Depuis le début du confinement, les initiatives artistiques sont nombreuses. Qui n’a pas croisé, affiché dans une fenêtre, un dessin d’arc-en-ciel annonciateur de jours meilleurs à venir ?

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

À Saint-Bruno-de-Montarville, Geneviève Bouthot et ses filles, Alice, 16 ans, et Viviane, 12 ans, ont créé de véritables œuvres d’art bien trop grandes pour être suspendues aux fenêtres.

C’est sur la chaussée, devant la maison familiale, qu’elles ont produit leur « covidart » : de larges fresques de rue, faites à la craie. 

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

La première fresque a été un arc-en-ciel, tracé avec le message « Ça va bien aller », orné de fleurs et d’hirondelles. Très vite, la création a attiré l’œil des passants. « Un voisin nous a même demandé de venir faire un dessin devant chez lui, dit Mme Bouthot. Les gens ont trouvé ça super cool et ça s’est mis à passer sur les réseaux sociaux. » Lorsqu’il a plu, la fresque a été effacée. Geneviève Bouthot et ses filles y ont vu l’occasion de créer un second dessin.

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La mère de famille a elle-même publié la deuxième fresque sur un groupe Facebook citoyen de Saint-Bruno. « On a eu des centaines de commentaires, de partages et de likes ! », raconte-t-elle. Après que la pluie l’a fait disparaître, les voisins se sont mis à demander eux-mêmes quand la prochaine serait créée. Pour Pâques, la thématique s’est imposée. « Chacun a ajouté ses motifs. On crée toujours de manière assez spontanée », explique Geneviève Bouthot.

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« On veut faire sourire, dit Geneviève Bouthot. Les gens nous ont remerciées de mettre de la couleur et un sourire dans leur journée. Certains sont touchés qu’on souligne leur travail. Les gens sont contents d’être représentés et qu’il y ait de l’art et de la couleur dans leur quotidien. Ça change une marche ordinaire : ils font un détour et sont contents de s’arrêter cinq minutes pour faire le tour et discuter. À deux mètres de distance, toujours ! »

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Mme Bouthot, qui suit une formation aux beaux-arts de l’Université Concordia, vante le talent de ses filles, qui ont de toute évidence hérité de ses aptitudes artistiques. Si la création se fait au fil du dessin, la plus récente fresque, représentant des acteurs importants de la crise, illustrés par des animaux qui les représentent, a été planifiée d’avance. « On a fait des recherches pour la symbolique des animaux, savoir qui allait être placé où et qui allait faire quoi », dit Mme Bouthot.

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Cette semaine, Geneviève, Alice et Viviane souhaitent créer une fresque pour la fête des Mères. Ensuite, « la grande va commencer à travailler et la petite va peut-être retourner à l’école, donc on ne sait pas s’il y en aura d’autres ». Quoi qu’il en soit, elle est fière de la vague de positivité que son initiative a générée, dans une période collective où le pessimisme n’est que trop présent.

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Le trio passe environ de sept à dix heures sur chaque fresque. Soit deux après-midi. « On fait les devoirs le matin, puis vers 13 h, on sort, et on dessine jusqu’à 17-18 h, affirme la maman, qui a d’abord pensé à ces fresques comme un projet pédagogique autant que créatif pour ses enfants. Les deux filles grandissent beaucoup dans ce projet. »