Avant de se lancer dans la construction de la maison de leurs rêves, les propriétaires d’un vaste terrain à flanc de montagne des Laurentides ont choisi de le découvrir en y logeant dans une roulotte. Cette exploration a permis à Alain Carle de concevoir une architecture organique sur un site défini par la roche.

Publié le 22 avril
Muriel Françoise
Muriel Françoise Collaboration spéciale

Au crépuscule, la maison d’Alain et de Jean-Pierre rappelle un peu une lanterne ou une pagode japonaise pointée vers le ciel. La lumière tamisée qui s’échappe de ses grandes fenêtres éclaire la forêt aux alentours. Le terrain de 5 acres acheté à Morin-Heights en 2019 se distingue par son relief très escarpé. C’est ici, à flanc de falaise, qu’ils ont décidé de venir se poser après une carrière intense pour se laisser gagner par la sérénité de la nature et partager de beaux moments en compagnie de leurs proches.

En délaissant Montréal pour les vertes Laurentides, ils sont partis en quête d’un nouveau mode de vie. Pour décider de l’emplacement de leur maison, ils n’ont pas hésité à s’installer préalablement sur le site grâce à une roulotte empruntée à un membre de la famille. Au fil des jours, une circulation, guidée en bonne partie par le soleil, s’est naturellement dégagée. Comme un parcours agrémenté d’aires pour se rassasier, se rafraîchir, se divertir, se reposer et admirer l’horizon.

Un espace articulé autour de trois plateaux rocheux où ils ont chargé l’architecte Alain Carle de dessiner les contours de leur maison en tenant compte de cet environnement sauvage apprivoisé.

Le projet s’est arrimé sur les caractéristiques topographiques du terrain, comme une sorte de halte en forêt. La maison suit un sentier qui existait déjà.

Alain Carle, architecte

« En me promenant sur le site, j’ai découvert un grand cap rocheux avec des tables et des chandeliers où les propriétaires aimaient faire la fête avec leurs amis. C’était leur coin préféré. Nous avons donc décidé de construire la maison à cet endroit en faisant en sorte de modifier le moins possible la structure paysagère qui était déjà là », poursuit-il.

  • Les deux pavillons, un de jour de deux étages et un de nuit de trois étages, sont reliés par un passage vitré donnant sur la grande terrasse parfaite pour recevoir en plein air.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    Les deux pavillons, un de jour de deux étages et un de nuit de trois étages, sont reliés par un passage vitré donnant sur la grande terrasse parfaite pour recevoir en plein air.

  • La relation avec l’extérieur a guidé le travail de l’architecte. L’idée est de pouvoir ouvrir la maison au maximum pour créer un dialogue avec la nature.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    La relation avec l’extérieur a guidé le travail de l’architecte. L’idée est de pouvoir ouvrir la maison au maximum pour créer un dialogue avec la nature.

  • « En me promenant sur le site, j’ai découvert un grand cap rocheux avec des tables et des chandeliers où les propriétaires aimaient faire la fête avec leurs amis. C’était leur coin préféré. Nous avons donc décidé de construire la maison à cet endroit », raconte Alain Carle.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    « En me promenant sur le site, j’ai découvert un grand cap rocheux avec des tables et des chandeliers où les propriétaires aimaient faire la fête avec leurs amis. C’était leur coin préféré. Nous avons donc décidé de construire la maison à cet endroit », raconte Alain Carle.

  • Alain et Jean-Pierre n’avaient aucune idée préconçue de ce qu’ils voulaient, mais ils sont comblés par leur nouveau domaine. Le spectacle sans cesse renouvelé de la nature auquel ils assistent de façon privilégiée ne cesse de les surprendre.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    Alain et Jean-Pierre n’avaient aucune idée préconçue de ce qu’ils voulaient, mais ils sont comblés par leur nouveau domaine. Le spectacle sans cesse renouvelé de la nature auquel ils assistent de façon privilégiée ne cesse de les surprendre.

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Approche transversale

Une architecture verticale s’impose comme une évidence pour respecter les nouvelles habitudes de vie d’Alain et de Jean-Pierre, mais aussi l’écosystème de la forêt à la végétation touffue et sillonnée d’un joli ruisseau. « Nous voulions couper le moins d’arbres possible pour ne pas endommager la nature, et donner l’impression que la maison avait toujours été là », raconte Alain.

Deux pavillons, un de jour de deux étages et un de nuit de trois étages, sont reliés par un passage vitré donnant sur la grande terrasse parfaite pour recevoir en plein air. La relation avec l’extérieur est au cœur des réflexions. L’idée est de pouvoir ouvrir la maison au maximum pour créer un dialogue avec la nature.

La structure en hauteur des bâtiments évoque celle des arbres qui composent le paysage, et la position des fenêtres révèle différentes vues sur celui-ci. De grandes marquises permettent également de laisser certaines d’entre elles ouvertes par temps de pluie. « Lorsqu’on est en forêt, entendre la pluie tomber a quelque chose de magique. Je ne voulais pas perdre ce contact avec la nature », fait remarquer Alain, qui s’est occupé du suivi du chantier avec l’entrepreneur Dominic Toutant, ainsi que de l’aménagement paysager du site.

  • De nombreux détails permettent de rester au plus près de la nature et de profiter de ses bienfaits.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    De nombreux détails permettent de rester au plus près de la nature et de profiter de ses bienfaits.

  • Les propriétaires voulaient couper le moins d’arbres possible, « donner l’impression que la maison avait toujours été là ».

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    Les propriétaires voulaient couper le moins d’arbres possible, « donner l’impression que la maison avait toujours été là ».

  • C’est l’intérêt d’Alain Carle pour le contexte dans lequel ses projets s’inscrivent qui a surtout incité les propriétaires à lui confier la construction de leur maison.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    C’est l’intérêt d’Alain Carle pour le contexte dans lequel ses projets s’inscrivent qui a surtout incité les propriétaires à lui confier la construction de leur maison.

  • Alain et Jean-Pierre n’avaient aucune idée préconçue de ce qu’ils voulaient, mais ils sont comblés par leur nouveau domaine.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    Alain et Jean-Pierre n’avaient aucune idée préconçue de ce qu’ils voulaient, mais ils sont comblés par leur nouveau domaine.

  • La position des fenêtres révèle différentes vues sur le paysage.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR ALAIN CARLE

    La position des fenêtres révèle différentes vues sur le paysage.

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Une mission parsemée d’obstacles dans cette zone très escarpée et avec une pandémie qui est venue contrarier le calendrier des travaux.

L’importance du lieu

C’est l’intérêt d’Alain Carle pour le contexte dans lequel ses projets s’inscrivent qui a surtout incité les propriétaires à lui confier la construction de leur maison. Un aspect primordial de toute réalisation qui, à l’ère de la profusion d’images sur les réseaux sociaux, tend, selon l’architecte, à être relégué à l’arrière-plan.

Beaucoup de gens passent à côté d’un lieu. Les questions esthétiques pour l’intérieur deviennent plus importantes que ce que l’environnement extérieur peut apporter à leur vie.

Alain Carle, architecte

Alain et Jean-Pierre ne disposaient pas de photos de référence pour nourrir leurs échanges avec l’équipe de l’architecte. Ils n’avaient aucune idée préconçue de ce qu’ils voulaient, mais ils sont comblés par leur nouveau domaine. Le spectacle sans cesse renouvelé de la nature auquel ils assistent de façon privilégiée ne cesse de les surprendre.

« Il est différent tous les jours en fonction du temps qu’il fait, s’émerveille Alain. Lorsque du verglas recouvre les branches des arbres et que le soleil se met à briller, il y a des étincelles de lumière partout dans la maison. »

Pour mieux permettre à la lumière de se disperser dans l’espace, les chaises de la salle à manger, encadrant une table au plateau fabriqué avec des érables abattus pour la maison, sont translucides. Une attention parmi de nombreuses autres pour rester au plus près de la nature et profiter de ses bienfaits.

Consultez le site d’Alain Carle