Avoir une fiche de 2-3 après cinq matchs dans la NFL n’est pas l’idéal, mais ce n’est généralement pas encore le temps de paniquer. Sauf que la situation des Patriots de la Nouvelle-Angleterre est un peu inquiétante.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Les Patriots connaissent leur pire début de saison depuis 2001, l’année où ils avaient remporté leur premier Super Bowl. Si leurs défaites à Seattle et à Kansas City étaient prévisibles, celle de 18-12 aux mains des jeunes Broncos de Denver dimanche ne l’était pas du tout.

Les difficultés de l’attaque des Patriots se sont poursuivies malgré le retour au jeu de Cam Newton. Derrière une ligne offensive qui a mal joué et qui est actuellement décimée par les blessures, Newton n’a jamais trouvé le rythme.

La défense ne joue pas si mal, mais l’absence de joueurs comme Dont’a Hightower et Patrick Chung se fait sentir. Et il y a une limite à ce que de bons entraîneurs peuvent accomplir avec une formation qui manque de talent comme celle des Patriots. Leur groupe de receveurs est notamment l’un des deux ou trois plus faibles des 32 équipes.

Du côté des Broncos, l’attaque devra être plus efficace qu’elle l’a été dimanche. Elle a dû se contenter de placements lors de ses six premières séries. Guéri de sa blessure à une épaule, Drew Lock a joué avec le feu en lançant deux interceptions en deuxième demie, ce qui a permis aux Patriots de rester dans le match jusqu’à la toute fin.

Mais Lock et les Broncos sont encore en période d’apprentissage, ce qui n’est pas le cas des Patriots, qui sont significativement inférieurs aux poids lourds de l’Américaine. De la façon dont ils ont joué à leurs deux derniers matchs, même une simple participation aux éliminatoires semble improbable à Foxboro. Il s’agirait de la première exclusion des séries des Patriots depuis 2008.

Comme l’an dernier pour les Niners

Ceux qui avaient déjà enterré les 49ers de San Francisco devront se raviser. Même si leur calendrier sera particulièrement exigeant au cours des prochaines semaines, les Niners ont démontré dimanche soir qu’ils étaient capables de tenir leur bout contre de bonnes équipes.

Les 49ers ont joué comme ils le faisaient en 2019 dans leur victoire de 24-16 aux dépens des Rams de Los Angeles. La créativité de Kyle Shanahan, jumelée à l’intensité de ses joueurs, s’est révélée une trop grosse commande pour les Rams, qui ont passé la soirée à laisser échapper des ballons. Jared Goff n’a pas joué un grand match, certes, mais Cooper Kupp et Robert Woods lui ont compliqué la vie en jouant comme des receveurs de troisième ordre.

De l’autre côté du ballon, la ligne offensive des 49ers a admirablement bien protégé Jimmy Garoppolo, qui est toujours ennuyé par son entorse à une cheville. Aaron Donald a été complètement éliminé de l’équation et Garoppolo a lancé trois passes de touché. George Kittle, Deebo Samuel et la recrue Brandon Aiyuk ont tous réussi des jeux importants, et le jeu au sol a totalisé 122 verges.

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Jimmy Garoppolo, des 49ers de San Francisco

Garoppolo jouera son premier match à Foxboro depuis qu’il a quitté les Patriots, dimanche prochain. Les 49ers affronteront ensuite les Seahawks de Seattle, les Packers de Green Bay, les Saints de La Nouvelle-Orléans, les Rams à nouveau, puis les Bills de Buffalo. Pas facile. Mais s’ils jouent toujours avec autant de détermination, les champions en titre de la Nationale devraient lutter pour une place en séries en décembre, ce qui serait tout un exploit compte tenu de tous leurs blessés.

Henry fait la loi

Les Titans du Tennessee ont eu besoin d’une prolongation pour venir à bout des Texans de Houston, 42-36, mais ont par le fait même prouvé qu’ils faisaient maintenant partie de l’élite de la NFL. Il n’y a plus le moindre doute à ce sujet.

À quoi pensait Romeo Crennel en y allant pour une tentative de deux points en fin de match, demandez-vous ? L’entraîneur-chef des Texans voulait achever les Titans en prenant une avance de neuf points avec quelques minutes à jouer, mais la stratégie a échoué.

A. J. Brown a permis aux Titans de créer l’égalité avec son superbe attrapé dans les dernières secondes, puis Derrick Henry a marqué le touché de la victoire en prolongation après avoir reçu une remise directe du centre, un jeu de cinq verges.

Henry a couru pour plus de 200 verges et inscrit deux touchés. Alors que les autres porteurs de ballon du circuit visent des matchs de 100 verges, la normale est de 200 pour Henry, qui affrontera maintenant la coriace défense des Steelers de Pittsburgh.

Ce sera d’ailleurs le « gros » match de la septième semaine alors que deux des trois équipes toujours invaincues s'affronteront à Nashville.

Les Browns ne font pas le poids

Forts de leurs quatre victoires consécutives, les Browns de Cleveland se sont amenés au Heinz Field en étant persuadés de prouver qu’ils pouvaient vaincre les Steelers. Ils se sont plutôt fait administrer une correction en règle, s’inclinant à Pittsburgh pour la 17e fois de suite.

Les deux revers des Browns cette saison ont été contre les Ravens de Baltimore et les Steelers, deux équipes qu’ils tentent de déloger dans le Nord de l’Américaine. Deux gênantes défaites par la même marque de 38-7, qui démontrent que Baker Mayfield et compagnie ne sont pas encore prêts à menacer les Ravens et les Steelers.

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Baker Mayfield, des Browns de Cleveland

La défense des Steelers, qui a malmené Mayfield durant tout le match, a toutefois perdu un morceau important. Le secondeur intérieur Devin Bush a subi une déchirure ligamentaire d’un genou et ne jouera plus cette saison.

Les Steelers jouent très bien, mais n’ont pas encore fait face à des équipes de premier plan, ce qui est sur le point de changer. Après leur passage au Tennessee, ils visiteront les Ravens à Baltimore, puis les explosifs Cowboys à Dallas. On devrait donc en savoir un peu plus quant à leur réelle force au cours des prochaines semaines.

De mal en pis pour Cousins et les Vikings

On ne peut pas accuser Kirk Cousins de ne pas être lucide. Après sa contre-performance face à l’une des pires défenses de la ligue, celle des Falcons d’Atlanta, le quart-arrière a dit qu’il ne terminerait pas la saison comme partant s’il continuait de lancer autant d’interceptions. Cousins en a lancé trois autres, dimanche, et est maintenant le pire du circuit avec un total de 10, une de plus que Carson Wentz.

La défaite de 40-23 des Vikings du Minnesota contre les Falcons est impardonnable. Leurs chances de participer aux éliminatoires ne tenaient déjà plus qu’à un fil avec une fiche de 1-4. Ce revers à domicile vient probablement de les achever. Leur saison était dans la balance et les Vikings se sont fait humilier par une équipe qui avait une fiche de 0-5 ? Il y a peut-être de gros changements qui se dessinent à l’horizon au Minnesota.

Parlant de changement, Raheem Morris a savouré la victoire à son premier match comme entraîneur-chef des Falcons, qui auraient peut-être dû remercier son prédécesseur, Dan Quinn, un peu plus tôt. Genre, il y a un an…

Les Falcons et les Vikings sont deux des neuf équipes de la NFL qui n’ont remporté qu’une seule victoire jusqu’à maintenant. Les Jets de New York sont les seuls qui n’ont toujours pas gagné en 2020. Place au « derby » Trevor Lawrence !