Le niveau d’activité physique des jeunes a considérablement diminué pendant le confinement, selon une enquête menée par Participaction auprès de familles canadiennes un mois après la déclaration de pandémie mondiale par l’OMS. À peine 4,8 % des enfants et 0,8 % des adolescents respectaient alors les directives nationales en matière de mouvement sur 24 heures. Cela veut dire que seul ce petit pourcentage dormait et bougeait suffisamment. Avant le confinement, ce taux était de 15 % – ce qui était déjà inquiétant.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

« Pendant la pandémie, la situation s’est aggravée », dit Steeve Ager, directeur des partenariats pour le Québec de Participaction. Cet organisme à but non lucratif publie aujourd’hui son Bulletin de l’activité physique chez les enfants et les jeunes 2020, le 14e de son histoire.

PHOTO FOURNIE PAR PARTICIPACTION

« On ne peut pas se mettre la tête dans le sable en se disant qu’on est dans une bonne situation », dit Steeve Ager, directeur des partenariats pour le Québec de Participaction.

En plus de distribuer des notes comme un vrai bulletin, cette publication met l’accent sur le rôle de la famille dans l’adoption de comportements sains chez les enfants. « On recommande que chaque parent ou chaque personne significative au sein de la famille se voie et agisse comme un modèle actif, résume Steeve Ager. C’est la clé. » La preuve : quand un parent pratique un sport d’intensité moyenne à élevée pendant 20 minutes, son enfant est actif pendant 5 minutes supplémentaires, selon Participaction. Même pas besoin de faire du sport ensemble pour constater cet effet.

Le bulletin des jeunes, en quelques notes

Voici cinq notes données par Participaction aux jeunes, selon leur performance d’avant la pandémie.

Activité physique : D+

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Les jeunes devraient faire au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité moyenne à élevée.

À peine 39 % des Canadiens de 5 à 17 ans font suffisamment d’activité physique, selon le Bulletin. « C’est alarmant », constate Steeve Ager. L’objectif est d’au moins 60 minutes par jour, d’intensité moyenne à élevée. Au cours des 35 dernières années, « une baisse spectaculaire de la condition physique des enfants canadiens » est observée, selon Participaction. Bouger permet d’améliorer la santé cardiaque, de renforcer les os et les muscles, d’accroître l’estime de soi et de maintenir un poids santé.

Comportements sédentaires : D+

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Les adolescents de 12 à 17 ans passent quatre heures par jour devant un écran en dehors de l’école, selon Statistique Canada.

Le temps passé devant des écrans était déjà en hausse, avant la pandémie. Les adolescents de 12 à 17 ans passent quatre heures par jour devant un écran en dehors de l’école, selon Statistique Canada. Ils ne sont pas les uniques accros : 52 % des parents ont déclaré passer trop de temps devant leurs appareils mobiles en 2019, contre 29 % en 2016. « On recommande de créer un plan familial d’utilisation des écrans », dit Steeve Ager. Ce plan doit préciser le temps maximal et les moments consacrés aux écrans, en faisant des chambres des zones sans tablettes, ordinateurs et téléphones.

Jeu actif : F

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« On voudrait tant que les jeunes passent plus de temps dehors à jouer librement — le fameux jeu libre, — mais c’est en baisse », observe Steeve Ager, de Participaction.

Les Canadiens de 11 à 15 ans déclarent jouer dehors en moyenne 15 minutes par jour. « On voudrait tant que les jeunes passent plus de temps dehors à jouer librement — le fameux jeu libre, — mais c’est en baisse », observe Steeve Ager. Truc imbattable : sortir le plus souvent possible, dans la ruelle, au parc, à la plage, dans une forêt, etc. « Le plein air a démontré son efficacité à emmener les gens à être plus actifs », dit Steeve Ager.

Transport actif : D-

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L’autobus et la voiture sont utilisés par une majorité des jeunes Canadiens pour se rendre à l’école.

Une majorité (63 %) des jeunes Canadiens de 5 à 19 ans utilisent habituellement des moyens de transport inactifs, comme la voiture et l’autobus, pour aller à l’école. Les autres (37 %) sont adeptes de transports actifs (marche, vélo, planche à roulettes, etc.) ou d’une combinaison des deux. C’est trop peu. « Les municipalités peuvent favoriser le transport actif par des aménagements sécuritaires », rappelle Steeve Ager. La Ville de Montréal a aménagé des « voies actives sécuritaires » cet été, pour faciliter les déplacements des piétons et cyclistes pendant la pandémie.

Sports organisés : B

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Les sports d’équipe demeurent populaires auprès des jeunes.

Les deux tiers des élèves de la 6année du primaire à la 3année du secondaire (11 à 15 ans) participent à des sports individuels ou d’équipe, selon des données autodéclarées. « La participation aux sports organisés, c’est encore très fort », se réjouit Steeve Ager. Cet été, « il y a encore des parents qui sont hésitants à inscrire leurs enfants dans des activités physiques et sportives, observe-t-il. On souhaite que la pandémie n’ait pas trop d’effet à long terme et que les jeunes reprennent rapidement l’activité physique. »