Un dimanche de championnats complètement fou. Pour les bonnes raisons, mais aussi pour les mauvaises.

Publié le 21 janv. 2019
MIGUEL BUJOLD LA PRESSE

Pour la première fois de l'histoire de la NFL, deux matchs éliminatoires se sont terminés en prolongation le même jour. Les Rams de Los Angeles et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, qui s'affronteront au Super Bowl le 3 février, de même que les Saints de La Nouvelle-Orléans et les Chiefs de Kansas City nous ont offert du jeu aussi intense que spectaculaire. Mais les arbitres ont gâché la fin du premier match et ont multiplié les décisions douteuses dans le second.

C'est carrément une mauvaise décision des arbitres qui a coûté une place au Super Bowl aux Saints. À un tel point que la Ligue s'est excusée auprès de l'entraîneur-chef Sean Payton et des Saints pour n'avoir pas sévi aux dépens de Nickell Robey-Coleman.

Le demi de coin des Rams avait clairement fait de l'interférence sur le receveur Tommylee Lewis. Si une pénalité avait été appelée sur le jeu en question, les Saints auraient écoulé le temps qu'il restait au quatrième quart avant de tenter un placement de 19 verges pour la victoire.

Payton était en furie, et avec raison. Il a expliqué lors de son point de presse que la Ligue lui avait indiqué que les arbitres avaient erré, ce qui était l'évidence pour n'importe qui avec une paire d'yeux. Mais ça ne changera bien sûr rien au résultat. Les Saints se sont fait voler leur chance de jouer au Super Bowl par l'incompétence des arbitres.

Les équipes travaillent d'arrache-pied durant des mois afin de pouvoir remporter des championnats. Et avec la légalisation des paris sportifs dans des dizaines d'États chez nos voisins américains, l'arbitrage sera sous la loupe plus que jamais. Il se parie des centaines et des centaines de millions tous les ans sur les matchs de la NFL.

Avec toute la technologie dont peut profiter la NFL de nos jours, ça n'a aucun sens de ne pas l'utiliser du mieux qu'elle le peut afin d'éviter des gâchis comme celui d'hier au Superdome. Oui, les matchs pourraient durer 10 ou 15 minutes de plus. Mais c'est un bien petit prix à payer pour obtenir l'assurance que les résultats seront le plus justes possible.

Zuerlein et les unités spéciales

Ils ont obtenu un coup de pouce des arbitres, mais les Rams méritent des éloges pour leur victoire de 26-23. Ils ont bien résisté à la tempête qui a déferlé sur eux en début de match.

C'est le jeu-surprise sur les unités spéciales qui a changé le cours du match, en l'occurence la passe du botteur Johnny Hekker. Les unités spéciales des Rams ont généralement été les plus performantes de la ligue au cours des dernières années, et ça s'est poursuivi hier.

En plus du jeu de Hekker, l'autre botteur des Rams, Greg Zuerlein, a réussi quatre placements. Son botté de 48 verges avec 15 secondes à faire a envoyé le match en prolongation et son placement victorieux était d'une distance de 57 verges.

Lors du premier match éliminatoire à l'étranger de sa carrière, le quart-arrière Jared Goff a mis du temps à se mettre en marche, mais il a été impeccable en deuxième demie. On peut dire la même chose de la défense des Rams, qui est parvenue à neutraliser Drew Brees lorsque c'était essentiel de le faire.

Un an après avoir été éliminés par les Vikings du Minnesota sur le dernier jeu du match, un improbable touché de Stefon Diggs, les Saints ont subi une autre cruelle défaite. Espérons au moins que le match d'hier servira à convaincre la Ligue de trouver des solutions pour améliorer la qualité de son arbitrage et d'éliminer les controverses du mieux qu'elle le peut.

Encore les Patriots

À Kansas City, Patrick Mahomes et les Chiefs n'ont jamais abdiqué dans un match qui se dessinait comme un massacre similaire à celui de la semaine dernière entre les Patriots et les Chargers de Los Angeles.

Utilisant leur jeu au sol afin de contrôler l'horloge, les Patriots menaient 14-0 après 30 minutes de jeu. Leur première série a duré plus de huit minutes, ce qui a donné le ton. De l'autre côté du ballon, Mahomes et les Chiefs n'ont obtenu que trois premiers jeux avant l'intermission, et le jeune quart a été victime de trois sacs.

D'ailleurs, Laurent Duvernay-Tardif n'était pas en uniforme pour le match d'hier et sa présence aurait probablement aidé le milieu de la ligne offensive des Chiefs, qui en a arraché.

Bill Belichick réussit toujours à éliminer ce que l'adversaire fait de mieux, et ce fut le cas contre les Chiefs. Tyreek Hill n'a capté qu'une seule passe pour 42 verges, et Travis Kelce en a saisi trois pour des gains de 23 verges...

Les Chiefs ont joué avec plus de confiance et d'inspiration à partir du troisième quart, et Mahomes est venu bien près de voler le match. Mais Tom Brady a gardé le meilleur pour la fin, lui aussi, et a orchestré deux belles séries, dont celle pour le majeur qui a mis fin à la rencontre en prolongation.

Les Chiefs ont une bonne jeune équipe, qui devrait lutter pour les grands honneurs pour plusieurs années. Ils devront cependant s'améliorer en défense. Les chasseurs de quarts Justin Houston et Dee Ford ont été invisibles, alors que Brady n'a été victime d'aucun sac.

Grâce à leur victoire de 37-31, les Patriots accèdent au Super Bowl pour une troisième année de suite et pour une neuvième fois dans l'ère Belichick-Brady. Les deux hommes affronteront la même équipe que lors de leur premier Super Bowl, il y a 17 ans.

À cette époque, Kurt Warner et les Rams étaient plus expérimentés que les Patriots. Les rôles seront inversés dans deux semaines.