Ils habitent dans leur van. Un bus. Sous terre. Ou sur l’eau. Loin du métro-boulot-dodo. Et surtout proche de la terre, des plantes et des animaux. Armés de toilettes sèches et de panneaux solaires, ils ont surtout un quotidien où les temps libres, et le temps tout court, ne sont plus en option.

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

La belle vie avec Go-Van, une série documentaire de 13 courts et dynamiques épisodes, présentée dès jeudi sur Unis TV (également diffusée en ligne), est une invitation au voyage. À la réflexion. Voire à l’introspection.

Assurément au rêve. Car en découvrant les quotidiens de Marie et Francis (qui vivent avec leur fille en quasi-autonomie dans une maison de matériaux recyclés), Jacob et Isabelle (dans leur Mixbus, sorte de bus scolaire transformé en studio d’enregistrement), ou encore Jessie (dans sa mini-maison urbaine sur roues), impossible de ne pas se sentir interpellés. Ou sinon de carrément décrocher. Avis aux intéressés.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Julien Roussin Côté

Julien Roussin Côté, fondateur de Go-Van (une communauté virtuelle de vanlifers) assure la narration de la série, produite par Urbania, dont on reconnaîtra la touche un brin champ gauche. On suit l’homme (qui a lui-même vendu son condo et lâché son boulot pour vivre, depuis six ans maintenant, à temps plein dans son van, un coquet Safari Condo) aller à la rencontre de ces aventuriers plus ou moins marginaux, passant deux jours à leurs côtés.

Qu’ils soient jeunes, retraités, en solo ou en famille, tous ont fait ce choix, comme lui, de vivre intensément, quoique minimalement. Et ce pour des raisons variées : pour fuir « l’emprisonnement » d’une grosse hypothèque, un boulot trop prenant, par conscience écologique ou simplement pour redevenir « maître de [leur] temps ».

À noter, tous viennent ici de l’est du Canada : des Maritimes, du Québec, et de l’Ontario. Candidement, Julien Roussin Côté les interroge, sans filtre et surtout sans jugement. Combien ça vous coûte ? Où sont les toilettes ? Comment vous lavez-vous ? Vous saurez tout. Anecdotes et confidences en prime.

Parlant de conscience écologique, Julien Roussin Côté, qui ne cache pas avoir traversé trois fois le Canada et visité 48 États (avec plus de 250 000 km au compteur), précise qu’il achète des compensations carbone pour réduire son empreinte écologique. L’émission est aussi carboneutre, souligne-t-on dans le générique.

PHOTO FOURNIE PAR UNIS TV

La belle vie avec Go-Van est présentée dès jeudi sur Unis TV, et sera également diffusée en ligne.

Cela étant dit, oubliez ici le modèle hippie, car ces nouveaux « nomades » ou « minimalistes », même s’ils vivent souvent en simili-commune en harmonie avec la nature, sont aussi essentiellement « numériques », précise le narrateur. Ils ont trouvé le moyen, « en grande partie » et surtout « avec créativité », d’apporter leur boulot avec eux sur leur route et dans leur nouvelle vie (« j’ai même croisé un infirmier sur la route ! » assure-t-il).

D’où la grande question : et vous, oseriez-vous ? « J’aimerais que les gens aient cette discussion », souhaite, ultimement, Julien Roussin Côté. Qu’on en parle. Qu’on se questionne. Qu’on s’en inspire, ou non. Son humble avis ? « Quand on veut, dans la plupart des cas, on peut… »

La belle vie avec Go-Van, une série documentaire produite par Urbania, réalisée par Émilie Ricard Harvey et Ariane Moisan, est diffusée à partir de jeudi le 27 février, dès 20h. Également offerte en ligne.