Ils ont reçu un coup de pouce des unités spéciales de leurs adversaires, dimanche, mais il n'en demeure pas moins que ce sont les deux meilleures équipes de la NFL qui s'affronteront au 46e Super Bowl, le 5 février, à Indianapolis. À tout le moins, les deux qui jouent le mieux depuis deux mois.

Mis à jour le 24 janv. 2012
Miguel Bujold LA PRESSE

Les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont remporté leurs 10 derniers matchs et, soudainement, cette défense, qui était l'une des pires du circuit en saison régulière, vient de disputer deux très bons matchs. Menée par le vétéran Vince Wilfork, qui a joué un match colossal, l'unité a réussi des jeux cruciaux afin d'éliminer les Ravens de Baltimore, le plus important étant bien sûr la passe rabattue par Sterling Moore.

Puisqu'il est question de ce jeu, certaines personnes se sont demandé pourquoi les arbitres n'avaient pas regardé la reprise vidéo afin de voir si Lee Evans avait marqué un touché ou non. John Harbaugh a demandé qu'on le fasse, mais en vain. Voilà un règlement qui est loin de faire l'unanimité, et la NFL devra y réfléchir.

Au bout du compte, les Ravens ont été incapables de réussir le «gros» jeu. Evans n'a pas conservé le ballon dans la zone payante; Billy Cundiff a raté un placement de 32 verges; et Joe Flacco n'a pas repéré Torrey Smith, qui a passé une bonne partie de l'après-midi complètement seul après s'être défait de la couverture des Pats.

Flacco et l'attaque des Ravens ont progressé cette saison, mais qu'est-ce qui attend cette équipe? Le noyau offensif composé de Flacco, Smith, Ray Rice et des ailiers rapprochés Dennis Pitta et Ed Dickson n'est pas vilain, mais est-ce suffisant pour espérer gagner un Super Bowl? Pas sûr.

La force des Corbeaux demeure leur défense, qui a somme toute disputé un bon match, dimanche. Or, pour combien de temps encore Ed Reed et Ray Lewis peuvent-ils être les meneurs qu'on connaît? Lewis a parfois mal paru contre les Pats, c'est de plus en plus pénible pour lui en couverture, et même contre la course, BenJarvus Green-Ellis l'a facilement contourné en quelques occasions.

Plusieurs observateurs s'attendaient à ce que Terrell Suggs soit le joueur-clé de la finale de la Conférence américaine. Il a plutôt été invisible pendant la majeure partie de la rencontre. Le plus étonnant, c'est que le bloqueur Matt Light a contré Suggs à lui seul pendant presque tout le match. La ligne offensive des Patriots n'a accordé qu'un sac, et le quintette a été le héros obscur de cette victoire.

La ligne offensive des Pats devra être tout aussi solide en finale. Comme ce fut le cas au Super Bowl en février 2008, les Giants auront pour mission de frapper Tom Brady à répétition. La ligne défensive des G-Men est encore meilleure qu'elle ne l'était lors de leur conquête, et on peut donc s'attendre à ce que les Pats tentent plusieurs courtes passes.

Les Patriots favoris

L'une des grandes questions des deux prochaines semaines sera l'état de santé de Rob Gronkowski. Même si l'ailier rapproché est revenu au jeu après s'être blessé à une cheville, faudra voir s'il sera en mesure d'offrir sa contribution habituelle. Outre Brady, Gronkowski est le joueur le plus important de l'attaque.

La défense des Patriots a gagné le match de dimanche. Elle aura par contre un énorme défi à relever à Indianapolis. Eli Manning est dominant depuis la mi-saison. Armé de receveurs talentueux comme Hakeem Nicks, Victor Cruz, et Mario Manningham, le général des Giants pourra-t-il être stoppé par une défense qui en arrache souvent en couverture?

Le parcours des Giants ressemble étrangement à celui d'il y a quatre ans. Ils ont même remporté la finale de la Nationale de la même façon, à l'étranger, et grâce à un botté de précision en prolongation. Même s'ils ont le vent en poupe et qu'ils ont gagné à Foxborough il y a quelques mois, les Giants sont négligés par 3,5 points par les casinos de Las Vegas.

Que les Pats et les Giants se retrouvent en finale démontre une fois de plus que les entraîneurs ont plus d'importance au football que dans n'importe quel autre sport. Bill Belichick et Tom Coughlin sont les deux meilleurs de leur profession. Il y a d'ailleurs fort à parier que celui qui, aidé de ses adjoints, concoctera le meilleur plan de match permettra à son organisation de remporter un quatrième championnat.