Ce n'est que depuis quelques semaines que les rumeurs de la vente des Alouettes alimentent les discussions publiquement. Mais cela fait des mois que le club parle de cette possibilité avec des investisseurs potentiels.

Mis à jour le 28 mars 2019
Miguel Bujold LA PRESSE

Bien que la famille Wetenhall et les Alouettes n'aient toujours rien confirmé, la concession changera probablement de mains dans un proche avenir. L'option d'accueillir un ou des investisseurs plutôt que de vendre l'équipe en entier n'aurait toutefois toujours pas été écartée.

L'homme d'affaires et ancien joueur Éric Lapointe a manifesté son intérêt d'acheter l'équipe et est à la tête d'un groupe d'investisseurs potentiels. Si d'autres groupes ou personnes sont intéressés, ils ne l'ont toujours pas indiqué publiquement.

Ce que l'on sait, c'est que le commissaire de la Ligue canadienne de football (LCF), Randy Ambrosie, est très impliqué dans le dossier. Il y a deux semaines, Ambrosie a expliqué qu'il travaillait de concert avec les Wetenhall et le président du club, Patrick Boivin, afin de trouver la meilleure solution pour aider les Alouettes.

En marge du camp d'évaluation des espoirs de la LCF, le week-end dernier à Toronto, Ambrosie a dit à RDS que la nouvelle ère des Alouettes ne tarderait pas à commencer.

Selon une grande majorité de gens, la meilleure solution pour la santé des Alouettes est la vente de l'équipe à des intérêts locaux. La contribution de la famille Wetenhall aux Alouettes et au football dans la province a été immense. Sans eux, l'équipe serait probablement repartie aussi vite qu'elle était revenue au milieu des années 90.

Cela dit, on voit mal comment les Alouettes pourraient susciter beaucoup d'intérêt sans l'arrivée de Québécois bien connus du public avec le club. Car à court terme, il est loin d'être assuré que l'équipe sera compétitive sur le terrain. En ce sens, l'arrivée de visages connus injecterait de l'enthousiasme et donnerait un peu de temps à l'organisation pour renverser la vapeur.

Les assistances au stade Percival-Molson ont diminué substantiellement au cours des cinq dernières années. Le nombre d'abonnements de saison aurait fondu d'au moins 50 % durant cette période, selon nos informations.

Et s'il n'y a pas d'électrochoc, ça risque de se poursuivre cet été.

Les Alouettes semblent d'ailleurs s'y être préparés si l'on se fie à la réduction du nombre de sièges qui seront disponibles les jours de match.

Le facteur baseball

Les Wetenhall envisagent de se défaire des Alouettes parce qu'ils sont tannés de perdre de l'argent. Il y a cependant un autre facteur important qui se cache peut-être derrière leur décision.

En entrevue avec La Presse avant le début de la saison dernière, Andrew Wetenhall avait avoué que le spectre d'un retour du baseball majeur à Montréal l'inquiétait beaucoup. Le projet semble bien progresser, comme on le sait. Le vétéran journaliste Buster Olney (ESPN) a même écrit qu'une source travaillant au sein du baseball majeur lui avait essentiellement dit que Montréal était la première ville sur les rangs s'il y avait expansion.

On peut présumer que la valeur des Alouettes n'a jamais été aussi basse depuis que Robert Wetenhall a acheté l'équipe en 1997. L'arrivée d'une équipe de baseball la ferait probablement dégringoler encore un peu plus.

Quant à la LCF, elle préférerait sûrement que le montant de la vente des Alouettes reste confidentiel. Si l'on apprenait que la concession a été vendue pour des miettes, ce qui n'est pas exclu compte tenu du peu d'actifs que possèdent les Alouettes, l'image de la ligue en souffrirait.

C'est d'ailleurs possiblement pour cette raison qu'Ambrosie et la ligue servent en quelque sorte d'intermédiaires dans le dossier. RDS a même rapporté le week-end dernier que la ligue pourrait acheter la concession des Wetenhall avant de la revendre à l'un des groupes intéressés.

Ultimement, la LCF a besoin de Montréal, le deuxième marché en importance du circuit. Les Argonauts de Toronto ont reçu de l'aide de la ligue au fil des ans, ce qui laisse croire que les Alouettes pourraient obtenir un coup de pouce du circuit Ambrosie à leur tour alors qu'ils tentent de redresser leur situation.

Quel sort pour Reed et Sherman?

Sur le plan football, doit-on s'attendre à des changements importants si les Alouettes sont vendus prochainement?

Le camp du club s'amorcera dans sept semaines, ce qui complique les choses. Tout chambarder et réécrire les livres de jeux en aussi peu de temps serait courir à la catastrophe. L'entraîneur-chef Mike Sherman devrait donc normalement commencer la saison à la barre de l'équipe, peu importe le dénouement de la situation.

Kavis Reed? Un changement de directeur général aurait certes moins d'implications qu'un nouvel entraîneur-chef à court terme. Mais encore là, ce n'est pas l'idéal de changer de DG aussi près d'une nouvelle saison.

Toutes ces décisions reviendront au nouveau propriétaire du club, si nouveau propriétaire il y a. Si la LCF devait prendre possession des Alouettes pour une période transitoire, le statu quo est probable.