À tort ou à raison, la NFL accorde une très grande importance aux résultats des espoirs lorsqu’ils font des exercices individuels, que ce soit lors d’un « Pro Day » ou dans un camp d’évaluation comme le « combine » annuel. C’est donc un coup de circuit qu’a frappé le Québécois Marc-Antoine Dequoy, lundi.

Miguel Bujold Miguel Bujold
La Presse

C’était le « Pro Day » du demi défensif des Carabins de l’Université de Montréal, lundi matin à Lachine, et le Québécois s’est illustré grâce à plusieurs résultats impressionnants. Si Dequoy avait obtenu les mêmes chiffres lors du « combine » annuel de la NFL, la semaine dernière, il aurait terminé parmi les premiers chez les demis de sûreté dans plusieurs catégories, dont au tout premier rang au sprint de 40 verges avec un excellent chrono de 435 secondes.  

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« Je savais qu’une journée comme celle-ci me permettrait de me mettre en valeur avec de bons résultats », a commenté Dequoy, qui se remet actuellement d’une fracture à un avant-bras, qui l’a notamment empêché de faire l’exercice de « bench press », lundi.  

« Mais je ne voulais pas trop me déconcentrer en pensant trop aux objectifs que je m’étais fixés. Je voulais simplement performer à la hauteur de mes capacités. »

Le directeur général des Alouettes, Danny Maciocia, a dirigé Dequoy chez les Carabins lors des quatre dernières années. Présent au « Pro Day » de son ancien joueur, Maciocia n’était pas surpris du tout de le voir performer aussi bien.

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Marc-Antoine Dequoy et Danny Maciocia

« J’ai envoyé un message à Tom Gamble [son adjoint chez les Alouettes] plus tôt ce matin en lui disant qu’il obtiendrait des résultats incroyables, et c’est ce qui s’est produit. »

« Marc-Antoine fait une très bonne lecture du ballon lorsqu’il est dans les airs et il est très dangereux lorsqu’il l’intercepte. Il devra toutefois continuer de travailler sur sa couverture homme à homme », a analysé Maciocia.

Il serait surprenant que Dequoy soit repêché par une équipe de la NFL, en avril. En revanche, il fait maintenant peu de doute qu’il obtiendra un essai avec l’une ou plusieurs équipes du circuit Goodell.

« J’ose le croire, mais il reste que le football, ce n’est pas seulement le talent athlétique. Je pense que j’ai démontré au cours des quatre dernières années que j’étais un bon joueur de football, et aujourd’hui, j’ai démontré que j’étais un bon athlète. »

Sasha Ghavami, l’agent de Dequoy, estime qu’il sera beaucoup plus facile d’intéresser des organisations de la NFL à son client suite à sa performance de lundi.  

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« On avait confiance qu’il aurait de bons résultats, mais c’est une chose d’en parler et de faire des projections, puis de le faire. Il a dépassé nos attentes », a commenté Ghavami.

« Mon travail est parfois difficile du fait que plusieurs agents vont prétendre certaines choses au sujet de leurs joueurs. Les équipes prennent ça avec un grain de sel. Alors je savais que dans le cas de Marc-Antoine, ce serait préférable de communiquer avec les équipes après son “Pro Day”. Maintenant que les résultats ont été confirmés par des dépisteurs de la NFL, ils ont une très grande valeur », a ajouté l’agent.

Deux dépisteurs de la NFL étaient présents, dont la Québécoise Catherine Raîche, qui a profité de sa présence à Montréal pour représenter les Eagles de Philadelphie. Raîche est la coordonnatrice des opérations football des Eagles depuis l’été dernier.

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Catherine Raîche et Anthony Calvillo

Le dépisteur Brad Obee représentait quant à lui les Bears de Chicago. Raîche et Obee n’ont toutefois pas la permission de leur équipe pour répondre aux questions des journalistes. Des dépisteurs des Alouettes et des Tiger-Cats de Hamilton ont également assisté à l’événement organisé par les Carabins.   

Dans les mois qui ont mené à son « Pro Day » de lundi, Dequoy a fait deux séjours à Knoxville au Tennessee, où il s’est entraîné et a pu côtoyer certains joueurs de la NFL, dont le demi de sureté Harrison Smith, des Vikings du Minnesota. Smith a donné quelques conseils à Duquoy.

« Il m’a fait remarquer qu’il n’y aurait pas de limites de temps lors de mon “Pro Day” et que je pourrais faire les exercices à mon rythme. Que je ne serais pas obligé de finir le plus rapidement possible », a expliqué Dequoy, qui serait probablement utilisé comme demi de sûreté s’il jouait dans la NFL.

À 6’2 et demie et explosif comme il est, Dequoy possède certaines des mêmes qualités que Smith. Le joueur des Vikings est donc un modèle à suivre.  

« C’est sûr que j’aimerais devenir le genre de joueur qu’il est, mais je ne vais pas me comparer à Harrison Smith », a toutefois sagement répondu Dequoy lorsqu’on lui a demandé s’il voyait des similitudes dans son jeu et celui de Smith.

Joueur défensif par excellence du RSEQ en 2018, Dequoy a totalisé 12 interceptions de 2017 à 2019 en incluant les matchs éliminatoires. Son potentiel considérable et ses résultats de lundi piqueront assurément la curiosité de certaines équipes de la NFL.  

« Ça va forcer les équipes à aller évaluer les bandes vidéo. Tout ce qu’on peut demander dans la NFL, c’est d’obtenir une chance », a résumé Ghavami, qui représente notamment Laurent Duvernay-Tardif et Antony Auclair dans la NFL.