C'est simple: une victoire contre les Blue Bombers, cet après-midi à Winnipeg, et les Alouettes s'assurent du premier rang de leur division. L'équipe de Marc Trestman n'aurait alors plus qu'à remporter la finale de l'Est, le 20 novembre au Stade olympique, afin de participer à un quatrième match de la Coupe Grey consécutif.

Miguel Bujold LA PRESSE

Si les Oiseaux trébuchent aujourd'hui, ce sont toutefois les Bombers qui reprendront le volant au sommet de la division. Les deux équipes auraient une fiche de 10-6, mais ces derniers détiendraient le bris d'égalité. Il faut chercher longtemps pour trouver un match de saison régulière qui ait eu une aussi grande importance pour les Als. «Ça fait 10 ans que je suis ici et je ne me souviens pas d'en avoir disputé un qui en revêtait autant», a d'ailleurs souligné Anwar Stewart, cette semaine.

«Les vaincre chez eux et pouvoir leur dire que la prochaine fois qu'on se verra, ce sera au Stade olympique, serait très agréable», a ajouté Stewart.

La dernière fois que les Alouettes ont joué à Winnipeg, le 30 septembre, le match s'était terminé dans la controverse. Au final, la défense montréalaise a préservé la victoire en arrêtant les Bombers à la porte des buts à deux reprises dans les dernières secondes du quatrième quart. La ligne défensive était parvenue à fermer les livres, mais Trestman et les entraîneurs du club n'avaient pas aimé son rendement plus tôt dans la rencontre.

«Les entraîneurs nous ont mis au défi après ce match. Ils estimaient qu'on n'avait pas pressé leur quart-arrière (Alex Brink) aussi bien qu'on aurait dû le faire. C'était une gifle en plein visage, mais ils avaient raison de nous la donner», a raconté Stewart.

Il semble que le message ait été entendu. Dans leurs deux matchs depuis celui au Manitoba, les Alouettes ont enregistré sept sacs et la première ligne a offert deux de ses meilleures performances en 2011.

Stewart n'avait pas dit son dernier mot

Le réveil de Stewart est toutefois survenu quelques semaines plus tôt. Le vétéran a totalisé cinq sacs à ses cinq derniers matchs, lui qui n'en avait réussi qu'un seul à ses 10 premiers. Comme par hasard, Stewart a repris sa place dans la formation partante au début septembre...

«J'aime la façon dont je joue depuis que je suis redevenu un partant. Avant la fête du Travail, je ne jouais même pas la moitié des jeux», a précisé Stewart, qui s'était d'ailleurs ouvertement plaint de sa sous- utilisation après le match du 5 septembre, à Hamilton.

Le joueur de 35 ans estime-t-il qu'il a démontré à l'organisation qu'elle s'était trompée en le retirant de la formation partante? «Quelque part, oui. Je les avais assurés que j'étais encore capable de jouer à un haut niveau. Je me suis excusé pour la façon dont j'ai réagi après ce match à Hamilton, mais c'est tout de même ce que je ressentais.»

En plus de devoir camper un rôle de réserviste en début de campagne, Stewart a accepté une diminution salariale, l'hiver dernier. Traduction libre: les Alouettes croyaient que la fin était proche pour l'ailier défensif.

«Lorsqu'on est acculé, on performe souvent mieux. J'attendais cette occasion depuis un bon moment, et je voulais la saisir. Car si j'avais été incapable de le faire, cela aurait démontré qu'ils avaient eu raison. Je suis tellement passionné pour ce sport et cette équipe! Et lorsqu'on vous enlève quelque chose qui vous tient autant à coeur, ça ne peut faire autrement que de vous motiver.»