Malgré des fiches identiques de trois victoires et une défaite, les Carabins et le Vert & Or de l'Université de Sherbrooke, qui se croisent à 13h en Estrie, ont emprunté des routes diamétralement opposées depuis le début de la saison.

Pascal Milano LA PRESSE

Alors que l'Université de Montréal est la deuxième meilleure défense du football universitaire québécois, Sherbrooke en constitue l'attaque la plus productive avec 31 points en moyenne par rencontre.

Ce duel, tout en contraste, est un nouveau défi de taille pour la troupe de Danny Maciocia qui veut se donner un bon élan avant de recevoir Laval, le 8 octobre. Pour contenir son adversaire sherbrookois, l'entraîneur montréalais mise avant tout sur une victoire au niveau du temps de possession.

«C'est un bon challenge pour la défense, mais aussi pour l'attaque. Si nous sommes capables de rester sur le terrain et d'aller chercher des séries consécutives de neuf ou dix jeux, je ne pense pas que leur attaque pourra nous faire mal depuis les lignes de côté.»

Car une fois sur le terrain, l'attaque du Vert & Or a été très impressionnante depuis le début de l'année. Avec des gains de 1264 verges en quatre matchs, le quart-arrière Jérémie Doyon-Roch occupe le tout premier rang au Canada.

Sa cible privilégiée a été Simon Charbonneau-Campeau qui a inscrit sept touchés depuis le début de l'année. Le receveur de quatrième année a surtout réussi quatre performances oscillant entre 101 et 196 verges. Là encore, personne n'a fait mieux que lui d'un océan à l'autre.

Le danger sherbrookois peut finalement provenir du receveur/retourneur Ismaël Bamba, l'un des meilleurs espoirs en vue du prochain repêchage de la Ligue canadienne.

«Il ne faut négliger aucun aspect du jeu, a prévenu le joueur de ligne défensive David Ménard, insatisfait de sa saison avec un seul sac du quart. Si nous nous concentrons trop sur le jeu au sol ou sur le jeu aérien, cela peut devenir une lacune. Mais il est vrai que nous ne devons pas oublier qu'ils ont un très bon quart-arrière et un bon groupe de receveurs.»

Même si les Carabins ont surtout misé sur leur défense pour se sortir de mauvais pas - contre St. Mary's par exemple -, ils ont néanmoins inscrit 36 points face aux Gaiters de l'Université Bishop's, la semaine dernière. Ce sont surtout les deux touchés du porteur de ballon Rotrand Sené qui ont marqué les esprits après un début d'année couci-couça.

«Si cette efficacité au sol continue et que nous distribuons bien le ballon, je pense que nous avons de bonnes chances (de gagner), a estimé Maciocia. C'est très important parce que personne dans le circuit ne peut demander à son quart-arrière d'effectuer 40 passes et de gagner chaque semaine.»

Sans oublier que cela permet également à la défense de respirer davantage. «Cela fait du bien de voir que l'attaque peut marquer beaucoup de points dans des moments clés, a admis Ménard. Le plus important est que cela continue et que nous inscrivions 36 points ou plus à chaque match.»

Des retrouvailles

Le premier match de Maciocia face à Sherbrooke marque également ses retrouvailles avec André Bolduc. En 2000, le premier occupait le rôle de coordonnateur à l'attaque avec les Alouettes tandis que le second était un de ses receveurs de passes et déjà une «bonne tête de football».

«C'était quelqu'un qui posait beaucoup de questions sur les autres positions sur le terrain. C'est aujourd'hui un jeune entraîneur qui fait de belles choses à Sherbrooke et j'en suis heureux pour lui.»

Bolduc compte sur un bon noyau de vétérans cette saison, à l'opposé des Carabins, dont le virage jeunesse s'accompagne également d'un nombre important de blessés.

«Sherbrooke a beaucoup d'expérience avec des joueurs de troisième, de quatrième et de cinquième années alors que nous comptons 35 joueurs de première année, a rappelé Maciocia. Face à Bishop's, 17 de nos joueurs n'étaient même pas dans l'alignement de la première semaine.»