Même s'il a été mis à l'amende hier par la Ligue canadienne de football, l'ailier défensif des Alouettes, John Bowman, nie avec véhémence avoir servi une insulte à caractère racial à son adversaire des Roughriders de la Saskatchewan, Dominic Picard, samedi.

Mis à jour le 25 oct. 2012
Mathias Brunet LA PRESSE

«C'est la première fois de ma vie que je parlerai de ce gars-là, il a peut-être besoin d'une excuse pour justifier le fait qu'il ait frappé à coups de poing mon coéquipier Shea Emry et moi, mais je n'aurais jamais manqué de respect envers la province de Québec et les francophones qui y habitent», a expliqué Bowman hier après-midi devant le vestiaire des Alouettes au Stade olympique, après l'entraînement du club.

Emry a lui aussi été mis à l'amende pour son comportement antisportif lors de cette rencontre.

«Montréal est ma ville favorite, j'y habite même, alors je n'aurais pas agi de la sorte, a ajouté le joueur défensif des Alouettes. J'imagine que lorsque tu as besoin d'attention parce que tu manques les séries, tu trouves n'importe quoi à dire.»

Le centre des Roughriders accuse Bowman de l'avoir traité de «grenouille» dans le match de samedi à Regina. Le quotidien Leader Post a publié les accusations de Ricard hier.

«Il peut dire ce qu'il veut, a mentionné Picard, mais il doit raconter l'histoire au complet. Me traiter de grenouille, ça dépasse les limites. En 19 ans de football, c'est la première fois que ça m'arrive. On ne devrait pas entendre ça dans un match, surtout pas d'un joueur qui joue à Montréal. C'est la pire insulte qu'on puisse me faire. C'est presque raciste.»

Un reproche de Bowman

Les deux joueurs n'en étaient probablement pas à leur première prise de bec puisque Bowman a confié au quotidien The Gazette après le match de samedi que Picard était «le joueur le plus salaud» de la Ligue canadienne. Bowman lui reprochait un bloc illégal à l'endroit du secondeur des Alouettes Shea Emry.

Bowman, 30 ans, est originaire de Brooklyn, New York, mais il a joué au football universitaire en Caroline-du-Nord. Même s'il nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés, il affirme que les insultes sur le terrain sont monnaie courante au football. «On m'a traité de tous les noms. Je ne pourrais même pas les répéter à la caméra. Je viens du sud des États-Unis et on jouait contre des écoles qui ne comptaient que des Blancs, et c'est même arrivé contre des clubs qui ne comptaient que des Noirs. C'est le football, on tente de déconcentrer l'adversaire comme on peut. Personnellement, je ne m'adresserais jamais aux médias pour tenter d'accuser un adversaire de me traiter de mauvais noms.»

Bowman affirme que les insultes à caractère racial, entre autres, n'ont pas leur place sur un terrain. «On ne devrait pas avoir le droit de dire n'importe quoi, c'est dans le livre des règlements. Si les arbitres m'avaient entendu, j'imagine qu'ils auraient lancé un foulard pour me punir. Ils ne l'ont pas fait.»

Trestman défend Bowman

L'entraîneur en chef Marc Trestman se range derrière son joueur.

«Je connais John, ce n'est pas le type de joueur qui vient du sud de la frontière et qui rentre chez lui une fois la saison terminée, il vit dans cette communauté, il l'adore, il redonne d'ailleurs beaucoup à cette communauté, je ne crois pas qu'il aurait fait quelque chose pour mettre son organisation dans l'embarras.»

Trestman affirme que ce type de comportement n'est pas acceptable chez les Alouettes. «Nous faisons tout pour être un club respectueux et discipliné. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous faisons des efforts sur une base quotidienne pour respecter notre l'adversaire, notre sport et notre organisation, et le vocabulaire utilisé en fait partie. Nous sommes très clairs avec nos joueurs sur le langage qu'ils peuvent utiliser ou ne pas utiliser.»

Pour l'instant, c'est la parole de Dominic Picard contre celle de John Bowman.