La tête encore au Japon, un jeune couple de Montréal s’est laissé guider par La Shed Architecture pour rénover une maison étroite au coin d’une ruelle grâce à un travail en profondeur. Des passerelles rythment la vie familiale dans le nouvel espace traversé de lumière. Une ouverture et une mise en perspective bienvenues au quotidien.

Publié le 2 déc. 2021
Muriel Françoise
Muriel Françoise Collaboration spéciale

La quête de Jamie et de Magali dans la jungle immobilière montréalaise en 2017 était très pointue : une maison à l’angle d’une rue et d’une ruelle. Une envie venue d’un voyage au Japon. « C’est en marchant dans les ruelles de Kyoto que cette relation privilégiée avec la ville a éveillé notre intérêt », raconte Jamie. « On y trouve toute une dynamique de vie, une énergie, un dialogue avec le quartier. » Au point de ne pas trop s’attarder sur les quelques faiblesses de la bâtisse qu’ils visitent sur le Plateau, près du parc La Fontaine, lorsqu’ils envisagent de quitter leur appartement du Mile End.

  • L’ancien duplex du Plateau Mont-Royal a été entièrement transformé.

    PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LA SHED ARCHITECTURE

    L’ancien duplex du Plateau Mont-Royal a été entièrement transformé.

  • Les architectes ont décidé d’exploiter à son maximum la verticalité de ce duplex étroit.

    PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LA SHED ARCHITECTURE

    Les architectes ont décidé d’exploiter à son maximum la verticalité de ce duplex étroit.

  • À l’intérieur, des passerelles en acier et en bois ajourées relient les pièces aux étages.

    PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LA SHED ARCHITECTURE

    À l’intérieur, des passerelles en acier et en bois ajourées relient les pièces aux étages.

  • Les passerelles sont la colonne vertébrale de la maison.

    PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LA SHED ARCHITECTURE

    Les passerelles sont la colonne vertébrale de la maison.

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Comme souvent, l’ancien duplex, construit au début du siècle dernier, a perdu tous ses détails d’origine à la suite de travaux de rénovation dans les années 1980 sans égard pour son histoire. La Shed Architecture, à laquelle le couple confie la transformation de la maison qui accueillera sa future famille, en profite pour l’agrandir sans empiéter sur le voisinage. Elle refait entièrement la façade éprouvée par les ans grâce à des recherches aux archives de la Ville, et enlève les balcons côté jardin pour repousser les murs extérieurs, ce qui permet de gagner une surface de 4 pi sur quatre niveaux.

Les architectes décident également d’exploiter la verticalité du bâtiment au moyen de passerelles en acier et en bois ajourées pour relier les pièces assez petites aux étages — et nomment le projet en conséquence : Passerelles.

Les passerelles constituent la colonne vertébrale de la maison. Cette sorte de grand atrium la structure.

Sébastien Parent, cofondateur de La Shed

« Elles suscitent des émotions, et donnent une perspective », complète Jamie, qui en fait l’expérience quotidiennement depuis l’été 2020.

Mise en lumière

PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LA SHED ARCHITECTURE

La salle de bains, inspirée des sources thermales japonaises, est habillée de noyer.

Luxe très appréciable en ville, l’absence de voisins directs grâce à la ruelle permet de poser une grande fenêtre sur un mur latéral en hauteur qui, avec un puits de lumière au troisième niveau, contribue à ouvrir l’espace. Les nouvelles passerelles dessinent un parcours rythmé par le soleil et l’architecture avec des zones d’ombre et de pénombre, plus intimes et reposantes. Comme pour la salle de bains séparée des paliers par un verre dépoli, habillée de noyer et inspirée des sources thermales japonaises visitées par Jamie et Magali. L’essence de bois est d’ailleurs choisie pour les planchers des étages de façon à réchauffer l’intérieur et à créer un jeu de contraste qui accroche le regard. Autrement dit, à favoriser une ambiance tout en douceur malgré le minimalisme du lieu.

Le séjour, au rez-de-chaussée, réunit, lui, salle à manger, salon, garde-manger et cuisine, sans îlot ! Cette volonté des jeunes propriétaires, à l’ancienne, permet de ne pas encombrer la pièce. « Nous ne cuisinons pas beaucoup ; le large comptoir de la cuisine nous suffit », confie celui qui, entre-temps, est devenu papa de deux petites têtes blondes.

Nous avons préféré garder de la place pour circuler dans l’espace. Une grande table sert d’îlot. J’y coupe les légumes, et les enfants y feront plus tard leurs devoirs.

Jamie, copropriétaire

Fenêtres ouvertes

  • La cour est verdoyante, et intime.

    PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LA SHED ARCHITECTURE

    La cour est verdoyante, et intime.

  • Le bureau du troisième niveau offre une vue imprenable sur la ruelle et le Plateau.

    PHOTO MAXIME BROUILLET, FOURNIE PAR LA SHED ARCHITECTURE

    Le bureau du troisième niveau offre une vue imprenable sur la ruelle et le Plateau.

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Si le séjour, avec sa grande porte-fenêtre donnant sur une jolie cour verdoyante et un garage-atelier, laisse le visiteur rêveur, c’est pourtant au sous-sol que la famille aime se retrouver. C’est d’ailleurs dans cette pièce érigée sur de nouvelles fondations qu’elle s’installe souvent pour lire, jouer ou regarder la télévision. Pour y accueillir la précieuse lumière naturelle, une cour anglaise a été aménagée en dessous de la terrasse en lattes de bois menant au jardin. Cette petite ouverture de 20 pi sur 6 pi, dont le lit de gravier rappelle les jardins zen japonais, permet aux enfants de s’amuser dehors en toute sécurité et agrandit l’espace en favorisant un art de vivre en harmonie avec son milieu.

Nous avons essayé de densifier l’habitat de ville par le bas pour en faire un étage à part entière, un lieu de qualité où l’on ait envie de s’installer.

Sébastien Parent, cofondateur de La Shed

L’ouverture sur l’extérieur, travaillée de part et d’autre de la maison, réjouit Jamie qui, dans son bureau au troisième niveau doté d’une fenêtre pleine hauteur surplombant la ruelle, vibre au rythme de la vie qui s’y déploie. « La vue sur la ruelle et le Plateau y est extraordinaire. Je ne peux pas m’empêcher de regarder ce qui se passe dehors. J’ai parfois du mal à me concentrer », dit-il en souriant.

Consultez le site de La Shed Architecture