Dans un coin sauvage des Laurentides, un couple s'est fait construire une résidence secondaire au bord d'un lac aux eaux cristallines. Si les propriétaires en profitent pour nager l'été et faire de la raquette l'hiver, ils passent aussi beaucoup de temps à l'intérieur de la maison. Vitrée de part en part, elle donne l'illusion d'être dehors, de toute façon !

Publié le 31 janv. 2019
SOPHIE OUIMET LA PRESSE

La résidence se déploie sur trois corps de bâtiment, explique l'architecte Loukas Yiacouvakis, partenaire de Marie-Claude Hamelin dans la firme YH2. La portion centrale est orientée vers le sud, face au lac, tandis que l'aile est fait face au soleil levant et l'aile ouest, au soleil couchant. Alors que le bâtiment du milieu accueille la cuisine et le bureau, l'aile est abrite le salon et la chambre principale. Quant à la chambre d'invités et au garage, ils sont logés dans l'aile ouest.

La maison a été construite dans un paysage vallonné, tout en courbes et en contre-courbes, illustre l'architecte, en précisant que très peu d'arbres ont été abattus au moment de la construction. On sent toujours la proximité du lac, tout en bénéficiant d'une grande intimité.

Transparence

La maison compte de grandes baies vitrées qui laissent entrer la lumière à flots. Le but, explique M. Yiacouvakis, est d'avoir constamment l'impression d'être à l'extérieur. «Quand on est dans le bâtiment, on veut se sentir toujours dans la nature, tirer le plus possible parti de la lumière, et avoir vraiment le sentiment d'être dehors. La maison, en fait, est complètement perméable à l'extérieur.»

Toutefois, pour obtenir cet effet de transparence, il est important que les façades vitrées soient parallèles les unes aux autres, précise l'architecte.

Un autre moyen de brouiller la frontière entre les deux univers est de prolonger les matériaux extérieurs à l'intérieur. Par exemple, le cèdre dans l'entrée traverse la maison pour se poursuivre vers l'extérieur. «On essaie toujours de faire en sorte que la limite entre l'intérieur et l'extérieur disparaisse le plus possible, qu'on n'ait jamais ces éléments-là de coupure, et qu'on sente le plus de fluidité possible entre l'intérieur et l'extérieur», poursuit Loukas Yiacouvakis.

D'ailleurs, la palette de matériaux dans la maison est sobre et limitée. Outre le cèdre de l'Est, on y trouve du chêne blanc, des panneaux d'aluminium peints en noir, ainsi que du béton poli. Dans l'un des plafonds, ces panneaux ont été percés en un motif de feuillage, qui donne l'illusion d'une canopée de feuilles au-dessus de la salle à manger.

Dénivelés

La chambre se trouve au sous-sol, mais grâce au dénivelé du terrain à cet endroit, le plancher est au même niveau que le sol. Néanmoins, l'atmosphère dans cette pièce est complètement différente. Même si elle s'ouvre sur le dehors, elle est la plus privée de la maison et la plus éloignée de la route. Quant à l'escalier qui y mène, il semble flotter au milieu de l'espace.

Toujours en raison de la pente du terrain, le reste de l'étage est vraiment un sous-sol à proprement parler. On y trouve notamment une cave à vin et des espaces de rangement, en plus de l'accès au garage.

Photo Alain Roberge, La Presse

Pour obtenir l'effet de transparence, il est important que les façades vitrées soient parallèles les unes aux autres, explique l'architecte Loukas Yiacouvakis.

Bureau multifonctionnel

Face à la cuisine se trouve un bureau grand et aéré, où les propriétaires peuvent s'installer pour travailler. Cette pièce possède aussi une double fonction, puisque l'ottoman se déplie et devient un lit à deux places. On peut ensuite baisser le store jusqu'en bas pour assurer l'intimité de la personne qui y dort.

Des tableaux

Les pièces sont largement fenestrées, dans le but avoué de venir cadrer des vues, un peu comme des tableaux, poursuit Loukas Yiacouvakis. À certains endroits, le plafond prend même une pente vers le haut pour magnifier encore plus le paysage.

De plus, ces baies vitrées s'ouvrent tout grand, créant une sorte de véranda naturelle, sans qu'on ait à en construire une. «Moi, ce que je n'aime pas, c'est le dédoublement des vérandas dans les bâtiments», explique l'architecte. Selon lui, elles gaspillent un espace bien précieux.

Photo Alain Roberge, La Presse

Partout dans la maison, de grandes baies vitrées viennent cadrer des vues sur la forêt et le lac, comme ici dans la cuisine.