On va se le dire, en ces temps à la fois difficiles et un peu moches, on a tous besoin de se faire raconter une bonne histoire, pleine de bons moments et de bribes d’espoir en vue de jours meilleurs. Eh bien, nous en avons justement une très bonne à proposer.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Elle s’appelle Friday Night Lights. Peut-être en avez-vous déjà entendu parler ? Depuis sa parution originale en format papier, sous la forme d’un fabuleux livre écrit par H.G Bissinger en 1990, cette histoire a été transposée au grand écran en 2004, puis au petit écran en 2006, sous la forme d’une série télé qui aura duré cinq ans. Mais nous allons ici nous concentrer sur l’option cinéma, c’est-à-dire le film, réalisé de main de maître par Peter Berg, en 2004.

Pourquoi le film ? Parce qu’il s’agit, fort probablement, de l’un des meilleurs films jamais réalisés sur un sujet sportif.

Commençons donc par résumer l’histoire, si vous le voulez bien. En gros, il s’agit d’un récit sur une petite équipe dans une petite école secondaire d’une petite ville du Texas. Le titre fait référence aux matchs de football des écoles secondaires américaines, qui sont en général présentés le vendredi soir à l’automne.

Ici, c’est la saison de l’équipe de l’école secondaire Permian, de la ville d’Odessa, qui est racontée. La distribution n’offre aucun gros nom, mis à part celui de Billy Bob Thornton, excellent dans le rôle de Gary Gaines, le coach de l’équipe.

Dès les premières minutes, le ton est d’ailleurs donné assez vite : « Coach Gaines, pensez-vous pouvoir mener l’équipe au championnat des écoles secondaires du Texas ? » L’entraîneur paraît un peu surpris par cette question qu’on lui pose un peu partout en ville, mais il comprend aussi dans quoi il s’est embarqué.

Aux États-Unis, et particulièrement au Texas, le football est une porte de sortie, un tremplin vers les sommets, vers l’argent, et aussi vers un monde meilleur. Un monde bien meilleur.

À ce sujet, les personnages de Friday Night Lights sont des cas. Il y a le quart-arrière, élevé par une mère chef de famille monoparentale, qui comprend assez vite qu’il ne sera plus rien le jour où le football va cesser. Il y a le demi offensif, qui doit composer avec la frustration récurrente d’un père alcoolique, qui veut le voir réussir là où il a lui-même échoué. Et puis enfin, et surtout, il y a le porteur de ballon vedette du club, Boobie Miles, qui est élevé par un oncle peu scrupuleux, et qui se définit seulement par ce qu’il est capable d’accomplir sur le terrain. Quand une blessure à un genou vient ruiner sa saison, ce pauvre Boobie ne sait plus trop comment réagir…

En voyant tout ça, on essaie de se rappeler qu’à la base et au départ, le football, comme le hockey, le baseball ou le soccer, est avant tout un jeu, et rien qu’un jeu. Il y a des comportements parentaux dans ce film qui dépassent l’entendement, et il faudrait peut-être, tout le monde ensemble, les avoir en mémoire pour éviter de les reproduire un jour dans les gradins du Québec. Ce ne serait pas chic.

C’est vrai qu’il y a des bouts de tragédie dans Friday Night Lights, mais vers la fin, il y a aussi de l’espoir. L’espoir de cette équipe peut-être pas aussi talentueuse que les autres, peut-être pas aussi grosse, mais tout de même capable de se hisser vers le haut de par sa seule volonté de vouloir y arriver.

C’est le message qu’il faut retenir. Alors comme maintenant.