De Toronto, il faut compter environ 45 minutes pour atteindre la municipalité de Caledon... là où se trouve la plus récente réalisation de l'architecte Ian MacDonald. Sur une route qui traverse un pré, il m'indique où se «cache» cette résidence secondaire (de plus de 372 m2 ou 4000 pi2) qu'il a conçue pour une famille torontoise.

Mis à jour le 27 mai 2011
Lucie Lavigne LA PRESSE

J'ai beau chercher... Tout à coup, j'aperçois deux fenêtres insolites derrière une petite colline. «On jurerait des périscopes!», ai-je lancé spontanément. Pragmatique, l'architecte précise que ces deux puits de lumière verticaux érigés sur le toit vert (qui se confond à la verdure du terrain) n'ont rien de décoratif.

Orientées au sud, elles permettent de mieux capter la lumière en hiver, alors que le soleil est plus bas dans le ciel. L'été, on peut les ouvrir grâce à une commande électrique afin d'améliorer la ventilation naturelle et ainsi évacuer la chaleur.

«Vous n'avez donc jamais été influencé par le périscope?», ai-je répété. «Non, dit-il. Ces fenêtres peuvent paraître énigmatiques, mais elles sont strictement fonctionnelles», ajoute-t-il.

Immergée dans les prés...

Instinctivement, les propriétaires pensaient d'abord élever leur nouvelle résidence au sommet de la colline, à proximité des deux bâtiments existants (une ancienne maison et une grange). Logique, non? Pas pour Ian MacDonald. Ce dernier a préféré que la propriété s'immisce dans la prairie, en retrait de la route où circulent des camions et des autocars. Un chemin permet aujourd'hui de découvrir progressivement l'habitation bardée d'acier ondulé Galvalume au gré du vallonnement. Une fois arrivé, on voit alors avec étonnement qu'un cours d'eau - qui coule jusqu'à la grange - a été aménagé entre un mur de granit et la façade vitrée.

Conséquence: la route bruyante n'est plus visible par les occupants du domicile et c'est plutôt le ruissellement de l'eau qui se fait entendre. C'est aussi dans cette perspective que l'on «redécouvre» la maison de pierres du XIXe siècle et la grange, situées à l'autre extrémité.

L'art de cadrer le paysage

Qui ne souhaite pas trouver un lieu idyllique pour bâtir sa maison ou son chalet? «Mais les lots parfaits sont de plus en plus rares, rappelle Ian MacDonald. Alors qu'il est facile d'avoir des vues époustouflantes sur un paysage remarquable (bord de lac, de mer, montagne...), il faut être plus inventif pour en obtenir sur un terrain ordinaire», dit-il.

Un des moyens d'y arriver? Savoir cadrer le paysage. Créer des perspectives. Voilà la clé!

«Le fait d'avoir une vue d'ensemble du haut d'un promontoire ou d'une colline n'est pas nécessairement palpitant. Je dirais même qu'à trop voir, vous ne voyez rien, estime l'architecte. De la même manière, un photographe vous proposera une façon d'admirer un lieu plutôt que de croquer le paysage en entier.»

Il poursuit: «Le relief est passablement «sage» en Ontario. Il importe donc de concevoir une relation très particulière entre les occupants d'une habitation et leur environnement. En clair, des fenêtres judicieusement aménagées sauront révéler les qualités du terrain. Ce qui pourrait même le rendre saisissant.»