Depuis qu’il joue dans la Ligue canadienne, Trevor Harris a presque toujours fait ce qu’il voulait avec la défense des Alouettes. Pas plus tard qu’au match d’ouverture de la saison, le passeur des Eskimos d’Edmonton a récolté 447 verges à ses dépens.

Miguel Bujold
Miguel Bujold La Presse

L’histoire ne s’est toutefois pas répétée lorsque les Oiseaux ont surpris les Eskimos, 20-10, le 20 juillet. Harris n’a obtenu que 271 verges, n’a lancé aucune passe de touché et a été victime de 2 interceptions. Il a surtout eu l’air mal à l’aise durant presque tout le match derrière sa ligne.

C’est un signe qui ne ment pas : la défense montréalaise a déjà beaucoup progressé depuis le début de la saison. Après avoir accordé 73 points à ses deux premières rencontres, l’unité de Bob Slowik n’en a accordé que 58 aux trois suivantes.

La défense des Alouettes a également multiplié les jeux importants. L’équipe mène d’ailleurs le circuit avec un différentiel de + 8 sur le plan des revirements, statistique cruciale au football s’il en est une.

Notre défense a effectivement suivi une très belle progression jusqu’à maintenant et Bob y est pour beaucoup.

Khari Jones

« Il a vu ce qui s’était produit dans nos premiers matchs et il a apporté les correctifs nécessaires. Les joueurs sont pleinement investis », a analysé l’entraîneur-chef, Khari Jones, hier.

« J’adore travailler avec lui. C’est une bonne personne et un bon entraîneur. Il s’est amené dans la LCF avec la bonne approche. Il est soucieux de bien apprendre le jeu et ne croit pas déjà tout savoir », a noté Jones.

C’est une remarque qu’on entend souvent au sujet du coordonnateur défensif des Als. Slowik a passé l’essentiel de sa carrière dans la NFL, mais est arrivé au Canada avec la bonne attitude, désireux d’apprendre.

Il y a encore beaucoup d’éléments avec lesquels je dois me familiariser.

Bob Slowik

« Au fait, on n’arrête jamais d’apprendre au football. Je dois encore évaluer si certains types de couverture peuvent fonctionner ou non, notamment, mais dans l’ensemble, je suis quand même relativement à l’aise avec le jeu », a indiqué Slowik, hier.

« Nos joueurs comprennent mieux nos couvertures de passes qu’au début de la saison, ce qui a eu pour effet d’améliorer leur vitesse d’exécution. L’autre élément important, c’est qu’on a déterminé la meilleure position pour chacun de nos joueurs afin de leur permettre de bien performer », a expliqué l’ancien coordonnateur défensif des Bears de Chicago et des Broncos de Denver.

Levels et Reid brillent

Deux des joueurs qui semblent avoir trouvé la bonne chaise sont Patrick Levels et Greg Reid, qui évoluent tous deux du côté court. Le premier en tant que secondeur et le second comme demi défensif.

Arrivé chez les Alouettes au milieu de la saison dernière, Reid a commencé le camp d’entraînement avec les réservistes. Mais après s’être illustré à l’aide de quelques beaux jeux durant le deuxième match préparatoire de l’équipe, il s’est vite retrouvé avec les partants.

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Greg Reid

« Durant le camp, on essayait de voir à quelle position je pourrais connaître le plus de succès. Je croyais que c’était du côté court, j’en ai discuté avec les entraîneurs et ils étaient d’accord », a raconté Reid, qui a connu une belle carrière universitaire avec les Seminoles de Florida State.

Reid a déjà réussi trois interceptions et provoqué un échappé. « Je dirais que j’étais d’abord et avant tout reconnu pour être un joueur polyvalent à Florida State, mais j’ai toujours réussi ma bonne part de gros jeux. »

Quant à Levels, il mène la LCF au chapitre du nombre de plaqués par match (moyenne de 7,2). Utilisé à toutes les sauces chez les Stampeders de Calgary à ses deux premières saisons, Levels connaît un excellent départ avec sa nouvelle équipe.

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Patrick Levels

« J’étais le sixième homme de la tertiaire à Calgary. Je jouais donc où l’équipe avait besoin de moi. C’est une situation qui m’a permis de bien comprendre le rôle à chaque position, mais ça m’a peut-être nui de ne pas pouvoir me développer à une seule », a dit Levels.

Le mérite aux joueurs

Quelques minutes après l’entraînement d’hier, on a vu Levels jaser et plaisanter avec son patron Slowik. Le joueur de 24 ans ne doute pas que Slowik connaîtra du succès au football à trois essais.

Comme vous pouvez le voir, grâce à son intelligence et à ses ajustements, notre défense s’améliore de match en match.

Patrick Levels

« Même s’il est très intelligent et un entraîneur d’impact, il devait se familiariser avec le jeu de la LCF lors des premières semaines. »

« Patrick est un jeune homme charmant. Son enthousiasme est contagieux et c’est très agréable de le côtoyer au quotidien. Le football est une véritable passion pour lui et ça se voit durant les entraînements et les matchs », a indiqué Slowik, plus du genre à donner des tapes dans le dos que des coups de pied au derrière.

« C’est le jour et la nuit si on compare le jeu actuel de notre défense à ce qu’il était au début de la saison. Le mérite revient aux joueurs. Ils jouent avec plus d’intensité et d’enthousiasme », a estimé Slowik.

Prochain match : Rouge et Noir d’Ottawa c. Alouettes, vendredi à 19 h, au stade Percival-Molson