On dit que l’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage. Dans le cas du petit Kirill Gladyshevskiy, l’expression prend tout son sens. En rémission d’une leucémie, le jeune Vancouvérois a réalisé la semaine passée un rêve qu’il caressait depuis longtemps : devenir, le temps d’un vol, agent de bord. Nous l’avons rencontré à la fin de sa formation avec l’équipe d’Air Transat.

Sophie Ouimet Sophie Ouimet
La Presse

C’est aujourd’hui, en ce vendredi pluvieux, que Kirill termine sa formation d’une semaine d’agent de bord. Sous peu, on lui remettra son diplôme et son épinglette en forme d’ailes, dont il pourra fièrement parer son uniforme. Dans deux jours, il aura l’occasion de tester ses nouvelles connaissances : il prendra l’avion pour rentrer à Vancouver, non pas comme passager, mais comme agent de bord !

Rares sont les jeunes de 14 ans qui vivent une telle expérience. Et, en effet, le parcours de Kirill n’a rien de celui d’un adolescent typique. Né au Kazakhstan, il vit à Vancouver depuis l’âge de 2 ans. À 6 ans, il a appris qu’il était atteint d’une leucémie lymphoblastique aiguë. Aujourd’hui en rémission, il a eu l’occasion de réaliser son plus grand rêve grâce à la fondation Rêves d’enfants, qui a fait équipe avec Air Transat pour lui faire suivre une formation accélérée d’une semaine d’agent de bord. L’organisme canadien, qui permet à des jeunes atteints d’une maladie grave de réaliser leur plus grand rêve, exauce les souhaits d’environ 300 jeunes Québécois par année, qui vont du voyage à Walt Disney World aux rencontres avec des célébrités. Mais le souhait le plus cher de Kirill, lui, se passe 30 000 pieds dans les airs.

Pour le moment, toutefois, le jeune garçon a les deux pieds sur terre. Timide, réservé, il s’anime néanmoins quand on lui parle du métier d’agent de bord, dont il a appris les rudiments cette semaine avec un groupe d’étudiants. Ce matin, il a essayé les glissades d’évacuation, qui se sont avérées plus rapides que ce qu’il s’était imaginé. « Ç’a fait augmenter les battements de mon cœur ! », lance-t-il en souriant, attablé dans la cafétéria du siège social d’Air Transat.

Ses moments préférés ? Il a adoré ouvrir et fermer la porte de l’avion ; mais, par-dessus tout, il a aimé faire le service. « On est dans un espace très serré, mais en même temps, c’est si élégant d’avoir le chariot où il y a toutes les boissons, et de servir les passagers. »

« J’aime surtout comment l’équipage d’un avion utilise l’espace, pour qu’il y ait plus de place dans un petit environnement. »

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Dans deux jours, Kirill Gladyshevskiy aura l’occasion de tester ses nouvelles connaissances : il prendra l’avion pour rentrer à Vancouver, non pas comme passager, mais comme agent de bord.

Pour les besoins de la formation, les étudiants se servaient entre eux, jouant à tour de rôle celui d’agent de bord ou de passager — ce qui implique de manger la nourriture d’avion. Un exercice que Kirill a tout particulièrement aimé, surtout qu’il adorait le groupe avec lequel il travaillait, même s’ils étaient tous plus vieux que lui.

C’est d’ailleurs la qualité du service qu’il avait reçu dans un avion de KLM, vers l’âge de 10 ans, qui l’a allumé la première fois. « J’ai tellement aimé le service à bord que je suis tombé amoureux de la profession », raconte-t-il.

Comment Kirill envisage-t-il son retour à Vancouver ? Avec une certaine fébrilité, concède-t-il. « Je me sens un peu stressé, parce que je ne serai pas dans un environnement contrôlé. Pendant la formation, on a le choix d’arrêter ou de continuer. Pas dans un vrai vol ! » Ses parents et son frère, qui ont fait le voyage avec lui, seront d’ailleurs parmi les passagers.

Mais, en attendant, il compte bien profiter de Montréal avec eux, une ville qu’il a visitée seulement une fois lors d’un voyage avec sa classe d’immersion française. Le soir même, la famille prévoyait d’ailleurs aller voir le spectacle multimédia Aura, à la basilique Notre-Dame.

Sur ces entrefaites, une partie du groupe avec lequel Kirill a fait sa formation entre dans la cafétéria et salue le jeune garçon chaleureusement. C’est le temps de le laisser rejoindre son équipe et de se préparer à la cérémonie… avant de prendre son envol !