Il n’y avait pas d’endroit comme le Vin Polisson à Sherbrooke. Un bar à vin de quelque 25 places qui rappelle les buvettes en France ou du moins un petit restaurant de quartier.

Émilie Côté
Émilie Côté La Presse

Le bar du Vin Polisson prend toute la place. Les clients sont invités à discuter avec les trois propriétaires pour choisir quel vin doit accompagner tel plat. Il y a même du vin nature en fût. Lors de notre visite, c’était celui des Tètes blanches. On adore ce concept !

Trois figures connues de la restauration et des bars au centre-ville de Sherbrooke, Raphael Rioux, Maxime Verpaelst et Charlie Abran Fréchette ont ouvert le Vin Polisson en pleine pandémie à l’été 2020. Pour leur premier anniversaire, le 20 août, ils offriront par ailleurs un menu anniversaire avec des vins (difficiles à trouver) des Pervenches et de Pinard et filles.

Pour l’instant, ils n’ont pas d’employés (mais ils en cherchent) et vu les mesures sanitaires, ils ne peuvent accueillir qu’une quinzaine de clients à la fois, mais il y a aussi un menu à emporter qui plaît beaucoup aux vacanciers.

Fort intéressante, la carte à boire met l’accent sur des vins nordiques, sans pour autant bouder des bouteilles de l’Italie ou du sud de la France. Le Québec est bien présent (Nival, Bergeville), ainsi que des vignobles nature reconnus (La Petite Baigneuse, Domaine Olivier Pithon, La Garagista, au Vermont). On retrouve aussi des vins allemands, autrichiens et de macération (Bianka & Daniel Schmitt, Franz Weninger). Lors de notre visite, on pouvait même déguster au verre un Gamay de la Serbie (Obecanje de Francuska Vinarija).

Raphael Rioux a par ailleurs repris la petite agence de vin Maelstrom avec la sommelière d’un autre restaurant de Sherbrooke, Antidote Foodlab.

Côté plats, le menu du Vin Polisson change selon les arrivages et les saisons. Le tartare du moment est à la truite des Bobines. La bavette au bison a la cote, ainsi que le flétan de Gaspésie avec mactres de Stimpson, ricotta et gourgane. « On offre une cuisine réconfortante branchée sur le terroir d’ici. On travaille avec des agriculteurs du coin et nous n’avons pas de friteuse », précise Raphael Rioux. « Les légumes ont beaucoup de place », ajoute Charlie Abran Fréchette, qui souligne par ailleurs que Vin Polisson fait partie du programme de reconnaissance Aliments du Québec au menu. « Cela implique que 90 % de nos aliments viennent du Québec [alors que le seuil exigé est de 60 % ]. »

Les trois propriétaires (et touche-à-tout !) souhaitent rouvrir le midi quand la main-d’œuvre le permettra, mais ils ont surtout hâte que la pandémie permette à nouveau de la spontanéité. « Tirer une chaise pour un client qui vient rejoindre ses amis », illustre Charlie.

En attendant, on réserve donc en ligne ou on fait une commande pour emporter.

Consultez le site de Vin Polisson