(Longueuil) Greg van Avermaet, Peter Sagan et compagnie ne visiteront pas le Québec cet automne. Les Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal ont été annulés à cause de la pandémie de COVID-19, a révélé l’organisation jeudi.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse canadienne

Les GPCQM ont mentionné qu’après avoir effectué une analyse méticuleuse de la situation actuelle, tant au Québec qu’à l’étranger, elle en est venue à la conclusion qu’il était impossible de répondre à toutes les exigences sanitaires et opérationnelles nécessaires afin de garantir un environnement sécuritaire pour tous en cette période de pandémie de COVID-19.

« Une fois qu’on a fait le tour de toutes les embûches qui se trouvaient devant nous, c’était un véritable suicide et un manque de responsabilité de ma part si j’avais continué à m’obstiner. On l’a fait jusqu’à nos dernières forces, la dernière lueur d’espoir, mais tout ça m’a forcé à constater qu’il était temps de prendre cette décision », a déclaré le président des GPCQM Serge Arsenault lors d’un entretien téléphonique avec La Presse Canadienne.

« Ç’aurait été de l’acharnement de tenter de déplacer ça (les GPCQM) en octobre, car ç’aurait voulu dire que j’aurais pris la place d’une autre organisation européenne. […] De plus, en parlant avec des collègues, et des équipes également comme Cofidis, force est d’admettre qu’il y aura de plus en plus d’équipes qui prendront la décision de ne participer à aucune compétition à l’extérieur de l’Europe en 2020 », a-t-il ajouté.

Ces épreuves devaient se dérouler les 11 et 13 septembre dans les rues de Québec et de Montréal, respectivement. Ce sera donc partie remise pour les cyclistes professionnels, dont le Québécois Hugo Houle, qui évolue pour l’équipe Astana.

« Je l’ai appris en même temps que tout le monde (l’annulation). C’est eux (les organisateurs) qui sont les mieux placés pour prendre la décision. Il y a beaucoup de contraintes présentement. Rien n’est encore clair pour la suite des choses », a fait remarquer Houle, de Sainte-Perpétue.

« C’est dommage, parce que c’est toujours le ’fun’ de courir à la maison, mais je comprends aussi que la situation est complexe. Nous sommes déçus – Astana a un partenaire au Québec, Premier Tech –, mais bon, ce sera partie remise », a-t-il ajouté, alors qu’il rentrait d’un stage d’entraînement en altitude à Livigno, en Italie.

Houle a indiqué qu’il participera à la course des Strade Bianche, en Toscane, le 1er août, et qu’il prévoit aussi participer au Tirreno-Adriatico, du 7 au 14 septembre, plutôt que de rentrer au bercail pour les GPCQM.

De retour les 10 et 12 septembre 2021 ?

La décision d’annuler les GPCQM pourrait évidemment avoir des répercussions financières pour l’organisation dirigée par Arsenault, qui dispose déjà d’une entente pour la présentation des seules étapes de l’UCI World Tour en Amérique du Nord jusqu’en 2023.

Bien qu’il ait refusé de préciser le montant des pertes financières provoquées par l’annulation des GPCQM en 2020, Arsenault a offert un ordre de grandeur de celles-ci.

« Disons que les sommes investies dans cet évènement frôlent le million de dollars, car nos publicités ont continué de tourner en Europe (ces derniers mois). Toute la machine fonctionnait. Et à l’heure actuelle, environ 80 % de nos tâches pour l’évènement de 2020 étaient accomplies », a expliqué Arsenault.

« Dans un tel scénario, nous devrons analyser toutes les dépenses qui ont été engagées pour 2020 et trouver une solution. Elle est déjà trouvée d’ailleurs : il y aura un partage des responsabilités entre toutes les parties impliquées, a-t-il poursuivi. Nous dresserons à ce sujet un bilan d’ici trois semaines, comprenant tous les engagements qui avaient été pris et les dépôts qui avaient été faits. »

Ce ne sera toutefois pas la fin des GPCQM, puisque le communiqué précisait que les courses seront de retour les 10 et 12 septembre 2021. À condition, bien sûr, que la situation sanitaire internationale s’améliore.

« Je ne peux même pas prévoir que je serai en vie l’an prochain. Et je ne peux même pas vous dire à quoi ressemblera la situation sanitaire (au Québec) le 20 septembre », a-t-il rétorqué, quant à l’imprévisibilité de la situation actuelle.

« Le roi est mort, vive le roi ! »

Arsenault assure néanmoins que la réaction des commanditaires des GPCQM a été favorable à la suite de l’annonce de leur annulation en 2020.

« Certains de nos commanditaires sont là depuis 10 ans. On reçoit des messages de nos partenaires, et 90 % des messages que j’ai lus depuis 20 minutes sont positifs », a-t-il indiqué.

Quant à savoir s’il avait tiré des leçons de la crise actuelle, Arsenault a dressé un parallèle avec la tâche du capitaine d’un bateau.

« La leçon que j’ai apprise (pendant la pandémie), c’est qu’il faut être prêt à tout, de croire en ce que nous faisons, de ne pas baisser pavillon dès la première vague, mais de savoir quand tirer la prise quand c’est tout l’équipage du bateau qui est en danger », a-t-il dit.

« Mais, dans deux semaines, c’est reparti pour 2021. Je n’ai pas de temps à perdre. Une fois que l’édition 2020 est terminée, il faut se tourner vers l’avenir. Le roi est mort, vive le roi ! », s’est-il exclamé.