Parce que la situation chez les quarts-arrières des Alouettes a été un véritable feuilleton, on a moins parlé du reste de l'équipe dernièrement. L'un des joueurs qui n'a pas obtenu la publicité qu'il méritait est le porteur de ballon William Stanback.

Mis à jour le 19 sept. 2018
Miguel Bujold LA PRESSE

Chaque fois qu'il a touché au ballon ou presque, Stanback a démontré les qualités d'un joueur d'impact à sa première saison dans la LCF. À vrai dire, il a souvent eu l'air d'un homme parmi des enfants.

Le problème, c'est qu'il n'a que 24 courses et 10 attrapés à sa fiche, trop peu pour un joueur qui a totalisé 252 verges d'attaque malgré ce nombre d'occasions nettement trop bas.

L'entraîneur Mike Sherman a reconnu plus tôt cette semaine que Stanback et le jeu au sol n'avaient pas été suffisamment sollicités lors du dernier match de son équipe, vendredi soir. Stanback n'a couru qu'à huit reprises contre les Lions de la Colombie-Britannique.

«Je suis très satisfait du rôle que l'équipe me confie. Je veux aider cette organisation du mieux que je le peux. Alors même si je n'obtiens que trois, cinq ou sept courses dans un match, je serai reconnaissant si je joue et que je peux aider l'équipe à gagner», a dit Stanback, hier.

Un bulldozer sur le terrain, Stanback est tout le contraire à l'extérieur, du moins lorsqu'il répond aux questions des journalistes. Le joueur de 24 ans pèse chacun de ses mots et dit toutes les bonnes choses.

C'est peut-être parce qu'il a été renvoyé des Knights de l'UCF (University of Central Florida) que Stanback est prudent dans ses commentaires. La raison de ce renvoi? Des traces de marijuana dans ses tests sanguins.

«C'est le seul problème que j'ai eu, mais je n'ai pas respecté les règlements de l'équipe en faisant ça et j'en ai payé le prix. J'ai tiré des leçons de cette expérience. J'ai vu l'impact que cela avait eu sur ma carrière.»

Stanback a joué pour les Knights en 2013 et en 2014, puis à l'Université Virginia Union lors des deux suivantes (une équipe de deuxième division dans la NCAA). Au terme de sa carrière universitaire, Stanback a signé un contrat comme joueur autonome avec les Packers de Green Bay.

«Ils m'avaient démontré beaucoup d'intérêt durant le processus qui a mené au repêchage [de 2017]. Ils me disaient qu'ils me donneraient l'occasion de percer leur alignement si je signais un contrat avec eux», a raconté Stanback.

«Au camp d'entraînement, j'ai subi une blessure mineure à un ischiojambier, mais ils m'ont laissé de côté durant une assez longue période, trop longue à mes yeux. Je n'ai pas eu l'occasion de jouer autant que j'aurais pu le faire, alors je n'avais pas de bande vidéo à présenter aux autres équipes lorsqu'ils m'ont retranché [en août 2017].»

Bâti pour la NFL

Stanback a participé à un minicamp des Seahawks de Seattle avant de s'amener à Montréal le printemps dernier. Le demi offensif de 6 pi et 233 lb court en puissance, mais est tout de même explosif. Il semble avoir les habiletés pour jouer dans la NFL.

«C'est sûr que j'y pense, mais j'ai beaucoup de plaisir avec les Alouettes actuellement. C'est un bon groupe», répond le jeune homme originaire de Long Island lorsqu'on lui parle de cette possibilité.

«Oui, je crois qu'il pourrait jouer dans la NFL. Il a certainement le gabarit et la vitesse pour le faire. Il doit continuer de travailler sur ses blocs en situation de passe. Je ne dis pas qu'il est mauvais dans cet aspect du jeu, mais pour jouer dans la NFL, c'est essentiel d'exceller sur ce plan», note Tyrell Sutton.

«Je préfère ne pas me prononcer sur ça pour l'instant, car j'aimerais qu'il fasse partie de notre équipe pour plusieurs années! William a beaucoup de potentiel et c'est certainement une possibilité qu'il puisse jouer dans la NFL, oui», a estimé Mike Sherman.

Le successeur de Sutton?

Stanback a un contrat avec les Alouettes pour une autre saison après celle-ci. « S'ils choisissent de se prévaloir de l'année d'option au contrat, je serai ici l'an prochain », précise-t-il.

À moins d'un imprévu majeur, Stanback sera de retour avec les Oiseaux en 2019. Sutton ne rajeunit pas et la présence de deux porteurs de ballon capables d'être le demi partant est essentielle.

«Il veut mon poste, il essaye de me forcer à prendre ma retraite!», a lancé Sutton.

La relation entre les deux joueurs est manifestement très bonne même s'ils sont en concurrence pour le même poste. «Tyrell est très sympathique et il m'aide beaucoup. Il me montre tout ce que j'ai besoin de savoir pour connaître du succès dans cette ligue, notamment en me parlant de nos adversaires à venir», a expliqué Stanback.

«J'aime beaucoup William. Il me fait penser à moi lorsque je suis arrivé avec l'équipe [en 2013]. Nos styles de jeu sont très similaires, alors ça facilite le travail des entraîneurs quant à l'élaboration des jeux», a fait remarquer Sutton, qui se retrouve dans les souliers du joueur qu'il a lui-même remplacé dans le champ arrière des Alouettes.

«Lorsque je suis arrivé, j'apprenais le travail en regardant "Whit" [Brandon Whitaker], et maintenant, c'est moi qui joue le rôle de "Whit"! C'est fou comme le temps file.»

Blessé à un quadriceps, Sutton a repris l'entraînement cette semaine. Les Alouettes ne veulent cependant pas préciser quand il fera un retour au jeu.

Lorsque Sutton sera en uniforme, un partage du travail entre lui et Stanback pourrait s'avérer la meilleure solution pour tous. Une combinaison Sutton-Stanback aiderait assurément la progression de Johnny Manziel et des autres quarts de l'équipe.

«Je suis très chanceux de pouvoir compter sur des joueurs comme Tyrell, Stefan Logan et Patrick Lavoie pour me montrer le chemin. J'aimerais que Tyrell reste dans l'équipe pour encore un bon moment», a dit Stanback en lançant un regard en direction de Sutton, assis quelques mètres plus loin.

«Je vais continuer de lui montrer le tabac, et un jour, c'est lui qui aura tout le plancher», a répondu Sutton.

Prochain match: Alouettes c. Blue Bombers, vendredi (21h30) à Winnipeg

Photo Mark Hoffman, archives Journal Sentinel

William Stanback avec les Packers de Green Bay en mai 2017