« Là, je te défends d’écrire quoi que ce soit de négatif », m’a lancé l’amie avec qui j’étais allée luncher au café Chez Cheval, à Mont-Saint-Hilaire, en sortant de ma voiture. « Je te surveille. » Du bon monde, m’a-t-elle répété, qui fait de belles affaires.

Marie-Claude Lortie Marie-Claude Lortie
La Presse

La vérité, c’est que je ne l’ai pas écoutée. Mais je n’avais pas grand-chose de négatif à dire sur Chez Cheval depuis le début.

Je vais vous dire d’y retourner parce que c’est vraiment un endroit très chouette. Un super café et, surtout, un formidable projet.

Installé boulevard Sir-Wilfrid-Laurier, à Mont-Saint-Hilaire, dans une zone commerciale typique des banlieues montréalaises, pas loin du Richelieu mais surtout adossé à la montagne, Chez Cheval est un peu difficile à trouver avec son affiche noir sur noir. Mais il ne sera pas incognito longtemps : c’est le dernier né du chef Louis-François Marcotte et de la comédienne Patricia Paquin, qui savent parler de leurs projets à la télé. Et dont on sait déjà qu’ils ont décidé de tout vendre pour s’installer au pied du mont Saint-Hilaire, première étape qui les a menés a ce projet.

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Salades maison

Mais au delà de la télé et des journaux à potins, qui aiment bien raconter les péripéties du couple, Chez Cheval est surtout un vrai café indépendant comme il devrait y en avoir plus à l’extérieur du 514. Et un projet à vocation sociale comme les années 2020 nous en apporteront plus, je l’espère.

Benjamin Gratton, le fils de Patricia Paquin, vit avec un trouble du spectre de l’autisme et ce café est une entreprise qui a comme objectif d’être rentable, bien évidemment, mais de l’être en permettant à des personnes comme lui de travailler. Ainsi, plus d’une douzaine de personnes présentant d’une manière ou d’une autre de tels troubles ont été embauchées que ce soit à la cuisine, à la plonge ou pour faire le service. Et quand Benjamin n’est pas à l’école, il y est aussi. Tout comme Marcotte et Paquin, qui sont réellement présents, à la caisse ou dans la cuisine.

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Croissant garni

Le lieu est accueillant. De grandes fenêtres toutes vitrées à l’avant permettent de s’assoir à la lumière. D’autres préfèreront peut-être le comptoir. Des tables communes attendent les clients qui peuvent prendre un repas complet ou un petit déjeuner frugal ou même juste un café.

Le menu n’est pas long ni compliqué. Quelques salades, un tartare de saumon, du poulet grillé à emporter entier si on veut, des croque-monsieurs, des sandwichs faits avec des croissants, des desserts dont bon nombre de classiques sans gluten, car une des cuisinières est atteinte de la maladie cœliaque. Ce qui se vend le mieux ? Les quiches, apparemment. De bonnes valeurs sûres.

Difficile de dire quoi que ce soit de négatif sur ce bistrot, car les prix sont raisonnables et personne ne promet mer et monde, justement. On est là pour faire travailler des gens qui n’en auraient peut-être pas la chance autrement. Pas pour épater la galerie.

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Petit gâteau Reine Élisabeth

Points positifs

Mais bien des détails sont chouettes.

Le jus de pomme maison que Marcotte achète d’un pommiculteur de la région. Les pots de confiture de prune maison aussi.

Le café bien torréfié, pas trop vert comme c’est la mode. La salade niçoise toute simple, avec des œufs frais, du thon à la mayonnaise pas sucrée, des verdures impeccables. Un tartare de saumon accompagné de croûtons de baguette et de feuilles de bébés épinards et de jeune roquette.

On a aimé aussi le biscuit aux morceaux de chocolat et le gâteau Reine-Élisabeth sans gluten, sous une montagne de noix de coco râpée, sucrée, caramélisée.

Le matin, les viennoiseries sont préparées à partir de 5 h, avec de la pâte feuillettée achetée chez un fournisseur, mais pour tout le reste, tout est confectionné maison, assure le patron.

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Louis-François Marcotte et Patricia Paquin

Le menu change aussi au gré des arrivages.

Quand un voisin est venu porter des caisses de courges qui ne trouvaient pas preneur, le chef s’est affairé à en faire des purées, des soupes, des gâteaux…

Il faut dire que Louis-François est maintenant un peu fermier lui-même avec ses 40 poules, ses 8 cochons…

Chez Cheval fait référence à un maire de Mont-Saint-Hilaire, un certain monsieur Cheval, qui fut jadis très populaire. C’était l’ancien propriétaire du magasin général où le village se retrouvait pour parler de tout et de rien, mais surtout de tout… Le parallèle est clair. La maison va sûrement devenir un vrai carrefour, vraiment pour tous.

Notre verdict

On paie : Le tartare de saumon à 15 $ est pas mal le plat le plus cher sur le menu. 

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Le resto Chez Cheval de Mont-Saint-Hilaire

On boit : Du café, de l’eau, du jus de pommes artisanal, des boissons fraîches.

On se sent : Super bien accueillis dans un espace lumineux, décoré simplement avec des objets anciens, animé par Louis-Francois Marcotte et Patricia Paquin en personne. Grandes tables communes, personnel souriant ou pas, parce que c’est comme ça. La maison emploie et intègre par le travail des personnes vivant avec le trouble du spectre de l’autisme qu’on prend comme ils sont.

On aime : L’absence totale de prétention et la simplicité générale du projet.

On aime moins : L’affichage noir sur noir à l’extérieur. On est passées tout droit la première fois.

On y retourne ? Oui.

Chez Cheval. 290, boulevard Sir-Wilfrid-Laurier. Mont-Saint-Hilaire. 450 281-2244. https://www.facebook.com/Chez-Cheval-2382758315303296/