Ce ne sont pas les saisons qui les empêcheront de bouger ni de pratiquer leur activité physique favorite. La Presse vous fait découvrir trois remarquables aménagements intérieurs à vocation sportive, réalisés par des passionnés au sein même de leur logis. Du coup d’envoi des travaux jusqu’aux premières sueurs, visite de ces installations cardios.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

Une patinoire synthétique dans le garage

PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, LA PRESSE

M. Dubois, dont les enfants jouent dans diverses ligues, s’est rapidement prêté au jeu et utilise fréquemment la patinoire.

Philippe Dubois a beau avoir un garage, ses voitures restent à l’extérieur, même l’hiver. La raison ? Il y a installé une patinoire synthétique pour ses enfants (et lui-même !), sur laquelle il est possible de s’entraîner à longueur d’année. Un investissement qu’il n’a jamais regretté.

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Les enfants de M. Dubois, gardiens de but, ont un bel espace pour pouvoir s’entraîner.

Avant de donner une nouvelle vocation à son garage, ce résidant de la Rive-Sud s’échinait à monter une patinoire extérieure durant la saison froide. Ce qui représentait beaucoup de travail et d’entretien, surtout avec les redoux fréquents dans la périphérie montréalaise. Il a donc investi, prudemment d’abord, dans quelques panneaux de glace synthétique Glice, juste assez pour que ses deux enfants Alexander et Amelia, qui sont gardiens de but, puissent exercer leurs déplacements.

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Dehors, les autos ! Faites place à la patinoire synthétique, qui occupe presque toute la surface du garage de la famille Dubois.

Convaincu par ce produit qui permet de retrouver toutes les sensations de glisse d’une véritable surface gelée (on note une légère résistance au patinage, atténuée par l’utilisation d’un lubrifiant), il a finalement acquis, le mois dernier, des panneaux supplémentaires pour pouvoir revêtir la quasi-totalité de son garage, soit environ 25 pieds de long sur 13 pieds de large (quelque 7,60 mètres sur 4 mètres).

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L’avantage du synthétique est aussi de pouvoir jouer en été, sous la canicule. Par contre, avec l’équipement de gardien, on a très vite chaud.

« J’ai acheté les panneaux en deux temps, car je n’étais pas certain d’aimer ça pour le prix, c’est assez dispendieux. Mais les enfants aiment beaucoup ça, et je préfère les voir bouger que de ne rien faire », indique celui qui a investi plus de 5000 $ pour cette patinoire intérieure, ce qui lui épargne l’entretien fastidieux d’une surface extérieure.

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Un banc pour enfiler les patins, un barbecue, un établi... il reste encore un peu d’espace au garage pour garder une partie de sa vocation initiale.

Lui-même mordu de hockey et habile joueur, M. Dubois s’est surpris à utiliser le mini-aréna davantage que ses propres enfants, surtout l’été ! Disons que d’avoir une patinoire à disposition en juillet, c’est chouette, mais avec un équipement de gardien sur le dos, il fait vite très chaud derrière le plastron.

Simple et efficace

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Les panneaux sont très solides et réversibles. Ils permettent de réaliser toutes les techniques de patinage, y compris freinages et virages serrés.

Rénos riment souvent avec gros travaux, mais dans ce cas-ci, l’installation s’est avérée des plus simples. « Les panneaux sont vraiment bien faits, ils s’emboîtent l’un dans l’autre, ça reste bien en place et on ne sent pas la jonction quand on patine », constate-t-il.

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L’espace est plus restreint que sur une patinoire officielle, mais il est largement suffisant pour qu’Amelia et Alexander puissent aiguiser leurs tirs, leurs déplacements et leur coup de patin.

Une bâche — du même type que celle utilisée pour une patinoire extérieure — a été disposée sur le béton au sol et, même si le garage n’est pas tout à fait à niveau, les panneaux assemblés sont si rigides et volumineux qu’ils restent bien droits. Quant à l’installation de bandes, M. Dubois ne l’a pas jugée nécessaire, et il a simplement laissé un étroit espace pour circuler autour de la patinoire. Enfin, côté lumière, les quatre néons déjà présents au plafond ont fait parfaitement l’affaire.

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L’éclairage au néon est suffisant pour jouer et bien percevoir le disque.

Le seul entretien nécessaire est lié à l’apparition de petits copeaux de plastique, qu’un passage occasionnel d’aspirateur a tôt fait de régler. Quant à la durée de vie, elle se présente comme étonnamment longue, puisque les panneaux sont réversibles.

« J’en suis vraiment content. C’est un gros investissement, mais ça va durer facilement plus de dix ans. Je ne passerai pas au travers », indique le passionné de hockey, qui pourrait désormais organiser une ligue de garage… littéralement !

Un sous-sol qui fait suer

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Les bandes au sol sont normalement destinées au lettrage d’automobiles. Elles restent parfaitement en place malgré les coups des palettes.

Sitôt l’organisation d’un petit match annoncée, Nicolas, Guillaume et Simon ne se font pas prier pour enfiler leur équipement et se positionner sur la glace… enfin, plutôt sur le plancher flottant du sous-sol de leur demeure de Rosemont ; mais la ferveur est telle que l’on se croirait presque au Centre Bell.

Difficile d’imaginer que cette belle salle de loisirs où il fait bon se défouler fut jadis un sous-sol décrépit, miné par les infiltrations d’eau. « On voulait un grand espace de jeu pour les enfants, ainsi qu’une chambre supplémentaire et une deuxième salle de bains », expliquent Geneviève Lalonde et Patrick Demontigny, propriétaires de ce grand appartement depuis 2002, et parents des trois garçons.

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Le faux plancher résiste bien aux éventuelles rayures.

Il y a six ans, ils ont donc décidé de faire appel à la designer Annie Maisonneuve (Design Plör) pour faire renaître le sous-sol. Ce fut du sport : déplacement d’une colonne porteuse pour libérer l’espace, remplacement de la dalle de béton et rénovation totale des murs et des planchers.

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Les bandes au sol sont normalement destinées au lettrage d’automobiles. Elles restent parfaitement en place malgré les coups des palettes.

Après quatre mois de « Symphonie en marteau majeur », les lieux sont méconnaissables : coin télévision pour relaxer, petit bureau, table de baby-foot, chambre et salle de bains supplémentaires et, surtout, ce petit terrain à vocation sportive où les enfants et leur père peuvent s’adonner à de mini-matchs de hockey ou de soccer. Mesurant 25 pieds de long sur 15 pieds de large (soit 7,60 mètres sur 4,7 mètres), il accueille aujourd’hui des parties enflammées à quatre joueurs.

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Les filets ? Leurs montants sont en bois de cèdre, et les cordages ont été acquis auprès d’un pêcheur de la Gaspésie. Du grand art !

Les deux grands buts amovibles, érigés jusqu’au plafond, ont été construits avec du bois de cèdre et des filets vendus par un pêcheur gaspésien. Au sol, des bandes autocollantes initialement prévues pour le lettrage sur autos et camions ont été disposées pour reproduire les lignes d’une patinoire. Une douzaine de lumières DEL, disséminées au plafond, illuminent les joutes familiales, organisées une à deux fois par semaine. Et on vous assure que ça joue dur…

Dessiné pour les lancers

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

On aperçoit, au fond, les trois chandails peints sur le mur, indiquant l’âge respectif des trois enfants au moment des rénovations.

C’est la mise au jeu ! Patrick récupère la rondelle en mousse, mais son fils Simon (13 ans) le tasse dans un coin. Avec son mini-bâton, le père tire, mais cela passe à côté des buts attentivement gardés par Guillaume (12 ans). Ce dernier refile la rondelle à son frère aîné, qui lance à son tour, mais Nicolas (9 ans) sort la mitaine et capte le disque. On devine vite que le virus du hockey circule dans toute la famille, chacun jouant sur glace dans diverses ligues en semaine, y compris Patrick, qui porte également la casquette d’entraîneur. Geneviève, elle, reste spectatrice, ce qui ne l’empêche pas de se joindre au jeu quand il se transpose dans la ruelle, en été.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Patrick Demontigny, qui est ingénieur mécanique de profession mais également entraîneur de hockey par passion, avec ses trois enfants Simon, Guillaume et Nicolas.

Côté budget, la réfection du sous-sol a certes coûté quelque 105 000 $ (imprévus inclus), mais cela a permis de doubler l’espace habitable. Grâce à la designer, le qualitatif est aussi au rendez-vous : aux murs, trois chandails du Canadien avec le nom des fils ont été peints, leur numéro correspondant à leur âge respectif quand les travaux ont été réalisés. Un trio de crochets permettent de suspendre la moisson de médailles récoltées au gré des compétitions. Au-dessus du bureau, trois lampes de métal à la forme inspirée par celle des sirènes des arénas ont été suspendues. Le plancher flottant ainsi que les murs et les colonnes résistent plutôt bien aux innombrables duels de bâtons — ils souffrent de stigmates inévitables, mais discrets.

PHOTO FOURNIE PAR PATRICK DEMONTIGNY

Le sous-sol familial, avant le début des rénovations.

Enchantée du résultat, la maisonnée n’est toutefois pas fermée à un revirement. « Plus tard, on pourra toujours y installer une table de ping-pong ou de billard », songe Patrick Demontigny.

En attendant, les douches continueront de se succéder. « On sort de là pas mal en sueur ! », dit la famille en rigolant.

> Consultez l'autre volet de notre dossier sur les installations sportives à la maison