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La crise se fait sentir dans le «Made in Italy»

Chez Prada (notre photo), on peut même profiter... (Photo: AP)

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Chez Prada (notre photo), on peut même profiter de «promotions spéciales» sur certains produits de la saison en cours.

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Agence France-Presse
Milan

Pas de rues bondées en cette période de Noël dans le «quadrilatère» de la mode à Milan: le Made in Italy semble touché de plein fouet par la crise qui menace de mettre à genoux tout le secteur du textile et oblige les grandes marques de luxe à modifier leur stratégie.

De la prestigieuse rue Montenapoleone aux ruelles adjacentes, les longues files, qui se formaient jadis devant les enseignes les plus chics du quartier, ont totalement disparu.

Dans certaines boutiques, comme chez Prada, on peut même profiter de «promotions spéciales» sur certains produits de la saison en cours. Du jamais vu! Ces rabais de 30 à 40 % qui étaient réservés discrètement avant les soldes aux clientes les plus fidèles se sont aujourd'hui généralisés.

«De très grandes griffes de luxe se sont même mises à lancer des lignes à des prix plus accessibles. Cela montre bien qu'il y a une demande dans ce sens», constate Paolo Fontanelli, administrateur délégué de Furla, marque historique du Made in Italy.

Spécialisée dans la maroquinerie, cette entreprise qui compte près de 300 boutiques dans le monde et réalise un chiffre d'affaires de 150 millions d'euros, est confrontée elle aussi à la crise.

«Notre plan industriel présenté en juin 2007 devra être revu. Comme nos concurrents, nous travaillerons sur deux scénarios: l'un pessimiste et très réaliste et l'autre plus optimiste», explique M. Fontanelli à l'AFP.

«Nous n'avons pas gelé nos investissements, mais nous les avons redéployés dans le temps. Pour ouvrir de nouveaux magasins, nous sommes devenus plus sélectifs. Ce qui ne nous empêche pas de guetter les opportunités, car c'est en période de crise que l'on trouve les bons emplacements beaucoup moins chers», poursuit-il.

La crise pousse par ailleurs les griffes à explorer de nouvelles formes de vente, telles les ventes en ligne ou le «commerce de voyage», par exemple dans les aéroports.

Comme le constatait lors du récent colloque Milano Fashion Global Summit le patron de Salvatore Ferragamo, Michele Norsa: «On ne peut plus se contenter d'attendre le client dans le magasin. Il faut aller le chercher là où il passe».

«En Europe, les consommateurs sont désenchantés, voire démobilisés. Il est donc très important d'innover en mettant au centre du produit des valeurs telles que l'écologie, l'éthique...», note Enrica Corbellini de l'Université milanaise Bocconi.

Parallèlement, la clientèle plus aisée des pays émergents a ralenti elle aussi ses achats. Y compris sur les marchés où les marques transalpines s'étaient fortement développées ces dernières années, comme en Russie.

«C'est catastrophique. Les acheteurs russes ont arrêté brutalement toutes leurs commandes. Or, avant ils payaient tout de suite et en liquide, ce qui permettait aux entreprises textile de faire partir la production. Maintenant tout est bloqué», raconte un consultant italien auprès de détaillants russes.

Première victime de la crise, Lineapiù. Entreprise leader dans la filature et le tricotage, elle a demandé début décembre à être placée sous administration judiciaire.

À l'autre bout de la filière, en grande difficulté financière, le groupe It Holding (Gianfranco Ferré, Malo...), est quant à lui en négociation pour céder une partie de ses actifs à un industriel chinois.

Le patronat italien, la Fédération du textile et de la mode italienne ont tiré la sonnette d'alarme, réclamant à l'État des mesures anticrise.

Selon le patronat, c'est le moyen haut de gamme du Made in Italy qui est le plus à risque avec des ventes qui ont déjà reculé de 3 % dans les neuf premiers mois de l'année.




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