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Carrière ou famille, pourquoi choisir?

Est-ce possible? S'il faut en croire une récente enquête américaine, les jeunes femmes ne se posent plus cette existentielle question: elles ont vu leurs mères travailler, et elles comptent bien en faire autant. Mieux: elles veulent une carrière, une vraie. Même (surtout?), si elles ont des enfants.

C'est ce qui ressort d'une étude longitudinale rendue publique le mois dernier par le Families and Work Institute américain, un groupe d'experts à but non lucratif de recherche sur les tendances en matière de travail et de vie de famille.

 

Surprise: alors qu'en 2002, moins d'une fille sur deux (48%) de moins de 30 ans pensait poursuivre sa carrière après avoir fondé une famille (c'était l'époque, souvenez-vous, de la fameuse tendance du opting out), elles sont aujourd'hui largement majoritaires (69% des femmes avec enfants, 66% des femmes sans), à vouloir continuer de gravir les échelons. C'est l'une des premières fois qu'hommes et femmes témoignent d'une semblable ambition professionnelle, souligne l'organisme, qui a sondé 3500 jeunes travailleurs (salariés ou autonomes) de moins de 30 ans.

C'est aussi l'une des premières fois que les jeunes hommes affirment passer autant de temps avec leurs enfants: de 2,4 heures par jour en 1977, ils disent passer aujourd'hui plus de quatre heures par jours en famille (comparativement à cinq heures pour les mères). Conséquence: les jeunes pères sont aussi plus nombreux que les mères à trouver difficile (à 45%, contre 39% des mères) la conciliation famille-travail.

À noter: les jeunes ne sont toutefois pas tous convaincus que ces mères qui travaillent soient pour autant de très bonnes mères. Un homme sur trois, et deux femmes sur 10 continuent de les voir d'un mauvais oeil.

Entre autres données intéressantes, soulignons que de plus en plus de femmes (26%) commencent à gagner autant, sinon plus, que leurs conjoints.

Ces chiffres confirment une tendance observée dans plusieurs pays occidentaux, notamment au Québec, commente Jacques Hamel, professeur de sociologie à l'université de Montréal. «Ce sont des enfants des baby-boomers. C'est une génération qui a connu le double revenu des parents. C'est devenu une norme de compter sur le double revenu dans le ménage», dit-il.

Dans le cadre d'une enquête réalisée pour l'Observatoire Jeunes et Société de l'INRS, le sociologue a interrogé plus de 6000 jeunes cégépiens et universitaires pour sonder leurs valeurs. Verdict? «Aujourd'hui, les filles sont majoritaires dans des domaines jadis réservés aux garçons. En médecine, par exemple. Il n'y a rien d'étonnant à ce qu'elles envisagent une carrière.» Mais pas à n'importe quel prix, nuance-t-il. «C'est très net: ce ne sera pas une carrière au sens traditionnel du terme. Elles ne veulent pas travailler 60 heures par semaine, se défoncer au travail, ou ne miser que sur ça.»

Quant au temps passé en famille par les pères, Jacques Hamel doute qu'il soit si important. Un rapport récent du Conseil de la famille a en effet révélé que les pères s'engageaient certes au sein de la famille, mais consacraient aussi moins de temps qu'avant aux enfants, perdant davantage de temps en déplacements. D'où, peut-être, cette plus difficile conciliation entre boulot, métro, et dodo.

 




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