Toute l’intensité du regard de Greta Thunberg est capturée dans le dessin qu’Elise Gravel a publié sur les réseaux sociaux, plus tôt cette semaine. Ce portrait de la militante écologiste de 16 ans, qui a confirmé hier sa venue à Montréal le 27 septembre, accompagné de sa réplique à ceux qui critiquent son apparence ou sa différence (Greta Thunberg vit avec le syndrome d’Asperger), a déjà récolté près de 5000 mentions « J’aime » sur le compte Instagram d’Elise Gravel.

Marie Allard Marie Allard
La Presse

« L’effet Greta, je le vois sur les ados, dit la mère de deux filles âgées de 11 et 14 ans. Ça m’impressionne énormément. J’aurais aimé avoir des figures inspirantes comme elle quand j’étais jeune. Je l’apprécie aussi parce que son message me tient beaucoup à cœur, en tant que citoyenne de la Terre. C’est une personne que j’admire beaucoup : elle démontre un courage et une obstination que je trouve admirables. »

L’espoir incarné

Elise Gravel n’est pas la seule artiste québécoise inspirée par la jeune Suédoise. À la demande d’On dira ce qu’on voudra, l’émission animée par Rebecca Makonnen à ICI Radio-Canada Première, le bédéiste Pascal Girard a créé une planche portant sur l’espoir incarné par Greta Thunberg, en cette époque incertaine.

L’illustratrice Marie-Ève Turgeon a peint une Greta Thunberg qui rappelle que « tout ce que nous avons à faire, c’est de nous réveiller et changer ».

« J’ai eu l’élan de dessiner son portrait cette semaine quand j’ai lu les propos de Maxime Bernier, précise-t-elle. [Le chef du Parti populaire du Canada a écrit que Greta Thunberg était “mentalement instable”, avant de s’en excuser.] Ce n’est pas le premier à tenir ce genre de discours… Je me sens interpellée par autant de méchanceté et de manque d’ouverture. » 

J’ai eu besoin de riposter, mais je sais bien que c’est inutile d’essayer de convaincre ces détracteurs. Alors j’ai opté pour faire voir et entendre les propos de Greta le plus possible, de plein de manières différentes et positives.

L’illustratrice Marie-Ève Turgeon

Adeline Lamarre, artiste et illustratrice, a plutôt réalisé un portrait art nouveau de Greta Thunberg, entourée d’animaux en voie de disparition.

Poupée Greta

C’est une poupée Greta à l’air bien décidé que Caroline Lefebvre, de l’Atelier Caroline, a quant à elle mise en scène avec une pancarte disant « Grève de l’école pour le climat » en suédois. L’artiste a réalisé cette œuvre lors du défi créatif #portraitchallenge_2019 sur Instagram.

« J’ai choisi d’illustrer Greta, tout comme Malala [Malala Yousafzai, une jeune militante pour les droits des femmes], puisque j’admire ces jeunes qui sont non seulement bien au fait des enjeux de notre monde, mais qui décident de dédier une bonne partie de leur vie à nous conscientiser », explique Caroline Lefebvre.

Critiques inévitables

Qui dit Greta dit aussi haine – et les artistes qui l’ont comme muse n’y échappent pas. « Si vous n’avez pas encore compris que cette gamine est manipulée, autiste ou pas, vous ne comprendrez jamais rien », a écrit un internaute sur la page Facebook d’Elise Gravel. « Un adorable porte-voix communiste », peut-on aussi lire.

L’illustratrice est habituée aux critiques. Elle offre gratuitement aux enseignants et aux parents des affiches et des bandes dessinées sur des thèmes comme le racisme, les réfugiés ou le consentement. Produites en anglais et en français, elles font le tour du monde sur l’internet. 

Je me fais attaquer vraiment beaucoup, comme toutes les femmes qui essaient de changer les choses. Il faut se faire à l’idée, on ne s’en sort pas.

L’auteure et illlustratrice Elise Gravel

Ses œuvres sur les stéréotypes de genre (précisant que les garçons ont le droit de pleurer) et celles avec des familles homoparentales suscitent le plus de controverse. « Des gens me disent que je suis en train de pourrir le cerveau des enfants », témoigne Elise Gravel.

Son portrait de Greta Thunberg est plus consensuel. « Tu ne peux pas t’opposer au fait qu’il ne faut pas attaquer les gens sur leur apparence physique et sur leurs différences si tu veux débattre, observe Elise Gravel. Ce ne sont pas de bons arguments. »