Amoureux de la nature, désireux de renouer avec l'histoire et le cachet d'antan de leur maison datant de 1879, Lisette Rodrigue et François Côté se sont lancés dans la rénovation et la préservation de ce qu'ils appellent maintenant leur «havre de paix».

Luce Dallaire, collaboration spéciale LE SOLEIL

«D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours eu un faible pour les vieilles maisons. Je me promenais dans les rangs et j'entrais dans les maisons abandonnées par simple curiosité», raconte Lisette Rodrigue.

Il y a quatre ans, par une superbe journée ensoleillée du mois de mai, emportée par l'enthousiasme, Lisette s'est quasiment perdue alors qu'elle parcourait les sentiers bordant une petite maison du rang Sainte-Marguerite, à Saint-Philibert, avec laquelle elle et son conjoint, François Côté, sont littéralement tombés en amour.

Coup de foudre instantané

«L'aspect de la maison laissait à désirer. Le vinyle était tout croche, les fenêtres ne correspondaient pas du tout à son âge, mais malgré cela j'ai tout de suite détecté son potentiel», dit la designer de formation.

«Nous avons eu un véritable coup de foudre pour cette maison, de sorte que nous avons mis en vente notre résidence spacieuse de Saint-Georges pour entreprendre cette aventure de la rénovation», enchaîne François, un technicien en informatique, qui à ses heures troque le clavier de son ordinateur pour des outils.

«Nous avons emménagé en novembre. Avant que l'hiver ne nous tombe dessus, nous avons redoublé d'efforts et mis un mois seulement à refaire les planchers, les armoires, la plomberie, l'électricité pour pouvoir l'habiter avec nos deux enfants», dit-il encore.

Après trois ans de travaux minutieux réalisés à un rythme intensif, le résultat est subjuguant.

Cela a d'ailleurs valu au couple de remporter, en mai, un Prix du patrimoine dans la catégorie Conservation et préservation.

Contrats datés de 1879

«Les premiers contrats notariés datent de 1879. Personne ne sait si la maison a été construite au moment de l'acquisition du terrain. À cette époque, il fallait parfois plus d'un an pour construire. La maison est montée sur un carré de pièces de bois. Chaque arbre a été équarri à la hache. Puis l'«ingénieux» passait et déterminait dans quel ordre et comment placer chacune des pièces à enchevêtrer en queue d'aronde», dit M. Côté.

Sous le vinyle extérieur, François Côté a retrouvé un papier noir, des planches à la verticale, un autre papier noir avant d'atteindre les poutres.

«Nous ne savions pas si nous en viendrions à bout. Nos outils sont plus performants que ceux de jadis. J'imagine tout le travail des bâtisseurs et je les admire», note-t-il.

Lisette Rodrigue se plaît à retaper, redonner vie, récupérer, transformer.

«Ça me fascine de voir dans le grenier une planche de 21 pouces de large provenant d'un arbre de 178 ans. Les cernes de croissance sont rapprochés alors il ne poussait pas vite. Ces découvertes nous renversent! Il n'y en a plus d'arbres comme ça ici de nos jours. Plusieurs familles ont vécu ici. Cette maison a une histoire, une âme», explique-t-elle.

Harmonie avec la nature

Autour de Lisette et François, environnement luxuriant et nature généreuse se conjuguent au plus-que-parfait.

«Chez nous, c'est la campagne avec paix et tranquillité. La plupart des gens ont une maison en ville et, de surcroît, un chalet à la campagne. Ici, tout est intégré. Les jardins sont magnifiques. Nous avons une trentaine de pommiers, une grande framboisière, une cédrière. Dès la fonte des neiges, les crocus pointent vers le soleil et, au fil des mois, les vivaces nous émerveillent, en s'ouvrant les unes après les autres», dit François en saluant le talent d'horticulteur de l'ancien propriétaire.

Quelques animaux courent autour de la maisonnée. Deux poules, un chat et, parfois, lièvres et chevreuils traversent le terrain.

«Il reste à terminer la rampe de la galerie, le vestibule et le plafond du bas. Nous retaperons le poulailler, l'atelier et le petit chalet dans la forêt. Cela nous prendra deux ans minimum, mais nous affectionnons tous ces petits bâtiments qui font partie d'un patrimoine qui inspire notre quotidien. Nous y prenons plaisir», termine la maîtresse des lieux.

Cette année, six maisons de la grande région de Québec ont raflé un Prix du patrimoine pour la qualité de la préservation de leur cachet d'antan. Le Soleil vous présente, à raison d'une par semaine, ces belles d'autrefois qui ont bien vieilli, grâce aux bons soins de leurs propriétaires. Nous vous présentons aujourd'hui la résidence de Lisette Rodrigue et de François Côté.