Quand les clients ont contacté Bourgeois Lechasseur pour leur projet de chalets avec une façade miroir, les architectes se sont empressés d’accepter. Mais il était évident pour eux qu’ils allaient pousser la réflexion plus loin, dans tous les sens du terme.

Publié le 9 février
Sophie Ouimet
Sophie Ouimet La Presse

Les deux chalets sont implantés dos à dos, sur un terrain boisé de Charlevoix. Chacun est doté d’une façade qui semble faite d’un long miroir, où se réfléchit la nature environnante.

PHOTO MAXIME BROUILLETTE, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTES

Le chalet se fait aussi discret en hiver.

Si cela semble le point focal du projet — et ce l’est —, les architectes ont voulu aller au-delà du miroir dans leur démarche, pour créer un objet dont toutes les façades s’avèrent intéressantes. « Pour éviter que ça se résume juste à un projet miroir dans la nature, on a pris soin de voir ça comme un objet sculpté, qui est bien travaillé sur chacune des faces », précise Olivier Bourgeois, cofondateur du cabinet de Québec avec Régis Lechasseur.

Aspect de découverte

Par exemple, l’extrémité du prisme, là où se trouve l’entrée, semble aspirée vers l’intérieur. « Ça vient créer quelque chose de plus invitant et de plus intrigant, poursuit Olivier Bourgeois. C’est la première chose qu’on voit quand on arrive dans le sentier. » Il y a donc un aspect de découverte, ajoute-t-il, puisqu’on n’aperçoit pas tout de suite la façade miroir à l’arrivée. « Quand on fait le tour du chalet, c’est quand même intéressant de le découvrir au-delà de juste se prendre en photo devant un miroir. »

  • Toutes les façades du prisme ont été travaillées, insiste l’architecte. Par exemple, l’extrémité semble avoir été aspirée vers l’intérieur, pour rendre l’entrée plus invitante.

    PHOTO ADRIEN WILLIAMS, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTES

    Toutes les façades du prisme ont été travaillées, insiste l’architecte. Par exemple, l’extrémité semble avoir été aspirée vers l’intérieur, pour rendre l’entrée plus invitante.

  • Le bâtiment a été conçu afin qu’il y ait un aspect découverte lorsqu’on en fait le tour. La façade réfléchissante ne se révèle pas au premier coup d’œil.

    PHOTO ADRIEN WILLIAMS, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTE

    Le bâtiment a été conçu afin qu’il y ait un aspect découverte lorsqu’on en fait le tour. La façade réfléchissante ne se révèle pas au premier coup d’œil.

  • L’illusion est presque totale… au point où des repères ont été placés sur la façade pour éviter que les oiseaux ne frappent le verre.

    PHOTO ADRIEN WILLIAMS, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTES

    L’illusion est presque totale… au point où des repères ont été placés sur la façade pour éviter que les oiseaux ne frappent le verre.

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Pour éviter que les oiseaux se blessent en entrant en collision avec la vitre, des repères ont été placés. Il s’agit de points noirs collés partout sur le verre à environ 6 po de distance. « C’est approuvé par des organismes aux États-Unis. Ils mettent ça sur des tours de bureaux, par exemple, pour justement éviter qu’il y ait trop d’oiseaux qui frappent le verre. »

Voir double

Si deux chalets ont été construits, qui sont d’ailleurs offerts en location, c’est qu’il s’agissait d’une demande des clients — les mêmes derrière les fameux dômes de Charlevoix, également réalisés avec Bourgeois Lechasseur. D’une superficie d’environ 850 pi⁠2, les chalets peuvent accueillir de quatre à six invités chacun.

Consultez le site de Dômes Charlevoix

Situés à une quarantaine de mètres l’un de l’autre, les chalets bénéficient tout de même d’une bonne intimité, notamment parce qu’ils se tournent le dos. Pour être fidèles à la logique du projet, leurs plans sont également faits en miroir, c’est-à-dire qu’ils sont presque identiques, mais inversés, comme s’il y avait un axe de réflexion entre les deux.

Ça a l’air simple comme ça, mais c’est un peu déroutant, car tout est vraiment inversé. On a toujours travaillé le premier chalet, et là, quand on rentre dans le deuxième, tout est comme à l’envers, et le paysage est différent en plus.

Olivier Bourgeois, cofondateur du cabinet Bourgeois Lechasseur

Vrai, la nature semble aussi avoir eu son mot à dire dans l’élaboration du projet, parce que même le couvert végétal qui borde chaque bâtiment varie. « Il n’y a pas nécessairement les mêmes arbres, poursuit l’architecte. D’un côté, c’est plus éclairci, avec des feuillus et des troncs d’arbres très fins, et de l’autre, on retrouve plus de conifères. Quelqu’un pourrait y aller deux fois, et faire les deux chalets, dans un décor quand même un peu différent. »

  • Les architectes ont opté pour des matériaux bruts, pour que les occupants se sentent encore plus près de la nature : planchers de béton (chauffants), plafonds de bois… La cuisine, sombre mais fonctionnelle, se fond dans l’espace pour laisser la place à l’aire ouverte.

    PHOTO MAXIME BROUILLETTE, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTES

    Les architectes ont opté pour des matériaux bruts, pour que les occupants se sentent encore plus près de la nature : planchers de béton (chauffants), plafonds de bois… La cuisine, sombre mais fonctionnelle, se fond dans l’espace pour laisser la place à l’aire ouverte.

  • « Il faut vraiment donner la transparence la plus totale sur la nature pour s’y sentir vraiment immergé », dit Olivier Bourgeois à propos des baies vitrées qui vont du plancher jusqu’au plafond.

    PHOTO MAXIME BROUILLETTE, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTES

    « Il faut vraiment donner la transparence la plus totale sur la nature pour s’y sentir vraiment immergé », dit Olivier Bourgeois à propos des baies vitrées qui vont du plancher jusqu’au plafond.

  • D’un côté (celui opposé à la grande baie vitrée), on trouve les deux chambres ainsi que la salle de bains.

    PHOTO MAXIME BROUILLETTE, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTES

    D’un côté (celui opposé à la grande baie vitrée), on trouve les deux chambres ainsi que la salle de bains.

  • Partout à l’intérieur, on retrouve les matériaux bruts et neutres – béton, bois — et l’ouverture sur l’extérieur… jusque dans la salle de bains.

    PHOTO MAXIME BROUILLETTE, FOURNIE PAR BOURGEOIS LECHASSEUR ARCHITECTES

    Partout à l’intérieur, on retrouve les matériaux bruts et neutres – béton, bois — et l’ouverture sur l’extérieur… jusque dans la salle de bains.

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À l’intérieur, le plan a été conçu pour qu’on se sente vraiment dans la nature. Les chambres se trouvent d’un côté et, de l’autre, se déploie une aire ouverte avec les pièces de vie, qui donnent sur la grande baie vitrée. L’utilisation de bois pour les plafonds vise aussi à donner un côté chaleureux.

Mais la question demeure : comment procéder pour qu’on perçoive un miroir de l’extérieur, et une fenêtre à l’intérieur ? C’est une pellicule dans le verre qui donne cet effet, explique Olivier Bourgeois. « Ça amène une légère teinte un peu rosée à l’intérieur du chalet, mais l’effet de transparence est vraiment là. Quand on est à l’extérieur et que les lumières intérieures s’allument, en soirée, on entrevoit quand même assez bien l’intérieur. C’est là que l’on comprend que c’est vraiment une fenêtre, et non un miroir complètement opaque. »

Consultez le site de Réflexion Charlevoix