Les Colts d'Indianapolis ont suivi le même scénario pendant neuf saisons. Un départ foudroyant, au moins 10 victoires acquises, participer aux matchs éliminatoires.

Michael Marot ASSOCIATED PRESS

Les temps changent à Indianapolis.

Tandis que Peyton Manning soigne toujours sa blessure au cou et que certains de ses coéquipiers sont aussi tenus à l'écart du terrain, les Colts disputeront dimanche soir un match contre les Saints à La Nouvelle-Orléans en portant - honteusement - le titre de seule équipe affichant un dossier de 0-6 jusqu'ici cette saison. Ainsi, leur série de neuf saisons avec au moins 10 victoires pourrait être terminée.

«En ce moment, on essaie simplement de remporter un match de football. On ne songe pas au passé, ou à l'avenir, on essaie simplement de remporter un match de football», a commenté le plaqueur des Colts Dan Muir. «On essaie de voir en ce moment, aujourd'hui, ce qu'on peut faire maintenant pour nous améliorer immédiatement.»

Au cours de la dernière décennie, les Colts ont formé l'une des meilleures concessions de la NFL grâce à des repêchages solides, du travail acharné et un peu de chance.

Plusieurs observateurs estimaient cependant que les Colts allaient sombrer lorsqu'il est devenu clair que Manning raterait plusieurs semaines d'activités en raison de sa blessure au cou. Cependant, la majorité d'entre eux ne croyait pas que les choses allaient s'effondrer si rapidement.

Les Colts occupent présentement le 28e échelon de la ligue au chapitre des verges de gains au sol et par la voie aérienne, et leur attaque se classe au 31e rang, quatre places derrière leur défensive - habituellement moins forte. Seuls les Jaguars de Jacksonville ont joué autant de matchs que les Colts, sans marquer plus de points qu'eux.

Les principales tribunes sportives à Indianapolis débatent désormais des options qui s'offrent aux Colts, à savoir s'ils doivent s'entêter à gagner des matchs ou simplement s'enfoncer afin d'obtenir l'opportunité de repêcher l'éventuel remplaçant de Manning, possiblement le joueur étoile de l'Université Stanford Andrew Luck.

Personne au complexe d'entraînement des Colts daigne discuter de cette possibilité, même si Manning a déclaré récemment aux membres des médias que «tous les véritables partisans des Colts» devraient encourager l'équipe à engranger des victoires.

C'est fort différent de l'époque où Manning dirigeait la parade et que les Colts étaient pratiquement assurés du titre de la section sud de l'Association américaine avant même le début de la saison.

Sans le quadruple joueur par excellence de la NFL, les failles des Colts ont commencé à apparaître.

Les Colts n'ont pas perdu sept matchs de suite depuis le début de la saison 1997, alors qu'ils avaient présenté une fiche de 0-10. Si les Colts perdent leurs deux prochains matchs, la séquence de saisons avec au moins 10 victoires prendrait officiellement fin avant le début de la deuxième portion du calendrier régulier.

«On ne peut oublier ce qu'ils ont fait, a dit l'ailier défensif Jamaal Anderson. C'est difficile d'avoir du succès dans cette ligue. C'est très difficile de gagner dans cette ligue, et je dis constamment aux recrues qu'ils ont été chanceux d'arriver durant une séquence victorieuse parce qu'ils ont goûté à la victoire, ils savent ce que c'est que de gagner. Personnellement, j'ai vécu le pire des pires moments.»

Anderson, qui a passé quatre saisons dans l'uniforme des Falcons d'Atlanta avant de s'entendre avec les Colts au camp d'entraînement, assure que ce n'est pas si désastreux à Indianapolis.

D'autres estiment que rien, ni même la possibilité de prolonger ces deux séquences, n'est hors de portée.

Les Texans de Houston (3-3) étant décimés par des blessures aux joueurs étoiles Mario Williams et Andre Johnson, les meneurs de la section - les Titans du Tennessee - présentent une fiche de 3-2 et son suivis des Jaguars, qui n'ont qu'une victoire de plus que les Colts. Ces derniers croient donc qu'ils peuvent toujours décrocher le titre de section, à condition qu'ils parviennent à remettre le train sur les rails.