Les maisons aux façades de pierres grises des quartiers centraux de Montréal ont beaucoup de charme. Leur intérieur est toutefois souvent sombre et les espaces de vie y sont en général petits. À Notre-Dame-de-Grâce, Kim Pariseau, d’Appareil Architecture, a conçu l’agrandissement d’une propriété typiquement montréalaise pour y faire entrer la lumière et créer des lieux ouverts où peut s’épanouir une famille de six.

Simon Chabot Simon Chabot
La Presse

  • Les propriétaires ont choisi de construire un agrandissement au rez-de-chaussée pour y installer la salle à manger, à droite, libérant ainsi de l’espace pour une cuisine plus grande.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR APPAREIL ARCHITECTURE

    Les propriétaires ont choisi de construire un agrandissement au rez-de-chaussée pour y installer la salle à manger, à droite, libérant ainsi de l’espace pour une cuisine plus grande.

  • Le foyer du salon, lui aussi situé au rez-de-chaussée, vu de l’entrée. Du salon, on voit bien la cuisine et la salle à manger, qui se trouvent à la droite de la photo.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR APPAREIL ARCHITECTURE

    Le foyer du salon, lui aussi situé au rez-de-chaussée, vu de l’entrée. Du salon, on voit bien la cuisine et la salle à manger, qui se trouvent à la droite de la photo.

  • L’escalier fait de planches de chêne laisse pénétrer la lumière venue du toit dans toute la maison. L’ouverture à droite donne sur le bureau. Celle de gauche, sur une chambre d’enfant.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR APPAREIL ARCHITECTURE

    L’escalier fait de planches de chêne laisse pénétrer la lumière venue du toit dans toute la maison. L’ouverture à droite donne sur le bureau. Celle de gauche, sur une chambre d’enfant.

  • Un lit dans l’une des chambres d’enfant. Du mobilier intégré a permis de récupérer l’espace qui aurait autrement dû être consacré à des garde-robes.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR APPAREIL ARCHITECTURE

    Un lit dans l’une des chambres d’enfant. Du mobilier intégré a permis de récupérer l’espace qui aurait autrement dû être consacré à des garde-robes.

  • La chambre des parents est située dans la mezzanine construite sur le toit. Une terrasse permet d’admirer tout le voisinage.

    PHOTO FÉLIX MICHAUD, FOURNIE PAR APPAREIL ARCHITECTURE

    La chambre des parents est située dans la mezzanine construite sur le toit. Une terrasse permet d’admirer tout le voisinage.

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« J’ai toujours eu en tête de faire un projet de rénovation », raconte Olivier Tremblay, propriétaire depuis 2009 de la maison transformée par Appareil Architecture. Même s’il avait lui-même beaucoup d’idées, l’ingénieur passionné d’architecture, qui a grandi dans une maison imaginée par un oncle, a décidé de « bien faire les choses ». « J’avais fait des dessins, mais je me suis rendu compte que j’avais besoin de demander conseil à un architecte », dit-il.

Ouvrir, puis agrandir le rez-de-chaussée pour y faire un grand espace de vie, aménager une chambre pour chacun des enfants à l’étage et trouver un bel endroit pour celle des parents, les idées d’Olivier Tremblay ont plu à l’architecte Kim Pariseau.

On a voulu optimiser chaque pied carré, pour éviter d’en ajouter trop. On a visé la qualité au pied carré.

Kim Pariseau, architecte

Pour créer un intérieur lumineux, l’architecte a proposé un concept fort, celui de percer une ouverture en plein cœur de la maison, des puits de lumière sur toute la largeur du toit jusqu’au rez-de-chaussée. Grâce à cette brèche, qui a donné son nom au projet, la lumière répand ses rayons sur tous les étages, notamment par les fenêtres intérieures dans chacune des pièces qui côtoient ce vide et à travers l’escalier en chêne ajouré qui grimpe du sous-sol jusqu’à la mezzanine bâtie sur le toit… pour la chambre des grands.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

La famille de la maison La brèche : Olivier Tremblay, Nami Bae et leurs enfants : Oscar (à l’arrière), Éléonore, Léopol et Noah (à l’avant, de gauche à droite).

Quand on passe le vestibule, on dirait qu’il n’y a pas de plafond, on a un sentiment de grandeur. Partout dans la maison, cette lumière crée une impression de bien-être.

Olivier Tremblay, propriétaire

Surprise ! La petite dernière de la famille s’est annoncée pendant la conception du projet. Grâce à du mobilier intégré aux lits des enfants, quatre lits-chambres occupent donc finalement les chambres de l’étage. « Ce sont des endroits pour dormir, précise le propriétaire. Je ne voulais pas de chambres où les enfants s’enferment, je préfère qu’ils soient autour de nous. »

Au rez-de-chaussée, une petite station de travail permet d’ailleurs aux enfants, qui ont maintenant de 4 à 11 ans, de faire leurs devoirs dans la cuisine pendant la préparation des repas, par exemple. Entre le salon, à l’avant, et la salle à manger, qui occupe l’agrandissement ajouté dans la cour arrière, ce niveau accueille la maisonnée pendant l’essentiel de la journée. « Chaque fois que je vais là-bas, raconte Kim Pariseau, les enfants sont en bas, et dialoguent d’un espace à l’autre, où il y a toujours un contact visuel entre les membres de la famille, c’est assez impressionnant. »

Par beau temps, la famille ouvre la grande porte-fenêtre de la salle à manger et l’espace de vie s’étend dans la cour, où se trouve un petit spa « creusé ».

Pour pouvoir travailler un peu en retrait, mais en gardant, sinon un œil, du moins une oreille sur l’action, les parents ont installé un bureau à l’étage, entre les chambres des enfants, dans un coin adossé à l’escalier baigné de lumière. « On ne s’y sent pas dans un espace enclavé, c’est vraiment le meilleur endroit pour un bureau », précise Olivier Tremblay, qui travaille de la maison depuis le début de la pandémie, tout comme sa conjointe Nami Bae, elle aussi ingénieure. Si le télétravail se poursuit, l’aménagement d’un deuxième bureau au sous-sol, creusé pendant les travaux et où se trouvent la salle de lavage (avec chute de linge pour éviter les traîneries aux étages), une salle de jeux et du rangement, n’est pas exclu.

J’adore la vie dans cette maison. Le son monte un peu trop bien par l’escalier quand les enfants se chamaillent, mais pour écouter de la musique, c’est merveilleux.

Nami Bae, propriétaire

La nuit venue, le couple grimpe jusqu’à la mezzanine construite sur le toit. C’est là que se trouve sa chambre, avec un garde-robe et une salle d’eau. Rien de très grand, juste ce qu’il faut d’espace pour circuler autour du lit, notamment parce que les règlements limitent la superficie de ce type d’agrandissement. « C’est notre petit nid, c’est vraiment parfait », observe Olivier Tremblay, qui apprécie aussi la terrasse adjacente qui donne sur tout le quartier.

Chaque espace de la maison La brèche a été réfléchi pour son usage, avec des lieux ouverts pour coexister, et d’autres plus ou moins en retrait, pour trouver le calme ou dormir. Une façon de stimuler la vie de famille, croit Kim Pariseau. « C’est un agrandissement somme toute petit, mais qui apporte beaucoup aux occupants. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

La façade de pierre grise (à droite) et ses balcons ont été restaurés. Les enfants y jouent souvent avec leurs nombreux voisins.

La maison s’ouvre aussi sur le voisinage, en particulier du côté de la rue. « Là, c’est vraiment un lieu pour les enfants, qui reçoivent leurs amis dans la cour, se réjouit l’architecte. J’adore ça ! C’est la beauté du quartier, avec les grands balcons notamment. On a aussi restauré la façade. Ces bâtiments-là ont aussi des qualités, et on a voulu les rehausser ! »