(New York) La chanteuse et créatrice Rihanna a profité mardi du tremplin de la Fashion Week pour faire un événement mondial d’une collection lingerie, prenant le contrôle de la semaine new-yorkaise le temps d’une journée.

Thomas URBAIN
Agence France-Presse

L’artiste barbadienne a déjà fait cette année une démonstration remarquée de son appétit de création, mais aussi de son sens des affaires avec le lancement de la maison Fenty sous la bannière LVMH.

Elle n’en a pas renoncé pour autant, loin de là, à sa marque indépendante de lingerie Savage, dont le premier défilé avait eu lieu il y a un an en marge de la Fashion Week.

Cherchant visiblement à prendre date quelques semaines après l’annulation du prochain défilé Victoria’s Secret, « RiRi » a mis sur pied un grand défilé, filmé par la plateforme Amazon qui le diffusera en exclusivité le 20 septembre.

Habile, Rihanna a pris le parfait contrepied de Victoria’s Secret, critiqué pour son obsession de la minceur et un côté un peu figé.

Rondeurs, hip-hop et ondulations frénétiques, Savage a rafraîchi le genre au point de se poser comme une référence légitime de la lingerie actuelle bien qu’étant sorti de terre il y a quelques mois seulement.

Entre revue, néo-burlesque et concert géant, Rihanna s’est offert le groupe de rap Migos ou la chanteuse Halsey, entre autres artistes, ainsi que les mannequins Gigi Hadid, Cara Delevingne et Bella Hadid.

Dominé médiatiquement, le reste du plateau de la Fashion Week a tenté d’exister, mardi, dans l’ombre de « Bad Gal Riri » (Riri la mauvaise fille), le nom de son compte Instagram.

Vera Wang revient au podium

PHOTO RICHARD DREW, AP

Vera Wang a proposé sa vision de la sensualité, en travaillant la superposition et l’imaginaire. Beaucoup de tulle, qui révèle le corps, et des bretelles qui pendent d’une jupe ou d’un haut et rappellent des porte-jarretelles. Le dos de certaines pièces est en partie nu, comme si le vêtement avait été déchiré.

Pour la première fois depuis trois ans, la designer Vera Wang, grand nom de la Fashion Week, est de retour sur les podiums de New York.

Pour elle, « le timing est excellent », a-t-elle expliqué à l’AFP, citant le resserrement du format, de 7 à 5 jours et une réduction du nombre des designers conviés. « À un moment donné, il y avait presque 400 défilés. Vous perdez le sens de la perspective. »

Pour cette collection du retour, la designer rendue célèbre par ses robes de mariée a proposé sa vision de la sensualité, en travaillant la superposition et l’imaginaire.

Beaucoup de tulle, qui révèle le corps, et des bretelles qui pendent d’une jupe ou d’un haut et rappellent des porte-jarretelles. Le dos de certaines pièces est en partie nu, comme si le vêtement avait été déchiré.

« J’habille pas mal de monde à Hollywood et je voulais proposer ma version de Hollywood quand je n’habille pas une star en particulier », a-t-elle décrit, après le défilé.

Coach plus cuir que jamais

PHOTO JOHANNES EISELE, AFP

Le designer de Coach Stuart Vevers a voulu « une collection centrée sur le changement, mais aussi dépouillée, enlevée, optimiste et tournée vers l’avenir », a-t-il expliqué.

Inspiré par l’idée d’une nouvelle décennie qui commence, le designer de Coach Stuart Vevers a voulu « une collection centrée sur le changement, mais aussi dépouillée, enlevée, optimiste et tournée vers l’avenir », a-t-il expliqué à l’AFP.

À l’origine spécialisé dans les sacs et les accessoires, Coach a toujours eu le cuir solidement ancré dans son ADN. Mais s’il intégrait toujours plusieurs pièces tannées dans ses collections, Stuart Vevers n’en faisait plus l’élément central.

Pour ce millésime « dépouillé », le Britannique qui a présidé au lancement de plain-pied de Coach dans le prêt-à-porter en 2015 est revenu aux bases, avec de très nombreux blousons, jupes et pantalons en cuir, souvent assortis.

« Je voulais jouer avec l’héritage de Coach tout en lui donnant une touche jeune et fraîche », a dit le designer, soulignant que la rupture se situait aussi dans la dimension très urbaine de cette collection, après une série de livraisons champêtres ou marquées par le voyage.

Christian Cowan fantasme l’Espagne

PHOTO RAGAN CLARK, AP

Avec quelques clins d’œil, des manches bouffantes, du froufrou et de la dentelle, le Britannique Christian Cowan a rendu hommage à « toutes ces femmes fortes (de sa famille) qui font tourner leurs affaires et leur foyer impeccablement ».

À 24 ans seulement, le Britannique Christian Cowan est déjà un fournisseur régulier des stars les plus visibles du show-business, de Lady Gaga à Cardi B, en passant par le rappeur révélation Lil Nas X.

Son goût pour le strass et les paillettes, une forme d’outrance contrôlée, fait fureur.

Mardi, il a présenté une collection dans la veine de ses créations habituelles, qu’il a dit inspirée par sa famille, originaire de Moana en Galice (Espagne).

Avec quelques clins d’œil, des manches bouffantes, du froufrou et de la dentelle, il a rendu hommage à « toutes ces femmes fortes (de sa famille) qui font tourner leurs affaires et leur foyer impeccablement ».

Jamais prisonnier du spectaculaire, Christian Cowan est un homme de trouvailles, d’astuces, comme ce sweat capuche, qui devient une robe à écailles argentées en bas, ou cette combinaison stretch à laquelle il a ajouté des manches en plumes.

« J’aime bien jouer avec les frontières, parce que les femmes modernes veulent une robe glamour, mais elles veulent aussi un jogging, donc pourquoi ne pas mélanger les deux ? »

Proenza Schouler et les années 80

PHOTO JOHANNES EISELE, AFP

Jack McCollough et Lazaro Hernandez du duo Proenza Schouler ont puisé dans leurs souvenirs des années 80 pour ressortir des pantalons à pinces, avec des hanches marquées et des tailleurs aux épaules imposantes.

Un temps très conceptuel, le duo de Proenza Schouler a fait évoluer ses créations ces dernières saisons vers plus de réalisme, une tendance qui s’est confirmée avec la collection printemps 2020 révélée mardi.

Jack McCollough et Lazaro Hernandez ont puisé dans leurs souvenirs des années 80 pour ressortir des pantalons à pinces, avec des hanches marquées et des tailleurs aux épaules imposantes.

S’ils n’ont pas renoncé à leur travail sur la géométrie et les proportions, ils proposent désormais une série de pièces au parfum très sportswear, qui rend aussi leur mode plus accessible.