Le portrait continue de se préciser à la tête des Carabins de l’Université de Montréal.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Après la nomination de Marco Iadeluca comme entraîneur-chef et la promotion d’Anthony Calvillo comme coordonnateur à l’attaque, voilà que les Bleus ont rapatrié Denis Touchette. On lui a confié les rênes de la défense, un rôle qu’il a déjà rempli de 2006 à 2011.

À sa dernière saison à l’UdM, Touchette avait côtoyé Iadeluca, qui était alors le patron de l’attaque. Les deux hommes avaient fraternisé et sont toujours demeurés en contact depuis.

« On a d’abord coaché l’un contre l’autre, puis ensemble, puis encore l’un contre l’autre, mais notre amitié est toujours restée après les Carabins, a raconté l’entraîneur-chef lors d’un point de presse, vendredi. Denis va pouvoir nous aider au niveau du recrutement, car il incarne la stabilité et la confiance pour les footballeurs de la province. »

Voilà en effet une trentaine d’années que Touchette roule sa bosse dans l’univers du ballon ovale québécois. Il a remporté 15 Bols d’Or, avec les Cactus du collège Notre-Dame, au secondaire, et avec les Spartiates du Vieux-Montréal, dans les rangs collégiaux. Il était d’ailleurs le coordonnateur défensif des Spartiates avant d’accepter de rejoindre les Carabins de nouveau.

Depuis quelques années, il occupe en outre un poste de direction à Notre-Dame, qu’il délaissera à la fin de l’année scolaire pour se consacrer à temps plein aux Carabins.

De fait, c’est l’amalgame entre le sport et l’éducation a constitué le fil conducteur de sa carrière. « Au football universitaire, on pense bien sûr à la victoire, mais il y a beaucoup plus que ça, a-t-il dit vendredi. L’encadrement des étudiants-athlètes, c’est important pour moi. J’ai passé toute ma vie dans l’éducation, ça n’a pas changé. »

Il affirme avoir déjà rencontré quelques joueurs, et ceux-ci l’ont impressionné « par leur attitude et leur façon d’être ».

« Je les ai aussi vus sur film : ce sont des joueurs dévoués, engagés, a-t-il salué. Il y a beaucoup de bons joueurs qui sont aussi de bons gars. Le talent ne suffit pas : ça prend plus que ça. »

Expérience

En Touchette, Marco Iadeluca est heureux d’avoir trouvé un homme d’expérience pour compléter un groupe d’entraîneurs plus jeunes construit sur la « diversité » des personnalités. « Pour moi, c’était un choix évident », a-t-il insisté.

« Quand tu prends en main un programme qui vient de jouer à la coupe Vanier, qui est toujours dans l’élite de la ligue depuis 10 ans, ça prend quelqu’un d’établi, de prêt à nous aider à gagner dès aujourd’hui », a-t-il encore dit.

De fait, Touchette se dit conscient qu’il se joint à une escouade qui ne part pas de zéro. Les Carabins ont joué en finale canadienne à trois reprises depuis 2014 – ils ont d’ailleurs remporté le titre cette année-là. Et ils ont atteint la finale québécoise chaque année, sans interruption, depuis 2013.

Depuis trois saisons, la défense des Bleus a accordé moins de 10 points par match en moyenne dans la conférence québécoise.

Il se pourrait que quelques joueurs quittent le giron de l’équipe s’ils sont repêchés par la Ligue canadienne de football au cours des prochaines semaines. Mais au moins huit partants sont censés être de retour, et d’autres joueurs qui ont grandi dans l’organisation sont prêts à prendre du galon, assure Iadeluca.

Pour décrire l’identité des unités dirigées par son nouveau collègue, l’entraîneur-chef évoque le mot « agressivité ».

Touchette, lui, évoque l’intensité, la rigueur.

« C’est sûr que j’ai un travail d’analyse et d’évaluation à faire, mais c’est ensemble, eux et moi, qu’on va bâtir pour la suite. On va bien travailler. »

« Ensemble », prend-il soin de répéter.

Les joueurs feraient mieux de s’habituer à entendre ce mot, car il risque de résonner souvent à compter du camp d’entraînement.