Depuis mercredi dernier, Restaurant Mastard — un vieux mot français signifiant « individu grand et costaud » —, nouveau projet de Simon Mathys, est officiellement sur les rails. Le chef, dont le talent a brillé dans des établissements comme Racines, Accords et, plus récemment, Manitoba, vole enfin de ses propres ailes.

Iris Gagnon-Paradis Iris Gagnon-Paradis
La Presse

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Simon Mathys veut aussi travailler une offre de sandwichs, comme celui-ci, au poulet frit, offert actuellement sur le menu.

« Je suis tellement content ! Ça faisait un bout que j’y pensais. Comme le Manitoba a été fermé, j’ai passé beaucoup de temps à la maison, avec ma famille, je me suis remis en forme, et j’ai eu du temps pour penser », explique celui qui avoue avoir beaucoup apprécié son confinement, malgré les circonstances. Ainsi, lorsqu’il a vu que le local de l’ancien restaurant Chez Chose, dans le quartier Rosemont, était à louer, il n’a pas hésité deux secondes. « J’aime beaucoup l’espace, la grandeur de la cuisine, la salle, le fait que c’est à proximité de chez moi… Ça change une vie ! », dit le père d’une fillette de 6 ans.

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Le chef Simon Mathys a officiellement lancé cette semaine son restaurant, Mastard.

Ouvrir en pleine pandémie peut sembler risquer, mais Simon Mathys, fort de ses nombreuses années d’expérience, sait où il s’en va et prend le temps de bien faire les choses. Il a tâté le pouls en lançant un menu du Nouvel An, dont les 80 portions se sont écoulées rapidement. Depuis cette semaine, il ouvre officiellement les vannes avec un premier menu trois services prêt à manger alléchant : bouillon de jambon et céleri-rave, volaille braisée avec chou au carvi, riz au lait et pomme. On reconnaît sa signature mais le tout est plus accessible et « moins de niche », résume-t-il. « Je vais continuer dans la même lignée, mais je veux vraiment mettre de l’avant une ambiance de resto de quartier, où tu peux venir bien manger sans te casser la tête, avec des prix abordables et du bon vin nature », résume celui qui fait lui-même la sélection d’une quinzaine de jolies bouteilles de vins bios ou nature, offertes directement sur place.

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C’est dans l’ancien restaurant Chez Chose, rue Bélanger, que Mastard s’est installé.

Ce menu n’est que le début de ce qui sera développé par le chef et sa micro-équipe de deux autres personnes. Depuis ce samedi, un sandwich chaud de poisson frit est proposé à emporter (d’autres viendront), et s’ajouteront au fil du temps d’autres menus trois services (avec poisson, végé), ainsi qu’un sandwich déjeuner chaud qui devrait être offert chaque dernier samedi du mois, pour le brunch. « On a beaucoup de fun. Je n’ai pas envie de mettre de barrière, juste de m’amuser », lance-t-il.

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Simon Mathys fait lui-même le choix des vins naturels et bios, à se procurer directement sur place. Sur la photo : Lenkey Tokaj Mad/Human Warslevelû ; Orsi Vifneto San Vito/Sui Lieviti ; Tinto de Rulo/Pipeno.

Évidemment, penser pour « à emporter » est un défi, note le chef, habitué du service en salle. « Il faut changer sa façon de penser, essayer de garder un côté esthétique, une finition le fun pour le client tout en rendant ça simple pour lui, avec le moins d’étapes possible à la maison. » Ainsi son menu trois services est proposé dans des barquettes d’aluminium, qu’il suffit de faire réchauffer quelques minutes au four.

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À l’intérieur, la salle à manger commence à prendre forme en prévision de la réouverture potentielle des restaurants.

Le Mastard est en action du mercredi au samedi, de 16 h à 20 h. Pour commander, il suffit d’appeler (possibilité de commander jusqu’à 16 h pour le jour même), puis de venir cueillir sur place. Un service de livraison maison est dans les plans. À suivre !

1879, rue Bélanger, Montréal

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