaucoup de gens ont découvert Kyler Murray lors de la victoire des Cardinals, lundi soir dernier, à Dallas. Tout premier joueur choisi au repêchage de 2019, Murray a connu un match laborieux par la passe (9 en 24 pour 188 verges), mais a tout de même réussi deux passes de touché et a montré toute sa vitesse et son explosion avec quelques impressionnantes courses (74 verges en 10 courses et un touché). Si Murray et le receveur DeAndre Hopkins sont les vedettes de l’attaque des Cards, Budda Baker est la pièce centrale de leur défense. Le demi de sûreté est l’un des joueurs défensifs les plus dynamiques de la NFL et il a réussi des jeux partout sur le terrain. On pourra voir la jeune équipe de Kliff Kingsbury à l’œuvre pour la deuxième semaine consécutive, cette fois dans un match intra-division contre Russell Wilson et les Seahawks, qui tenteront de demeurer invaincus après une semaine de repos.