Si vous avez cru reconnaître Khari Jones dans une publicité à la télé américaine (CNN) récemment, vous n’avez pas halluciné.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

L’entraîneur-chef des Alouettes a participé à quelques tournages dans la région de Vancouver au cours des derniers mois, lui qui possède une formation en art dramatique.

« Plusieurs personnes ont communiqué avec moi pour me dire qu’il y avait un type qui me ressemblait dans une nouvelle publicité à la télévision », a raconté Jones en riant il y a quelques jours. « Oui, c’était bel et bien moi. »

En plus d’être l’un des acteurs dans la publicité en question (pour la société Optum Perks), Jones a été embauché comme consultant pour une publicité d’hôtels grâce à son expertise dans le monde du sport. Jones et sa famille habitent à Surrey, en banlieue de Vancouver.

« Je veux me garder occupé, surtout qu’il n’y a pas de saison dans la LCF. Je ne peux pas participer à beaucoup de projets en temps normal, alors j’en profite », a dit Jones, qui obtient des auditions par l’entremise d’une agente.

« J’ai obtenu le rôle [dans la publicité d’Optum Perks] sans que les gens sachent qui j’étais, ce qui est très satisfaisant pour moi. Le réalisateur ne me connaissait pas du tout. Mais quelques techniciens sur le plateau ont fait le lien et ont commencé à me poser des questions au sujet du football lors du deuxième jour. Ils tentaient de savoir si j’étais bel et bien le Khari Jones de la LCF. »

« Ils ne comprenaient pas trop comment un entraîneur de football qui travaille à Montréal pouvait se retrouver sur un plateau de tournage à l’autre bout du pays en tant qu’acteur ! »

« Ma deuxième passion »

C’est à l’Université Davis, située près de Sacramento, en Californie, que Jones a été initié à l’art dramatique. L’ancien quart-arrière a suivi plusieurs cours.

« C’est ma deuxième passion après le football. J’ai commencé à jouer dans des pièces lorsque j’étais encore à l’université. Je jouais au football durant la saison, puis je faisais partie du groupe d’art dramatique pour le reste de l’année, et c’est à ce moment que je suis tombé amoureux du théâtre. »

Ça me permet de montrer un autre côté de ma personnalité. Et je suis convaincu que les gens peuvent constater que je suis une personne qui est assez animée lorsqu’ils m’observent sur les lignes de côté durant les matchs.

Khari Jones

C’est aussi dans le département d’art dramatique de l’Université Davis que Jones a rencontré sa femme Justine. « Elle est une actrice depuis son enfance à San Francisco. On s’est rencontrés en arrière-scène lors d’une pièce. Le théâtre et la comédie ont donc toujours fait partie de nos vies. »

Films et théâtre

Jones a disputé sa dernière saison comme quart-arrière dans la LCF en 2005. Avant d’amorcer celle d’entraîneur quelques années plus tard, il a travaillé comme reporter pour la CBC durant deux saisons et a participé à plusieurs projets comme acteur.

« C’était surtout des films produits pour la télévision. J’habitais à Calgary à cette époque et il y avait beaucoup de tournages dans la ville. »

Jones a entre autres campé le rôle d’un policier et celui d’un entraîneur de lutte. C’est toutefois de son rôle dans un film intitulé Confessions of a Go-Go Girl qu’on lui parle le plus souvent. « Je jouais le rôle d’un propriétaire de boîte de nuit qui n’était pas un très chic type. C’est ce rôle qui semble avoir marqué mes amis. »

En plus d’une poignée de rôles de soutien au cinéma, Jones a joué dans la pièce Jesus Hopped the « A » train, qui a notamment été présentée sur Broadway quelques années avant de l’être à Calgary, en 2006 ou 2007. Jones faisait partie de la distribution à Calgary.

« C’était à propos d’un condamné à mort qui apprenait à d’autres détenus l’importance d’assumer les crimes qu’ils avaient commis. Je jouais le rôle du condamné à mort. C’était très intense comme pièce. »

Jones trouve le temps de participer à des tournages de publicités, mais une carrière sur les planches en parallèle à celle au football est impossible. « Ça fait longtemps que je ne suis pas monté sur scène, car ça nécessite énormément de temps. Je ne pourrais pas concilier le théâtre avec une carrière d’entraîneur. »

Un entraîneur avant tout

Au cours de notre entretien, Jones a noté à plus d’une reprise que sa plus grande passion restait le football. Il n’envisage donc pas une carrière d’acteur à temps plein de sitôt.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Avant d’être l’entraîneur-chef des Alouettes, Khari Jones a occupé le poste de coordonnateur offensif.

« J’aime tellement le coaching que je ne me vois pas faire autre chose à temps plein. Cela dit, je sais que le jeu fera toujours partie de ma vie. Je continuerai donc de participer à des projets, à condition qu’ils n’affectent pas ma carrière d’entraîneur.

« Je peux vous confirmer que je préférerais être sur les lignes de côté actuellement et j’espère être l’entraîneur-chef des Alouettes durant de nombreuses années. Mais si les choses ne devaient plus fonctionner dans le monde du coaching, c’est intéressant de savoir que j’ai un plan B qui me passionne. »