Bombe à Washington. Une autre en quelques jours dans l’entourage de l’équipe de la NFL qui portait jusqu’à tout récemment un nom hérité d’une autre époque.

La Presse

Cette fois, elle vient d’un article fort étoffé paru en fin d’après-midi sur le site du Washington Post. On y apprend que 15 anciennes employées de l’organisation disent avoir été victimes de harcèlement sexuel et de violence verbale de la part d’anciens membres de l’équipe, dont certains de la garde rapprochée du propriétaire Daniel Snyder.

Parmi ceux qui sont visés, il y a l’ancien directeur du personnel des joueurs Alex Santos, son ancien adjoint Richard Mann II, ainsi que le commentateur de longue date et vice-président senior Larry Michael. Les trois ont quitté l’organisation au cours de la dernière semaine.

Les autres noms cités dans l’article : l’ancien président des opérations commerciales Dennis Greene et le directeur des opérations Mitch Gershman. Avec Larry Michael, ils étaient considérés comme appartenant à la garde rapprochée de Snyder.

Le propriétaire, personnellement, n’est pas visé par les allégations. Même chose pour l’ancien directeur général Bruce Allen, congédié en décembre dernier. Snyder a décliné plusieurs demandes d’entrevue du Washington Post. La NFL, pour sa part, questionnée par ESPN, n’a pas voulu émettre de commentaires.

L’Associated Press a confirmé que Snyder avait fait appel à une firme d’avocats du District de Columbia pour passer en revue la culture de l’équipe, ses politiques ainsi que les allégations de mauvaise conduite en milieu de travail. Beth Wilkinson, de Wilkinson Walsh LLP, a confirmé que la firme avait été retenue pour effectuer un examen indépendant. Le réseau ESPN a été le premier à rapporter cette information.

Dans un communiqué, l’équipe a déclaré qu’elle traitait avec sérieux les questions relatives au comportement des employés et qu’elle réagissait promptement lorsque de nouvelles allégations lui étaient rapportées concernant des faits qui vont à l’encontre de ses politiques.

Dans un message texte envoyé à ESPN, l’entraîneur-chef de l’équipe de Washington, Ron Rivera, qui occupe ce poste depuis janvier dernier, a promis que « la culture allait changer ».

« L’important est d’avancer après tout cela et de s’assurer que tout le monde comprenne qu’il y a des règles à suivre et que notre porte est toujours ouverte, sans crainte de représailles. Sans compter que ma fille travaille pour l’équipe et je vous garantis que je ne tolérerai rien de tout cela [I sure as hell am not going to allow any of this] ! »

Les allégations

Les allégations de harcèlement sexuel et de climat de travail toxique proviennent de 15 femmes et couvrent les années 2006 à 2019. Une seule a accepté de dévoiler son identité, plusieurs ayant signé des accords de confidentialité.

Voyez la vidéo d’Emily Applegate, une ancienne employée des Redskins, qui dit avoir été victime de harcèlement sexuel.

Emily Applegate affirme que Gershman aurait commis des violences verbales à son endroit et aurait commenté son apparence. « Je me souviens à peine d’elle, a dit Gershman, qui a quitté l’équipe en 2015, au Washington Post. J’ai adoré travailler pour les Redskins. Je m’excuse à quiconque considère que j’ai commis des violences verbales. »

Santos (congédié cette semaine) aurait tenu des commentaires déplacés à propos de leur corps ou aurait fait des avances inconvenantes à six anciennes employées et deux membres des médias. Il a refusé de s’exprimer sur ces allégations.

Mann (congédié aussi), dans un message texte obtenu par le Post, aurait transmis à une employée une conversation avec des collègues dans laquelle ils se demandaient si elle avait eu recours à une augmentation mammaire. Il s’est aussi refusé à tout commentaire.

Greene, quant à lui, a remis sa démission en mai 2018 après que l’on eut appris qu’il avait « vendu » l’accès aux cheerleaders de l’équipe. Il aurait encouragé les employées de l’équipe des ventes à porter des vêtements révélateurs et à flirter avec les détenteurs de loges. Il a aussi refusé de commenter les allégations dont il fait l’objet.

Enfin, sept employées affirment que Michael (qui a annoncé sa retraite mercredi) parlait régulièrement de leur apparence physique d’une manière sexualisée. Un avocat représentant Michael a dit qu’il n’avait « pas de commentaires [à formuler] pour le moment ».

ESPN rapportait en après-midi jeudi que deux actionnaires minoritaires tentaient activement de vendre leur participation dans l’équipe.

— Avec l’Associated Press, La Presse canadienne et ESPN