Ce n’est pas de cette façon que ça devait se dérouler à Atlanta. Construits autour de joueurs étoiles à l’apogée de leur carrière comme Matt Ryan, Julio Jones et Grady Jarrett, les Falcons devaient aspirer aux plus grands honneurs à leurs premières saisons dans leur nouveau stade.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

Mais deux ans après l’ouverture du bijou qu’est le Mercedes-Benz Stadium, les Falcons montrent une désastreuse fiche de 1-6 et les gradins se vident. Selon l’Atlanta Journal-Constitution, il y aurait entre 10 000 et 15 000 spectateurs de moins que ne l’annonce officiellement l’équipe lors de certains matchs. En regardant les parties des Falcons au petit écran, on remarque des sections de gradins plutôt clairsemées.

Le propriétaire des Falcons, l’homme d’affaires Arthur Blank, a eu un bon flash en demandant aux concessions alimentaires dans son stade de diminuer leurs prix notablement. En revanche, les billets sont particulièrement chers, trop, de l’avis de certains.

Une défense lamentable

Alors comment expliquer la décevante saison des Falcons ? Il faut d’abord regarder du côté de la défense. L’unité est 31e pour les points accordés par match ; 27e pour les verges ; 28e contre la passe ; et 20e contre la course. Bref, elle est faible sur tous les plans.

PHOTO KIRBY LEE, USA TODAY SPORTS

Dan Quinn, entraîneur-chef des Falcons d’Atlanta

Le jeu défensif est pourtant la spécialité de l’entraîneur-chef Dan Quinn, qui était le coordonnateur défensif des Seahawks de Seattle lorsqu’ils ont participé au Super Bowl en 2013 et en 2014. Depuis qu’il dirige les Falcons, Quinn n’a jamais été en mesure d’élever le jeu d’une unité qui manque de chien depuis toujours.

Mais les problèmes ne se limitent pas à la défense. Ryan a été victime de huit interceptions en sept matchs, ce qui est déjà une de plus que lors des saisons 2018 et 2016. Il a également été victime de 19 sacs et est actuellement blessé à une cheville. S’il est incapable d’affronter les Seahawks, demain, il ratera son premier match depuis 2009, lui qui n’a manqué que deux rencontres depuis le début de sa carrière, en 2008.

Du travail à faire

Les Falcons ont échangé Mohamed Sanu aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre contre un choix de deuxième tour au début de la semaine, mais ils possèdent tout de même l’un des bons duos d’ailiers espacés du circuit avec Jones et Calvin Ridley.

PHOTO RICK SCUTERI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le receveur Mohamed Sanu a été échangé aux Patriots de la Nouvelle-Angleterre, au début de la semaine, contre un choix de deuxième tour.

Mais afin de pouvoir redécouvrir leur prolifique attaque d’il y a quelques années, les Falcons devront s’assurer d’avoir une ligne de premier plan devant Ryan, qui n’a jamais été un quart mobile. Son agilité et sa vitesse ne s’amélioreront pas au milieu de la trentaine.

L’ajout d’un porteur de ballon qui court en puissance ne serait également pas superflu. Devonta Freeman n’a obtenu que 3,5 verges par course et, à 5 pi 8 po et 206 lb, il n’est pas le type de demi capable de toucher le ballon 25 ou 30 fois par match.

C’est sans parler de cette lamentable défense, qui devra être entièrement reconstruite, ou presque. Le problème, c’est que selon le site spotrac.com, les Falcons ont actuellement moins d’un million à dépenser sous le plafond salarial en vue de la prochaine saison. Ils auront donc passablement de travail à faire, qu’il s’agisse de résiliations de contrat, de restructurations ou d’échanges.

On peut également s’attendre à ce que l’avenir de Quinn avec l’équipe soit au centre des discussions, même si Blank lui a récemment donné un vote de confiance. Le propriétaire avait été très patient dans le cas du prédécesseur de Quinn, Mike Smith, peut-être même un peu trop. Fera-t-il la même erreur cette fois ?

La défaite au Super Bowl

Lorsqu’il a répondu aux questions des journalistes dans les minutes qui ont suivi leur cruelle défaite contre les Patriots au Super Bowl, il y a un peu moins de trois ans, Ryan ne semblait pas tout à fait réaliser ce qui venait de se produire.

PHOTO ARCHIVES USA TODAY SPORTS

En février 2017, les Falcons d’Atlanta se sont inclinés par la marque de 34-27 contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre en finale du Super Bowl LI.

Même si son équipe venait de gaspiller une avance de 25 points et s’était écrasée devant des centaines de millions de spectateurs partout dans le monde, Ryan parlait comme si les Falcons et lui seraient de retour au Super Bowl avant longtemps. Comme s’il était persuadé que la prochaine fois, ils finiraient le boulot. Pas si simple de retourner à la grand-messe du football américain.

Cela dit, la fameuse « fenêtre d’opportunité » semblait ouverte pour une équipe qui est toujours à la recherche de son premier championnat à sa 54e année d’existence. Cette proverbiale « fenêtre » semble s’être refermée sur les doigts des pauvres Falcons.

À vrai dire, les Falcons ne se sont jamais remis de leur épique débandade en pleine finale. Leur confiance a été complètement détruite et on peut le voir presque tous les dimanches. Il y a beaucoup de doute dans leur jeu et très peu d’assurance.

L’objectif n’est plus de soulever le trophée Lombardi pour le moment, mais bien de stopper l’hémorragie. De ramener des partisans dans leur beau stade en gagnant des matchs. La victoire sera toujours plus vendeuse qu’un hot-dog à deux piastres.

LES PRÉDICTIONS DE MIGUEL BUJOLD

Seattle c. Atlanta
Philadelphie c. Buffalo
Chargers de Los Angeles c. Chicago
Giants de New York c. Detroit
Tampa Bay c. Tennessee
Denver c. Indianapolis
Cincinnati c. Rams de Los Angeles (à Londres)
Arizona c. La Nouvelle-Orléans
Jets de New York c. Jacksonville
Caroline c. San Francisco
Cleveland c. Nouvelle-Angleterre
Oakland c. Houston
Green Bay c. Kansas City
Miami c. Pittsburgh
La semaine dernière : 8-5
Total de la saison : 58-41

Trois matchs à ne pas rater

Philadelphie c. Buffalo, demain, 13 h

PHOTO MATTHEW EMMONS, USA TODAY SPORTS

Carson Wentz, quart-arrière des Eagles de Philadelphie, et Doug Pederson, entraîneur-chef

L’absence de Desean Jackson et de sa grande vitesse nuit à l’attaque des Eagles, mais le jeu de Carson Wentz est tout de même préoccupant. Il ressemble très peu au quart-arrière dominant qu’il était avant de subir des blessures à un genou et au dos lors des deux dernières saisons. La tertiaire des Eagles est également très problématique, ce qui explique que l’organisation ait négocié en vain avec les Jaguars au sujet de Jalen Ramsey. Du côté des Bills, le jeu de Josh Allen reste inégal, mais il a complété 62,4 % de ses passes, ce qui est une nette amélioration par rapport à sa première saison (56,3 %).

Cleveland c. Nouvelle-Angleterre, demain, 16 h 25

PHOTO GREG M. COOPER, USA TODAY SPORTS

Bill Belichick, entraîneur-chef des Patriots de la Nouvelle-Angleterre

Petite semaine tranquille chez les Patriots : ils ont écrasé les Jets, 33-0, lundi soir ; ont obtenu le receveur Mohamed Sanu des Falcons mardi ; ont inscrit le nom de Josh Gordon sur la liste des blessés (genou) mercredi, ce qui a probablement mis fin à son association avec l’équipe ; puis ont échangé Michael Bennett aux Cowboys jeudi. L’ailier défensif avait été suspendu par l’équipe pour le match contre les Jets après avoir ouvertement critiqué ses entraîneurs. Jamais une bonne idée lorsqu’on joue pour Bill Belichick. Les Browns auront une autre occasion de prouver qu’ils peuvent jouer dans la cour des grands.

Green Bay c. Kansas City, demain, 20 h 20

PHOTO DYLAN BUELL, ARCHIVES GETTY IMAGES

Aaron Rodgers, quart-arrière des Packers de Green Bay

Patrick Mahomes a pris part à quelques exercices individuels mercredi, moins d’une semaine après s’être disloqué la rotule d’un genou. Même si son absence devrait être moins longue qu’on l’anticipait, le quart étoile ratera le rendez-vous face aux Packers, ce qui est très dommage pour les amateurs. À moins que les Chiefs et les Packers ne se retrouvent au Super Bowl, le prochain affrontement entre Mahomes et Rodgers n’aura lieu que dans quatre ans. Rodgers a été splendide contre les Raiders, la semaine dernière. Devant actuellement composer avec un groupe de receveurs considérablement affaibli par les blessures, Rodgers joue probablement son meilleur football depuis trois ou quatre ans.