La rentrée est synonyme d’achats pour les familles. Que ce soit pour des raisons financières ou environnementales (ou pour un savant mélange des deux !), on peut très bien s’arranger pour moins consommer et moins dépenser. Voici les étapes à suivre.

Catherine Handfield
Catherine Handfield La Presse

1. Faire le bilan

Ça nécessite un certain temps, mais c’est une étape incontournable : la première chose à faire, c’est de dresser le bilan du matériel scolaire qu’on possède déjà à la maison.

C’est ce que Laure Caillot a fait quand sa fille Éloïse est entrée en maternelle, il y a trois ans. Laure Caillot est consultante zéro déchet pour la coopérative Incita. Ça s’entend dans sa voix : trouver ce dont elle a besoin sans devoir l’acheter neuf n’est pas un fardeau. Au contraire, « ce sont de petites satisfactions personnelles », dit-elle en riant.

Avant que sa fille ne rentre à l’école, donc, Laura Caillot a fait le tour de la maison pour y dénicher des articles sur la liste.

Son cartable bleu, par exemple, je l’ai trouvé en vidant les bureaux. Et ça va faire trois ans qu'[Éloïse] l’a.

Laura Caillot

La boîte à lunch (qu’Éloïse, 8 ans, utilise encore trois ans plus tard), c’est une amie qui la lui a donnée parce qu’elle ne s’en servait plus.

2. Personnaliser et réparer

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Marie-Ève Brunet Kitchen et son fils Antoine ont décoré des étuis à crayons avec des patchs de Harry Potter.

Directrice générale de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille, Marie-Ève Brunet Kitchen en convient : les enfants aiment commencer l’année avec des éléments neufs. « Mais on peut les sensibiliser à la récupération et les faire participer, en leur faisant tester, par exemple, les marqueurs qu’on a à la maison », suggère-t-elle.

Si on en a le temps et l’envie, pourquoi ne pas les inviter à personnaliser leurs articles ? C’est ce que Marie-Ève Brunet Kitchen a fait avec son garçon de 7 ans, Antoine, grand amateur de Harry Potter. « On a pris un des étuis en tissu fabriqués par quelqu’un dans notre entourage, on s’est trouvé des patchs de Harry Potter et on les a cousus dessus », dit-elle. Si Harry Potter devient ringard aux yeux de son fils, il suffira de les découdre.

Par ailleurs, on peut très bien réparer un vieux cartable en le recouvrant de photos et d’une pellicule autocollante, suggère Marie-Ève Brunet Kitchen. « C’est aussi un bon moment pour faire réparer les souliers et les vêtements pour en prolonger l’utilisation », dit-elle.

3. Acheter usagé

Après avoir fait le tour de ce qu’on possède déjà, on peut sonder son entourage pour recevoir ou échanger du matériel. Des groupes d’échange existent dans certains quartiers et certaines écoles, notamment sur les réseaux sociaux, souligne Marie-Ève Brunet Kitchen, qui rappelle que l’on doit continuer à prendre des précautions par rapport à la COVID-19 lors de ces échanges.

Les friperies regorgent aussi de trouvailles intéressantes, des vêtements au sac d’école en passant par les ustensiles et même le matériel scolaire. « Ça peut être surprenant, ce qu’on y trouve », convient Hélène Hétu, consultante budgétaire à l’ACEF Rive-Sud de Montréal. C’est d’ailleurs à la friperie que Laure Caillot a déniché le tablier d’arts plastiques de sa fille. « Une chemise d’homme un peu grande dont j’ai taillé les manches », précise-t-elle, encore fière de son coup.

Les sites comme Kijiji ou Facebook sont aussi des moyens efficaces pour trouver des articles usagés.

4. Acheter intelligemment

En fin de compte, il reste à acheter les articles qu’on n’a pas trouvés ailleurs. « On se fait une liste de ce dont on a besoin et on regarde les circulaires », conseille la consultante budgétaire Hélène Hétu. Il existe des applications (comme Reebee) qui permettent de chercher facilement les articles en solde, note-t-elle.

Si on se rend en magasin, Marie-Ève Brunet Kitchen conseille de laisser les enfants à la maison, pour des raisons sanitaires, mais aussi pour éviter de faire des achats superflus afin de leur faire plaisir.

Quand elle magasine, Laure Caillot achète des éléments neutres (dont sa fille ne se lassera pas), mais aussi durables, quitte à payer un peu plus cher. « J’ai payé peut-être un dollar de plus par Duo-Tang pour ma fille, mais ceux que j’ai achetés pour la maternelle sont encore en état au bout de trois ans », dit Laure Caillot, qui dépense de 30 $ à 35 $ par année pour les articles scolaires d’Éloïse.

5. En cas de besoin

L’année a été éprouvante financièrement pour de nombreuses familles.

Je crois bien qu’avec la pandémie, ce sera une rentrée scolaire difficile pour beaucoup de parents.

Hélène Hétu, consultante budgétaire à l’ACEF Rive-Sud de Montréal

PHOTO FOURNIE PAR HÉLÈNE HÉTU

Hélène Hétu, consultante budgétaire à l’ACEF Rive-Sud de Montréal

Celle qui laisse savoir que les familles dépensent en moyenne 600 $ pour la rentrée scolaire des enfants, incluant les vêtements, invite donc les gens à établir le budget dont ils disposent pour les achats de la rentrée et, en cas de besoin, à demander de l’aide, dit-elle.

Divers organismes offrent du soutien pour la rentrée scolaire, comme des dons de sacs d’école et de fournitures scolaires. Pour être dirigées au bon endroit, les familles peuvent s’adresser aux banques alimentaires, au service 211 (dans le Grand Montréal), au centre d’action bénévole de leur région, à l’école de leurs enfants ou même au bureau de leur député provincial, énumère Hélène Hétu. « Il faut cogner à des portes », affirme-t-elle.