(MIAMI) Laurent Duvernay-Tardif savait essentiellement à quoi s’attendre de la fameuse soirée d’ouverture de la semaine du Super Bowl, événement qui était appelé le « Media Day » il y a quelques années. Ça ne l’a tout de même pas empêché d’être impressionné.

MIGUEL BUJOLD MIGUEL BUJOLD
La Presse

« Je pensais qu’on venait faire des entrevues en étant tranquilles et relaxes, mais il y a plus de mille reporters qui sont ici aujourd’hui. C’est complètement fou. C’est là qu’on se rend compte que c’est un événement [le Super Bowl] qui transcende le football et que le monde entier regarde.

« Vous me connaissez, j’avais fait mes devoirs et j’étais prêt. Je m’attendais à ça. C’est quand même un cirque, et c’est spécial de voir autant de caméras de différents pays. On peut voir que le Super Bowl, c’est plus que la finale du sport favori des Américains. C’est un sport qui rayonne partout à l’international. »

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Les Chiefs prennent un bain de foule.

À moins d’une semaine du 54e Super Bowl, qui sera disputé dimanche soir à 18 h 30, les Chiefs de Kansas City et les 49ers de San Francisco ont répondu aux questions des centaines de journalistes présents au Marlins Park à Miami, comme le veut la tradition. Mais pour la première fois, des centaines de partisans pouvaient également assister à l’événement à quelques mètres du terrain sur lequel les entrevues se déroulaient, ce qui ajoutait à l’ambiance de carnaval. De nombreux partisans scandaient les noms de leurs joueurs favoris, ce qui ne facilitait certainement pas le boulot des journalistes…

Je veux absorber le moment parce que je sais que ça n’arrive pas à tout le monde. C’est un privilège pour moi.

Laurent Duvernay-Tardif, qui ne veut toutefois pas perdre l’objectif de vue

« Je veux être ici et je n’échangerais ça pour rien au monde, mais il reste une semaine de football à jouer. C’est très important de tout donner pour décortiquer la défense adverse et d’être dans notre meilleure forme possible, physiquement et mentalement, pour bien performer.

« Je suis dans un bon état d’esprit en ce moment. J’en profite, c’est plaisant d’être avec ses coéquipiers, car on le sait que c’est la dernière semaine de football de l’année, peu importe ce qui se déroulera. »

Trop de demandes

Duvernay-Tardif a expliqué qu’il avait eu accès à une quinzaine de billets pour la rencontre de dimanche. Ses proches arriveront à Miami vendredi et samedi, comme ils le font normalement lorsqu’ils viennent le voir jouer à Kansas City.

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Derrick Nnadi, des Chiefs, prend un égoportrait avec des partisans.

« C’était important pour moi que mes parents, Sasha [Ghavami] et ma copine soient là. Pour ce qui est du reste, ce sont des amis proches et des coachs qui ont eu une influence dans ma vie.

« C’est sûr que c’est très exigeant, car il y a tellement de monde qui me demande des billets ou qui veut avoir accès à ceci ou cela. Je pense que c’est important de dire non aussi.

« C’est mon moment. Je veux le partager avec le plus grand nombre de gens possible, mais en même temps, je me rends compte que si je veux me rappeler positivement toute cette expérience, il faut gagner le match. Et pour ça, il faut mettre les efforts et la concentration, et il faut donc savoir dire non. »

Au lit à 22 h 30

Le garde sait qu’il devra également savoir dire non d’autres façons cette semaine. Il évitera de trop profiter de la vie nocturne de Miami et des nombreuses activités en marge du Super Bowl.

« On peut avoir de bons souvenirs même en restant à l’hôtel. C’est ça, une équipe. C’est d’être capables d’avoir du plaisir ensemble. Je me couche à 22 h 30 à Kansas City et c’est la même chose ici. La meilleure façon de faire face à ce cirque médiatique, c’est de continuer à faire ce qui a bien fonctionné au cours des 20 dernières semaines.

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Les quarts-arrières Patrick Mahomes (Chiefs) et Jimmy Garoppolo (49ers)

« C’est tellement important de gagner le match, pour nous individuellement, mais aussi pour les fans de Kansas City et l’histoire des Chiefs. On est tous conscients de ça et on prend les bouchées doubles. »

Un impact sur le football québécois

Duvernay-Tardif a déjà eu un très grand impact sur la jeunesse québécoise depuis qu’il a atteint la NFL. Notamment grâce à sa fondation qui insiste sur l’importance pour les enfants d’atteindre le juste équilibre entre l’école, le sport et les arts.

En participant au Super Bowl, le joueur de 28 ans aura cette fois un impact sur les jeunes joueurs de football de la province.

« Tant mieux si ça a un impact positif. On a entendu tellement de choses négatives à propos du football à cause des commotions cérébrales. Alors je pense qu’on était dû pour avoir de bonnes nouvelles au football. Si je peux rassembler les jeunes autour de ce magnifique sport, qui a changé ma vie, c’est sûr que j’aimerais pouvoir le faire. »