Alors que la fermeture des salles à manger des restaurants se prolonge, nos critiques vous présentent les meilleures options de plats à emporter en ville. Aujourd’hui : Nora Gray.

Marie-Claude Lortie Marie-Claude Lortie
La Presse

Le projet

  • La salade d’hiver, particulièrement réussie, qui combine du kale tendre, du radicchio, du fenouil, des noisettes et du parmesan

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    La salade d’hiver, particulièrement réussie, qui combine du kale tendre, du radicchio, du fenouil, des noisettes et du parmesan

  • Des pappardelles à la bolognaise, donc au ragù, cette sauce à la viande italienne très peu tomatée, très viande, qui enveloppe de bonnes pâtes larges et généreuses

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Des pappardelles à la bolognaise, donc au ragù, cette sauce à la viande italienne très peu tomatée, très viande, qui enveloppe de bonnes pâtes larges et généreuses

  • Le classique de tortellini in brodo, dans le bouillon. Réconfort après-ski garanti.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Le classique de tortellini in brodo, dans le bouillon. Réconfort après-ski garanti.

  • Vins blancs Bildstoeckle et La Villana

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Vins blancs Bildstoeckle et La Villana

  • Vins rouges Pizza Wine, Vini di giovanni et Barolo

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Vins rouges Pizza Wine, Vini di giovanni et Barolo

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Installé près du Centre Bell, aux confins de Griffintown, rue Saint-Jacques, le restaurant Nora Gray propose depuis 10 ans maintenant une cuisine savoureuse et réconfortante, l’œuvre d’Emma Cardarelli, chef solidement attachée à ses racines italiennes. Il y a longtemps qu’elle est passée par les fourneaux du Liverpool House – elle a même eu le temps d’ouvrir un second restaurant, Elena, avec son associé, Ryan Gray, depuis –, mais ses plats sont dans la même école de pensée que celle du Joe Beef où elle a fait ses premières armes : riches, profonds, abondamment satisfaisants. Pandémie, confinement et couvre-feu obligent, la maison s’est mise aux plats à emporter et à faire livrer. Et fait partie de ces restaurants qui ont su choisir leurs recettes pour garder celles qui se transportent bien et offrent à la maison une expérience gustative comparable à celle du restaurant. Pour compléter le tout, ne manquent qu’une bonne journée dehors pour creuser l’appétit, les copains – et ça, ça commence à nous manquer beaucoup ! – et quelques décibels en trame sonore de fond.

À manger

La carte n’est pas immensément longue, mais il y a là amplement de quoi se faire plaisir. En commençant, par exemple, par la minestrone, cette grosse soupe aux légumes et aux haricots italienne, qu’on prépare ici avec des pois chiches et qui arrive garnie d’une généreuse dose de parmesan. Presque un repas en soi. La maison propose aussi une classique portion de tortellini in brodo, dans le bouillon. Réconfort après-ski garanti. En entrée, j’ai aussi essayé la salade d’hiver, particulièrement réussie, qui combine du kale inhabituellement tendre – trop souvent, il est trop coriace pour être agréable en salade, mais pas ici –, avec radicchio, fenouil, noisettes et parmesan. En entrée aussi, il y a des boulettes, mais elles sont tellement volumineuses qu’on peut très bien en faire un plat principal, avec leur sauce tomate tellement riche qu’on la dirait beurrée. Côté pâtes, on a essayé les garganelli – des tubes faits à la main – servis avec une sauce bien riche de lapin braisé, navet et châtaignes. Difficile de faire plus savoureux et hivernal. On pense ici à l’Italie du Nord, l’Émilie-Romagne plus que la Sicile, pour ce menu hivernal enveloppant qui s’est continué à la maison avec des pappardelles à la bolognaise, donc au ragù, cette sauce à la viande italienne très peu tomatée, très viande, qui enveloppe de bonnes pâtes larges et généreuses comme les bras d’un chaleureux parent. Pour clore le tout, on propose notamment un financier, un gâteau à base de blancs d’œufs et de poudre d’amandes que je trouve souvent trop sec. Mais comme pour tout le reste, il n’est pas question de lésiner sur le plaisir, donc on ajoute une crème à l’orange sanguine où tremper généreusement chaque bouchée. Une belle façon de remercier ces agrumes qui viennent vitaminer nos hivers année après année.

À boire

Chez Nora Gray comme chez Elena, la carte des vins est portée par la passion des associés pour les crus naturels, de petits artisans travaillant avec des produits issus d’une agriculture sans pesticides ni fertilisants chimiques et transformés en vin sans interventions forcées. Les prix peuvent monter, mais les options d’une cinquantaine ou d’une soixantaine de dollars sont nombreuses et solides. Beaucoup de bouteilles sont italiennes, bien sûr, mais les vins français ont aussi une petite place. Et les amateurs de vins dits « orange », aujourd’hui appelés plutôt « vins de macération », seront heureux de voir plusieurs propositions.

À savoir

Les entrées vont de 4 $ à 16 $ et les plats principaux, de 23 $ à 45 $. Les portions sont généreuses et se partagent aisément. Les plats sont servis dans des contenants de marque Cambium, donc faits de carton compostable avec des couvercles de plastique végétal. Ils sont déjà chauds quand on les prend, donc il est important de respecter l’heure de cueillette choisie quand on passe la commande. Cela dit, un peu de retard n’est pas la fin du monde, je l’ai testé. On commande en ligne ou au téléphone. On peut commander pour emporter au 1391, rue Saint-Jacques à Montréal ou faire livrer. Ouvert uniquement du jeudi au dimanche.

1391, rue Saint-Jacques
Montréal
514 419-6672

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