Coup de théâtre ! C’est un laurier collectif qui a été remis lundi soir au Gala des Lauriers de la gastronomie québécoise à tous les restaurants finalistes, un choix rassembleur et solidaire pour clore la troisième édition de ce gala.

Iris Gagnon-Paradis
Iris Gagnon-Paradis La Presse

Après un hiatus l’an dernier, les Lauriers étaient de retour pour une troisième édition, qui s’est déroulée, mesures sanitaires obligent, en mode distanciation. Présenté en studio et en direct, le gala de plusieurs heures a été animé par un Christian Bégin, qui a gardé son ton irrévérencieux et son autodérision, malgré quelques problèmes techniques !

Il était accompagné de la fondatrice et directrice générale des Lauriers, Christine Plante, et de quelques invités, en présentiel et en virtuel, qui ont animé la soirée en discutant de plusieurs défis qui attendent la restauration dans les mois et années à venir, comme la pénurie de main-d’œuvre et la souveraineté alimentaire, le tout en dégustant un bon repas cinq services préparé par divers chefs d’ici.

Les Lauriers sont, par définition, un concours, mais cette année, le jury et l’organisation ont voulu démontrer leur soutien à une industrie gravement minée par des mois de pandémie en remettant exceptionnellement un laurier collectif aux dix restaurants finalistes de cette troisième édition, soit ARVI, Battuto, Candide, Casgrain BBQ/Vin Mon Lapin, Côté Est, Île Flottante, L’Épicurieux, La Belle Histoire, Mastard et Montréal Plaza.

« C’était une année hors norme et on a vécu beaucoup de choses, a expliqué le chef Antonin Rivard-Mousseau, qui était membre du jury. C’était extrêmement important de rappeler à tout le monde qu’on était tous là ensemble. Ces restos méritaient tous une partie du prix. C’est un geste de solidarité. Soyons tous fiers de ce qu’on a accompli cette année. »

Dyan Solomon se distingue

C’est Dyan Solomon, chef et restauratrice montréalaise bien connue à la tête des établissements réputés que sont Olive+Gourmando, Foxy et Un Po Di Piu, qui reçu le titre de chef de l’année par la brigade et le jury des Lauriers. À cela s’ajoute une autre distinction, alors que Véronique Dalle, sommelière au Foxy, est repartie avec le Laurier dans la catégorie de « sommelier.e de l’année ».

« Je suis un peu estomaquée. Ça fait longtemps que je travaille dans le milieu. Olive+Gourmando, cet été, ça va faire 23 ans », a-t-elle déclaré.

« Pour moi, c’est vraiment un prix pour mon équipe. Ç’a toujours été à propos de mon équipe ! »

— La chef Dyan Solomon

Anita Feng, qui a lancé durant la pandémie son projet ambulant J’ai Feng (d’abord installé dans les cuisines du Cul-Sec, et plus récemment en mode « pop-up » avec le Candide), a quant à elle reçu le prix de la révélation de l’année. « Merci aux Québécois et à leur esprit d’ouverture ! », a lancé la jeune chef.

Les diverses régions du Québec sont au final fort bien représentées dans les différents gagnants. Ainsi, c’est Benjamin Oddo, de Maison Oddo, à Gatineau, qui a mis la main sur le titre de « chef.fe pâtissier.e de l’année », alors que le travail du boulanger Albert Elbilia à Merci La Vie, à Piedmont, a été lui aussi reconnu.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Albert Elbilia, de la boulangerie Merci la vie, a vu son travail de chef pâtissier souligné.

Les Laurentides étaient fort bien représentées dans plusieurs catégories cette année. Le travail de Sophie Allaire, sommelière et maître d’hôtel à La Belle Histoire, à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, a été souligné, alors qu’elle a remporté le prix du meilleur service. Kate Boushel, de l'Atwater Cocktail Club et Groupe Barraco, à Montréal, est repartie avec le titre de mixologue ou bartender de l’année.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

La mixologue Kate Boushel

C’est Isabelle Rochette et Paul Cirka, de Cirka Distillerie, qui ont remporté les honneurs dans la nouvelle catégorie « brasseur, vigneron ou producteur.trice.s de boissons de l’année ». Fernande Ouellet, de Rusé Comme un Canard, à Granby, a remporté le titre de productrice de l’année et Philip Viens (Aliments Viens, Montréal), celui d’artisan de l’année.

PHOTO PATRICK SANFACON, ARCHIVES LA PRESSE

Fernande Ouellet, de Rusé Comme un Canard

Créée en plein cœur de la pandémie, la Nouvelle Association des bars du Québec (NABQ) s’est vu remettre le titre d’entreprise ou initiative de l’année, alors que l’évènement de l’année, lui, est allé à Québec Exquis !, qui a lieu chaque année dans la région de la Capitale-Nationale.

Des favoris de retour

PHOTO DAPHNE CARON, TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DES MIELS D’ANICET

La Cantine Pollens & Nectars, à Ferme-Neuve

Certains lauréats n’étaient pas à leurs premières distinctions aux Lauriers de la gastronomie québécoise. Située à Ferme-Neuve, sur les terres de Miels d’Anicet, la bucolique Cantine Pollens & Nectars a reçu le « Prix du tourisme gastronomique ». Rappelons que Miels d’Anicet avaient décroché le titre de producteur de l’année en 2018.

La chef Colombe St-Pierre, qui avait remporté à la toute première édition des Lauriers le titre de chef de l’année, a vu à nouveau son travail récompensé, cette fois avec le Prix du rayonnement de la culture culinaire. « Je suis devant vous comme chef, mais aussi comme militante, simplement car je veux cuisiner des produits qui sont issus de mon territoire et souvent ce n’est pas possible ! C’est ce à quoi j’aspire pour le Québec », avait-elle affirmé plus tôt dans la soirée autour de la « table de cuisine » de Christian Bégin.

Quant à Ricardo, il maintient sa domination dans la seule catégorie où le gagnant est déterminé uniquement par le vote populaire, et il a reçu le Laurier du public pour la troisième fois de suite.

Consultez le site des Lauriers