Que sera Montréal en 2050, si la température grimpe de 2 °C ? Huit étudiants et étudiantes du programme Jeunes pousses, de l’Office national du film du Canada (ONF) et de l’UQAM, proposent leur vision d’une ville où, pour survivre, tous doivent se mettre la tête dans une bulle.

Valérie Simard
Valérie Simard La Presse

« 9 octobre 2050. Montréal est suffocante. Je dois prendre soin de ma bulle. » Bulle, plus récent projet de Jeunes pousses, qui nous avait donné l’an dernier Clit-moi, est une expérience interactive à la première personne, à vivre sur son téléphone mobile.

De nouveau-né à vieillard, l’avatar de l’utilisateur doit prendre soin de la bulle qui englobe sa tête, en la nettoyant et en la colmatant, pour tenter de survivre. Une bulle qui est aussi une métaphore de la Terre. « Si chacun portait son petit morceau de la Terre sur lui et que c’était son bout de Terre, on y ferait peut-être plus attention qu’en ce moment, où c’est un problème collectif », affirme Marianne Bourdages, cocréatrice de Bulle et étudiante en communication (médias interactifs) à l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

IMAGE FOURNIE PAR L’OFFICE NATIONAL DU FILM DU CANADA

Bien que la vision présentée soit plutôt apocalyptique, le legs de la bulle à la génération future se veut un message d’espoir.

Il y a de l’espoir, en ce sens qu’on n’aura pas le choix de s’adapter. On va le faire comme il faut. Même si la Terre qu’on nous lègue n’est pas en super bon état. On va faire ce qu’il faut pour la protéger du mieux qu’on peut.

Marianne Bourdages, cocréatrice de Bulle et étudiante en communication (médias interactifs) à l’UQAM

Elle rappelle qu’un réchauffement de la planète de 2 °C d’ici 2050 est un scénario optimiste. Une étude de l’École polytechnique de Zurich, parue en 2019 dans la revue scientifique PLOS One, qui a mesuré l’impact des bouleversements climatiques sur quelque 500 grandes villes du monde, a notamment établi que Montréal se réchaufferait de 3,2 °C d’ici 2050.

> Consultez l’étude (en anglais)

Créé l’an dernier, avant la pandémie, Bulle devait être lancé au printemps. Depuis, l’environnement, sujet qui avait été fort présent dans l’espace public en 2019, s’est retrouvé éclipsé par la COVID-19. « En ce moment, l’environnement est un peu oublié et on espère tellement que ce projet-là va résonner fort pour qu’on puisse en rediscuter, affirme Camille Foisy, cocréatrice de Bulle et diplômée en communication (journalisme) de l’UQAM. En ce moment, on est dans une situation qu’on n’aurait jamais imaginée auparavant. Le fait que la pandémie, on ne s’y attendait pas, est-ce que ça veut dire que les changements climatiques, on ne s’y attendra pas non plus ? Et est-ce que ça peut nous permettre de nous préparer ? »

Bulle est le troisième projet issu du programme Jeunes pousses, un stage de création offert conjointement par le Studio des productions interactives de l’ONF et l’UQAM. Il est en nomination aux Gémeaux dans la section Meilleure expérience interactive : toutes catégories.

> Consultez sur votre téléphone le site consacré à Bulle