Bill O’Brien est devenu le premier entraîneur-chef à perdre son poste dans la NFL cette saison après un peu plus de six ans à la barre des Texans de Houston. L’ancien protégé de Bill Belichick s’est fait montrer la porte de sortie, lundi.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

O’Brien est l’un des rares anciens adjoints de Belichick à avoir connu un certain succès comme entraîneur-chef. Succès modeste, certes, mais tout de même supérieur à la très grande majorité de ceux qui ont quitté les Patriots de la Nouvelle-Angleterre et qui se sont ensuite cassé les dents ailleurs dans la NFL.

O’Brien a gagné 52 de ses 100 matchs réguliers à Houston et les Texans ont remporté quatre championnats de division. Ils n’ont toutefois gagné que deux de leurs six matchs éliminatoires durant cette période.

D’une humeur généralement morose, O’Brien est un coach particulièrement intense. À un tel point que l’analyste Bill Cowher, du réseau CBS, a noté que cette intensité lui nuisait probablement plus qu’elle le servait. Venant de Cowher, ce n’est pas rien. Le nouveau membre du temple de la renommée s’est lui-même toujours distingué par son intensité lorsqu’il dirigeait les Steelers de Pittsburgh (de 1992 à 2006).

La différence, c’est que l’intensité de Cowher était positive. Qui ne se souvient pas de le voir encourager ses joueurs à grands coups de postillons ? Il ne les enguirlandait pas, ce qu’on ne peut pas dire au sujet d’O’Brien.

D’ailleurs, le Houston Chronicle a rapporté qu’O’Brien avait eu une prise de bec avec J. J. Watt, ainsi qu’avec le coordonnateur défensif Anthony Weaver au cours des dernières semaines. C’est le mentor de Weaver et l’ancien coordonnateur défensif du club, Romeo Crennel, qui sera l’entraîneur-chef par intérim. À l’âge de 73 ans, Crennel devient ainsi l’entraîneur-chef le plus âgé de l’histoire de la NFL, devançant le légendaire George Halas (72 ans).

Des décisions douteuses

O’Brien occupait également le poste de directeur général depuis l’année dernière et c’est peut-être dans ce rôle qu’il a le plus fait mal aux Texans. Deux des transactions qu’il a conclues sont particulièrement difficiles à comprendre.

La première est celle qu’il a conclue avec les Dolphins de Miami et dont la pièce centrale a été Laremy Tunsil. Les bons bloqueurs à gauche sont toujours en grande demande dans la NFL, soit, mais les Texans ont sacrifié deux premiers choix (2020 et 2021) et un deuxième (2021) pour l’obtenir. C’est très cher payé.

C’est toutefois l’échange impliquant DeAndre Hopkins qui a le plus fait réagir. O’Brien s’est défait du meilleur receveur de la NFL et a essentiellement obtenu David Johnson en retour, un porteur de ballon sur son déclin. Les Texans ont ensuite acquis Brandin Cooks, mais il n’est pas un ailier espacé du calibre de Hopkins.

PHOTO BILLY HARDIMAN, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Le receveur DeAndre Hopkins (10) a été échangé par les Texans de Houston aux Cardinals de l’Arizona durant le dernier entre-saison.

Les Texans possèdent par contre la pièce la plus difficile à trouver : un quart-arrière capable de gagner un championnat. Deshaun Watson l’a démontré avec les Tigers de Clemson. Mais il doit maintenant transporter son équipe sans sa cible de prédilection. L’échange de Hopkins a tué le peu d’enthousiasme qu’il y avait autour de cette équipe.

Dix-neuf ans de médiocrité

La plus jeune des 32 équipes de la NFL, les Texans ont fait leur apparition en 2002 et disputent actuellement leur 19e saison. Ont-ils déjà été de sérieux aspirants au Super Bowl ? Pas vraiment, non. Tantôt mauvais, tantôt corrects sans plus, les Texans ont pourtant pu compter sur plusieurs joueurs d’exception au cours des deux dernières décennies.

Watt est devenu le deuxième de l’histoire à être nommé le joueur défensif par excellence à trois occasions (Lawrence Taylor a été l’autre). Maintenant un membre des Titans du Tennessee, Jadaveon Clowney avait été repêché au tout premier rang en 2014. Andre Johnson et Hopkins ont assurément été deux des 10 meilleurs ailiers espacés depuis le début du nouveau millénaire. Et Watson possède le talent pour être l’un des meilleurs quarts de son époque.

Mais ce que cette organisation n’a jamais eu, c’est un entraîneur-chef capable de soutirer le maximum de ses effectifs. Un meneur, un leader émotif. Gary Kubiak (2006 à 2013) et O’Brien (2014 à 2020) ont été les deux principaux entraîneurs des Texans depuis 2002 et la fiche cumulative des deux hommes en dit beaucoup : 113-112. Et les Texans n’ont toujours pas accédé à une finale de conférence.

D’AUTRES ENTRAÎNEURS EN DANGER

ADAM GASE, JETS DE NEW YORK

Bill O’Brien a été le premier entraîneur-chef à perdre son emploi cette saison, mais il ne sera fort probablement pas le dernier. L’avenir d’Adam Gase chez les Jets de New York semble particulièrement menacé. Gase s’est fait un nom à titre de coordonnateur offensif des Broncos de Denver en 2013 et 2014. Il a ensuite été l’entraîneur-chef des Dolphins de Miami, puis celui des Jets. Autant à Miami qu’à New York, Gase a supervisé des équipes qui manquaient cruellement de talent et est en partie à blâmer, lui qui a gagné la guerre de pouvoir qui l’opposait au DG Mike Maccagnan au sein des Jets. La gestion de Gase laisse sérieusement à désirer. Jamal Adams, Sam Darnold et Le’Veon Bell sont trois exemples de joueurs qui ont joué pour lui et qui n’ont pas été aussi productifs qu’ils auraient dû l’être.

MATT PATRICIA, LIONS DE DETROIT

L’ancien coordonnateur défensif des Patriots de la Nouvelle-Angleterre ne doit pas très bien dormir dernièrement. Et on peut dire la même chose au sujet du directeur général des Lions, Bob Quinn, un autre ancien membre des Patriots. Il y a un peu moins de trois ans, Quinn a remercié Jim Caldwell, même s’il avait une fiche de 36-28. Il l’a remplacé avec son pote Patricia, qui a maintenant un dossier de 10-25-1. Les Lions n’ont pourtant pas une vilaine équipe, mais la culture de perdants qui s’est incrustée au cours des dernières décennies est difficile à éliminer. Et Patricia et Quinn sont manifestement incapables de le faire.

DAN QUINN, FALCONS D’ATLANTA

Si Quinn est encore en poste avec les Falcons, c’est probablement parce qu’il est aimé de ses joueurs et, surtout, du propriétaire Arthur Blank. Les Falcons sont actuellement au dernier rang de leur division avec une fiche de 0-4, mais leur calendrier au cours du prochain mois est relativement facile et pourrait leur permettre de revenir dans la course. Ils affronteront les Panthers deux fois, les Lions, les Vikings et les Broncos. Ce qui pourrait donner un résultat similaire à celui de l’année dernière. Les Falcons avaient perdu sept de leurs huit premiers matchs en 2019 avant de gagner six de leurs huit suivants. Un ancien coordonnateur défensif, Quinn n’a jamais été capable de construire une bonne défense à Atlanta, ce qui explique que les Falcons continuent de perdre de grosses avances.

Les prédictions de Miguel Bujold

Caroline c. Atlanta : Atlanta

Buffalo c. Tennessee : Buffalo

Las Vegas c. Kansas City : Kansas City

Arizona c. Jets de New York : Arizona

Philadelphie c. Pittsburgh : Pittsburgh

Rams de Los Angeles c. Washington : Rams de Los Angeles

Cincinnati c. Baltimore : Baltimore

Jacksonville c. Houston : Houston

Miami c. San Francisco : San Francisco

Indianapolis c. Cleveland : Cleveland

Giants de New York c. Dallas : Dallas

Denver c. Nouvelle-Angleterre : Nouvelle-Angleterre

Minnesota c. Seattle : Seattle

Chargers de Los Angeles c. La Nouvelle-Orléans : La Nouvelle-Orléans

La semaine dernière : 8-6

Total de la saison : 39-19-1

TROIS MATCHS À NE PAS RATER

PHILADELPHIE À PITTSBURGH, DIMANCHE, 13 h

PHOTO CHARLES LECLAIRE, USA TODAY SPORTS

T.J. Watt, des Steelers de Pittsburgh

La bataille de la Pennsylvanie opposera deux équipes de première place alors que la victoire inattendue des Eagles contre les 49ers, dimanche dernier, leur a permis de devancer les Cowboys de Dallas au premier rang de leur division. Surtout, cette victoire a démontré que l’équipe de Doug Pederson n’abdiquerait pas après quelques matchs pour le moins difficiles. L’état actuel de la ligne offensive des Eagles risque toutefois d’être un gros problème contre T.J. Watt et le front défensif des Steelers. Puisqu’elle a été inactive la semaine dernière en raison de l’éclosion de COVID-19 qui a frappé les Titans, la formation de Mike Tomlin disputera quatre matchs de suite au Heinz Field.

INDIANAPOLIS À CLEVELAND, DIMANCHE, 16 h 25

PHOTO MICHAEL AINSWORTH, ASSOCIATED PRESS

Odell Beckham fils et Baker Mayfield, des Browns de Cleveland

Après un premier match qui n’annonçait rien de bon, les Browns ont gagné leurs trois suivants. Il est déjà assez clair que cette équipe est plus disciplinée et mieux structurée sous les ordres de Kevin Stefanski qu’elle ne l’était lorsque Freddie Kitchens était aux commandes. Baker Mayfield a lancé six passes de touchés et une seule interception dans les trois victoires des siens, tandis qu’Odell Beckham fils a joué son meilleur match dans l’uniforme des Browns, dimanche dernier. En contrepartie, Nick Chubb s’est blessé à un genou à Dallas et ratera plusieurs semaines. Chubb occupe le troisième rang de la NFL avec 335 verges au sol, mais les Browns ont le luxe de pouvoir compter sur Kareem Hunt. La défense des Colts est très solide, mais subira son plus gros test de cette jeune saison dans le « Dawg Pound ».

MINNESOTA À SEATTLE, DIMANCHE, 20 h 20

PHOTO TROY TAORMINA, USA TODAY SPORTS

Dalvin Cook (33), des Vikings du Minnesota

Comme l’ont fait les Eagles à Santa Clara, les Vikings ont remporté leur première victoire de la saison à l’étranger et alors qu’ils étaient négligés, dimanche dernier. Bien qu’il soit le meneur du circuit pour les verges au sol avec 424, c’est par la passe que Dalvin Cook pourrait faire mal aux Seahawks, dimanche soir. Les secondeurs des Seahawks ne sont pas les plus agiles et rapides, et le demi de sûreté Jamal Adams ratera un deuxième match de suite, blessé à l’aine. De l’autre côté du ballon, Russell Wilson devrait connaître un autre très bon match puisqu’il sera opposé à une tertiaire inexpérimentée, qui accorde 291,8 verges par match (29e rang de la ligue). Les Seahawks sont les pires de la NFL à ce chapitre (401 verges), alors il devrait se marquer des points à la pelle.