Que Nick Foles ait remplacé Mitchell Trubisky comme quart-arrière partant des Bears de Chicago ne devrait surprendre personne. C’est plutôt le moment où l’entraîneur-chef Matt Nagy a pris la décision qui a étonné.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

Lorsque les Bears ont fait l’acquisition de Foles au cours de la saison morte, il est devenu assez évident que l’organisation n’avait plus beaucoup de confiance en Trubisky. Premier choix du club en 2017, Trubisky avait tout de même gagné ses deux premiers départs de la saison et ne jouait pas si mal avant que Foles n’effectue son entrée dans le match de dimanche à Atlanta. En deux matchs et demi, il avait lancé six passes de touchés contre trois interceptions.

Mais on a vite vu que les Bears formaient une meilleure équipe avec Foles aux commandes. Le joueur par excellence du 52e Super Bowl a orchestré la remontée des Bears, qui ont défait les Falcons, 30-26, après avoir tiré de l’arrière 26-10. L’entrée en scène de Foles a clairement galvanisé ses coéquipiers.

Foles a presque toujours bien joué lorsqu’il a eu la chance d’être bien entouré. À Chicago, il pourra compter sur une défense qui peut et doit élever son niveau de jeu d’un cran, et sur un groupe de joueurs offensifs potables. Menés par le quart-arrière flegmatique qu’est Foles, les Bears devraient lutter pour une place en séries.

Du côté des Falcons, c’est une autre gênante défaite après avoir laissé fondre une avance substantielle. Le propriétaire Arthur Blank est un homme patient, mais ça devient un peu ridicule ce qui se passe avec cette équipe.

Inquiétant pour les Saints

S’il est vrai que l’attaque des Saints a généralement été construite autour d’un jeu de courtes passes depuis plus d’une décennie, il est tout aussi vrai qu’il est très difficile d’avoir un succès soutenu sans pouvoir compter sur la menace du long jeu dans la NFL.

Et comme on a pu le constater dimanche soir, Drew Brees et les Saints ont actuellement beaucoup de difficulté à réussir de longs jeux, sauf lorsqu’Alvin Kamara déjoue tout le monde après avoir capté une courte passe. À l’exception de Kamara, aucun joueur des Saints n’a réussi un jeu de 20 verges ou plus dans leur défaite de 37-30 aux mains des Packers de Green Bay.

Ce qui est peut-être encore plus inquiétant pour les Saints, qui ont perdu leurs deux matchs depuis qu’ils ont battu Tom Brady et les Buccaneers de Tampa Bay en ouverture, c’est que Brees semble de plus en plus hésitant à dégainer derrière sa poche protectrice.

Ce n’est pas le cas du tout pour Aaron Rodgers, qui a excellé pour une troisième partie de suite, dimanche soir. Rodgers a complété quelques longues passes à Allen Lazard, qui a notamment marqué un majeur et ajouté un jeu de 72 verges. Le quart des Packers a lancé neuf passes de touché et aucune interception depuis le début de la saison.

Les Packers et les Saints ont inscrit un total de 67 points, même s’ils jouaient sans leur meilleur ailier espacé respectif, Davante Adams et Michael Thomas. Ça démontre que les deux défenses ont beaucoup de travail devant elles.

Une équipe de premier plan

PHOTO KIRBY LEE, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

L’interception de John Johnson III (notre photo) aux dépens de l’ailier rapproché Tyler Kroft n’en était pas vraiment une et ce fut un jeu déterminant dans la remontée des Rams, qui ont effacé un déficit de 28-3 pour prendre l’avance, 32-28.

Oui, les Rams de Los Angeles ont été victimes d’une pénalité douteuse dans les derniers moments de leur défaite de 35-32 à Buffalo. Mais ils avaient eux-mêmes bénéficié d’une très mauvaise décision des arbitres plus tôt dans la rencontre.

L’interception de John Johnson III aux dépens de l’ailier rapproché Tyler Kroft n’en était pas vraiment une et ce fut un jeu déterminant dans la remontée des Rams, qui ont effacé un déficit de 28-3 pour prendre l’avance, 32-28.

Cette remontée a prouvé que les Rams avaient bel et bien retrouvé leur aplomb de 2018. Les Bills ont quant à eux ensuite prouvé qu’ils devaient maintenant être pris très au sérieux. Josh Allen a mis la dernière touche à sa troisième excellente performance d’affilée lorsqu’il a rejoint Kroft dans la zone payante avec 15 secondes à jouer, sa quatrième passe de touché du match.

La défense des Bills ne joue pas aussi bien qu’elle l’avait fait en 2019, mais possède suffisamment de joueurs de talent pour élever son niveau de jeu de quelques crans au cours des prochaines semaines. Grâce à l’étonnante ascension d’Allen et de l’attaque, il n’y a plus de doute, les Bills forment une équipe de premier plan.

Un bel équilibre chez les Steelers

Les Texans de Houston devaient amorcer leur saison en disputant trois matchs contre les Chiefs de Kansas City, les Ravens de Baltimore et les Steelers de Pittsburgh. Ils ont perdu les trois et leur saison ne tient maintenant plus qu’à un fil. Un calendrier qui est franchement injuste.

Dimanche à Pittsburgh, les difficultés contre la course des Texans se sont poursuivies alors qu’ils ont accordé 169 verges au sol aux Steelers, qui ont grandement profité du retour au jeu de leur garde étoile David DeCastro. Pour la troisième fois en autant de matchs, un demi offensif des Steelers a récolté au moins 100 verges au sol. James Conner a été ce joueur pour un deuxième dimanche.

Pendant plusieurs années, l’attaque des Steelers a essentiellement reposé sur le trio d’étoiles composé de Ben Roethlisberger, Antonio Brown et Le’Veon Bell. Les touches en attaque sont beaucoup mieux réparties à présent, alors que six joueurs ont déjà récolté plus de 100 verges d’attaque.

Grâce à la victoire de 28-21 des Steelers, T. J. et Derek ont remporté le premier « Watt Bowl » contre leur frère aîné. J. J. Watt a terminé la rencontre avec 4 plaqués, le même total que T. J., qui a également réussi un sac clé aux dépens de Deshaun Watson.

Brady et les Bucs ont trouvé leur rythme

PHOTO RON CHENOY, USA TODAY SPORTS

Tom Brady et l’attaque des Buccaneers semblent avoir trouvé leur rythme après une amorce laborieuse à La Nouvelle-Orléans.

C’était contre deux jeunes défenses inexpérimentées (celles des Panthers et des Broncos), certes, mais Tom Brady et l’attaque des Buccaneers semblent avoir trouvé leur rythme après une amorce laborieuse à La Nouvelle-Orléans.

Brady a joué son meilleur match de la saison dans la victoire de 28-10 des Bucs à Denver, dimanche. À défaut d’obtenir beaucoup de verges (108 en trois matchs), Mike Evans a quant à lui déjà inscrit quatre touchés, dont deux d’une verge à Denver.

On a amplement parlé d’Evans, de Chris Godwin, de Rob Gronkowski, de Cameron Brate et d’O. J. Howard avant le début de la saison, mais c’est plutôt Scotty Miller qui semble avoir développé la meilleure complicité avec Brady jusqu’à maintenant. Un receveur du même moule que Julian Edelman et Wes Welker, Miller mène l’équipe avec 167 verges de gains.

La défense des Bucs a bien joué, elle aussi, obtenant notamment six sacs et deux interceptions contre les Broncos. Étonnamment bon lorsqu’il avait remplacé Drew Lock contre les Steelers la semaine précédente, Jeff Driskel s’est retrouvé sur le banc au quatrième quart du match et a été remplacé par un dénommé Brett Rypien. Lock ratera minimalement encore quelques semaines en raison de sa blessure à une épaule.

C’est au sol que ça se passe

C’est peut-être parce qu’ils avaient joué lundi soir, mais les Raiders de Las Vegas ne semblaient pas trop pressés de plaquer les porteurs de ballon des Patriots, dimanche après-midi, à Foxboro. C’est un total de 250 verges que les Raiders se sont fait enfoncer dans le bec par les Patriots, qui mènent actuellement la NFL avec 534 verges au sol.

On se doutait bien que Bill Belichick et les Pats s’appuieraient sur leur jeu au sol plus que jamais en 2020 et c’est précisément ce qui se passe. Cam Newton s’est ajouté à une attaque qui était déjà très bien nantie en coureurs grâce à des demis comme Sony Michel, Rex Burkhead et James White.

White a raté un deuxième match consécutif depuis la mort tragique de son père dans un accident de la route. Les Patriots lui ont d’ailleurs dédié leur victoire de 36-20 contre les Raiders.

Après avoir saisi 12 passes pour 105 verges lors de son match précédent, l’ailier rapproché Darren Waller a été limité à deux attrapés pour neuf petites verges contre les Patriots. Afin de l’emporter, vos meilleurs joueurs doivent normalement être vos meilleurs joueurs, comme le veut l’expression. Mais le match de dimanche a démontré une fois de plus que vos meilleurs joueurs sont très rarement vos meilleurs joueurs lorsque vous affrontez Bill Belichick.

Wentz à la croisée des chemins ?

PHOTO LAURENCE KESTERSON, ASSOCIATED PRESS

Ça ne s’améliore manifestement pas pour Carson Wentz et les Eagles de Philadelphie, qui ont dû se contenter d’un match nul de 23-23 contre les Bengals de Cincinnati, dimanche.

Ça ne s’améliore manifestement pas pour Carson Wentz et les Eagles de Philadelphie, qui ont dû se contenter d’un match nul de 23-23 contre les Bengals de Cincinnati, dimanche. À un point tel que l’entraîneur-chef Doug Pederson a senti le besoin de donner un vote de confiance à son quart-arrière, lundi.

Wentz joue derrière une ligne poreuse, qui est de plus en plus problématique en raison de l’absence de quelques joueurs importants, dont le garde Brandon Brooks. Qui plus est, les groupes de demis offensifs et d’ailiers espacés autour de lui sont très ordinaires.

Cela étant dit, Wentz a l’air d’un joueur de 40 ans sur le terrain. Tout semble pénible et l’attaque des Eagles doit travailler d’arrache-pied pour chaque verge qu’elle obtient. Les blessures ont clairement eu un gros impact sur le jeu de Wentz.

Et si les Bengals ne trouvent pas de meilleures façons de protéger Joe Burrow, il risque de subir un sort similaire à celui de Wentz. Burrow a été victime de huit sacs contre les Eagles et de 14 depuis le début du calendrier régulier, un sommet dans la NFL.